‹ La prostitution à ParisChapitre 2 sur 59 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

+ Les opinions généralement répandues sur tout ce qui regarde les prostituées me mettent dans la nécescité de placer d’abord quelques observations.

- J'ai trouvé dans la plupart des esprits une défaveur particulière attachée aux fonctions de tous ceux qui, __ d’une manière ou d’une autre, s'occupent des prosti-

” tuées; plusieurs personnes, même les plus éclairées,

-scandalisées de voir que je melivrais à desrecherches, suivant elles, si dégoûtantes, ne m'ont pas épargné sur cela leurs avis charitables; mais, en y réfléchissant, je n'ai pas pu comprendrecet excès de délicatesse.

Si j'ai pu, sans scandaliser qui que ce soit, pénétrer

- dans les cloaques, manier les matières putrides (1),

__ passer une partie de mon temps dans les voiries, et

vivre, en quelque sorte, au milieu de tout ce que les …. réunions d'hommes renferment de plus abject et de plus dégoütant, pourquoi rougirais-je d'aborder un - cloaque d’une autre espèce —cloaque plus immonde, … je l'avoue, que tous les autres — dans l’espoir fondé

(1) L2 docteur Parent-Duchâtelet, à qui les Parisiens doivent de nombreuses réformes pour l’assainissement de leur ville, est aussi

* l’auteur des ouvrages suivants: Les Cloaques et les Egouts de = Paris envisagés sous le rapport de l'hygiène publique; le Cu- … rage des Egouts, ou Exposé des moyens pour exécuter cette

opération sans compromettre la santé publique ni la santé des . ouvriers égoutiers ; Rapport sur les améliorations à introduire

. dans les fosses d'aisance, leur mode de vidange, et les voiries

| de la ville de Paris.

d'opérer quelque bie À.

faces qu'il peut-offrir?... En me fvrant à des recher à chessurles prostituées,serais-je donc nécessairement : flétri par le contact de ces malheureuses?... Etside vénérables dames qui, par leur naissance et leur po= sition sociale,appartiennent à tout ce que nousavons de plus élevé, ne croient pas déroger en venant de temps en temps au milieu des prostituées pour les instruire et les éclairer, pendant qu’elles sont en prison ou dans les infirmeries, que dois-je craindre,moi, en imitant leur conduite et en tâchant d'arriver au même but, bien que je suive une route un peu différente de la leur ?

Une des lois constantes de la natures c’est que les êtres vivants ressemblent à ceux qui les produisent, et que les générations se transmettent aussi bien les vices que les bonnes qualités du corps et del esprit; de là, le précepte donné aux chefs des Etats par les. législateurs de tous les temps, de surveiller les générations présentes en vue des générations futures, d’éloigner d’elles les maladieset les infirmités en foréfiant leur constitution, et de faire concourir au perfectionnement moral et physique des populations tous les moyens capables de conduire à ce but.

Maintenant, je demande à tout être tant soit peuintelligent si, dans l'intérèf des générations présentes et futures, il est utile ou non d'observer et d'étudier. les prostituées, et si l’homme qui se livre à cette étude, qui en alfronte les dégoûts, qui y sacrifie son temps, sa fortune et ses peines, mérite bien ce mépris que les préjugés enfantés par l'ignorance ont entretenu jusqu'à ce jour? Quant à moi, qui crois voir les choses sous leur véritable aspect et qui sais que la considération attachée aux travaux n’est pas toujours proportionnée aux services qu'ils rendent, ni aux difficultés qu’ils peuvent offrir, je m’en remets au jugement des hommes sensés, qui voient et apprécient les intentions; et, tout en respectant les préjugés des autres, je déplore leur aveuglement.

AD NS ee PET à E- is | £ = Li " RE Ë > « : c: ; ï Rs :

ne ? ee SION na ge

L'utilité= je dirai présque la nécessité — d’entre- - prendre ce travail m'’étant démontrée, je devais Pa- … border franchement, et c’est ce que j'ai fait. Traitant un sujet Sérieux, et m’adressant à des gens graves, j'aidûü appeler les choses par leur nom et marcher . droit à mon but. Homme libre et indépendant, je distribuerai avec impartialité la louange et le blâme ; homme religieux, je n’aurai pas à rougir de ce que ma plume aura tracé ; homme exemptde préjugés, je saurai dire tout ce que peuvent réclamer de moi la - Science, le bien de la société, en général, — et, en particulier, le bien de la classe infortunée qui m'a fourni tant de sujets d’études et de méditations.

OS Ce RCE AN à de pra

CHAPITRE PREMIER QUESTIONS GÉNÉRALES $ 1.— Qu'est-ce qu'une Prostiinée?

Les mots de prostiluée et de prostitution n'ayant

pas, dans l'esprit et le langage de tout le monde, la.

même signification, il m’a semblé nécessaire decom-

mencer ce travail par en donner une définition nette x

et précise, qui écarte toute équivoque.

Dans le sens et le langage administratifs, une ae ou une fille qui s’'abandonne au désordre, qui se livre

au premier venu, n’est pas pour cela une prostituée : |

il faut, pour lui donner cette dernière qualification,

une réunion de circonstances qui se trouvent indi-

quées d'une manière assez complète dans le Message que le Directoire exécutif adressa au Conseildes Cinq. Cents le 17 nivôse an IV (7 janvier 1796),en lui représentant la nécessité de réglementer la prostitution.

Selon cet important document, remarquable par sa

sagesse et la profondeur des vues de ses auteurs, les

circonstances qui constituent la fille publique sont les suivantes : récidive de la débauche accompagnée de racolage ; concours de plusieurs faits particuliers,

légalement constatés ; notoriété publique ; arrestation en flagrant délit, prouvé légalement par des témoins autres que le dénonciateur ou l'agent depolice.

. D'où il résulte que, si la femme débauchée n'est pas encore une prostituée, c’est avec raison que l’admi-

nistration distingue entre la débauche publique etla

prostitution publique. Suivant les administrateurs,

Ja he re alimente Ja Host nee que; elle estle passage dune vie honnête à l’état d’ab- jection d’une classe particulière qui se sépare de. la Société, qui y renonce, qui, par des habitudes scanue daleuses, hardiment et constamment publiques, déclare abjurer cette société etles lois communes qui la régissent. Tant qu’une femme se renferme dans les habitudes ordinaires de la vie, l'administration ne peut la considérer que comme un être qui fait partie de la société ; elle lui doit protection et n’exerce à son Es aucune surveillance spéciale : mais cette posi- . tion de l'une et l’action del’autrechangentau moment même où la femme passe dans cet état de brutalité scandaleuse dont l’autorité doit réprimer les exces. Ainsi, en traitant des prostituées dela villede Paris, “ est bien entendu que je ne parle pas de toutes pe débauchées qui existent dans notre capitale; mon étude se borne à ces débauchées d’un genre spécial < qui, par un concours de circonstances el par des ha- = LH sernanleuses hardiment et constamment pu- …— bliques, forment cette classe particulière, tenue au . ban de la société, que l'administration a le devoir de : - surveiller avec le plus grand soin, et qui sont,au sens - vrai du mot, les prostiluées ou filles publiques. Ce distinchons paraîtront peut-être un peu subtiles à quelques personnes; mais elles deviendront plus claires, lorsqu'on connaîtra bien les différentes caté- : gories de prostituées etlescirconstances particulières ; qui précèdent et nécessitent leur inscription sur les | - contrôles de la police des mœurs.

s2- — Quels sont les Pays qui fournissent les Prostituées, et dans quelle Phportion chacun d’eux les envoie t-il à Paris ?

Laissons de côté une question de statistique, sur ; | laquelle il serait impossible d’être précis, à raison de sa variation constante: cette no est celle du.

trées, ei leur éter dune Ja sis de Pa Eu

- effet, ce nombre croît sans cesse, au fur et à mesure.

que s’augmentela population.Tels chiffres d'hier conti faux aujourd'hui, et ceux ï aujourd’ hui seront faux demain. ee - . Les proportions divorses. qui forment les détails, F du nombre total, sont plus intéressantes. àconnaître ; -

elles ont l'avantage de rester exactes, puisqu'elles

suivent, en général, la progression. J'ajoute quemes chiffres sont vrais et authentiques ; ma situation m'a

permis de faire le relevé des regisires d'inscription | des prostituées.

Or, personne n 'avaitsongé à faire ce travail; ou, si © quelqu’ un y avait pensé, il est probable que sa nom bre et la grosseur des volumes aura fait reculer ceux

qui étaient tentés de l’entreprendre. Plus hardique les autres, j’ai abordé cet immense travail; persévé-.

rant, je l’ai terminé. On va voir, par le détail de mes. diverses statistiques, si j'ai travaillé en vain, et s’il:

était une manière d'arriver à avoir une base certaine

d'appréciation. Fe J'ai eu sous les yeux, aa les dossiers de

12,707 prostituées inscrites, à une époque de TECÉRSE

ment général.

A4 n’ont jamais pu indiquer les pays qui les Re

. vues naître; — 31 sont venues de différents pays étrangers à l'Europe; — 4929 appartenaient aux Con-. trées de l’Europe étrangères à la France; — 12,223 ; étaient nées en France. | Je n'ai rien à dire sur les 24 femmes dont on n’ a pas pu connaître le lieu de naissance. Jetées à la rue. dès leur plus tendre enfance, elles avaient oublié le

nom même des pérsonnes qui leur donnèrent les premiers soins, et ces malheureuses trouvaient dans

la prostitution qui leur semblait un état tout natu= rel, un moyen de pourvoir à leur triste existence.

Parmi les 31 étrangères à l'Europe, j'ai compté: ’ : 18 Américaines ; — 11 Africaines ; — pe

. Ses ab nraihes venaient du Canada, des Etats ue de Saint-Domingue, de la Guadeloupe, de la: Martinique et de la Guyane Française. Les ARE caines appartenaient à l'Egypte, au cap de Bonne-.

te | QUESTIONS. GÉNÉRALES VF ie

Fe

Espérance, aux îles Maurice et Bourbon, et à Mada-

gascar. Mes deux Asiatiques étaient nées, l'une à

: Madras, et l’autre à Calcutta.

des 199 Européennes étrangères à la France ont été fournies dans les proportions suivantes be les différenis pays que voici :

Belgique, 161; An: F5. dont 61 Prus-'.

siennes, D eo Hanovriennes, < 2 Badoises, et’ Ades villes ee = Suisse, 509:7-fialie. 38.

dont 11 Piémontaises 9 Milanaises, ? 7 Romaines, AFlorentines, 3 Napolitaines, 2 Sardes, D'AARL et1 de l'ile d'Elbe; — Grande-Bretagne, 28, dont 24. . Anglaises, 4 Irlandaises, et 1 Ecossaise; — ne : 34 Autriche, ls, — Espagne, 14; — Russie, 8, dont : 6 LR . 2 Russes ; — Turquie, 2 2; — Suède, fe — Portugal, — Ile de Malte, +

an Dans . ces pays, ce sont toujours les capitales . ou les grandes villes qui fournissent la majeure partie

des sujets qu'ils nous envoient. Ainsi, sur les 28 An-

glaises, 17 étaient de Londres; Vienne a fourni 8 Au- trichiennes; Madrid et Cadix se sont partagé égale- __ mentles Espagnoles; Amsterdam peut réclamer plus . de la moitié des Hollandaises. La Prusse seule fait exception à cette regle : sur C1 Prussiennes, Berlin n'en à fourni que 7 ; la majeure partie du contingent … de ce pays nous vient des provinces rhénanes.

marquable dâns cet examen: tous les cantons, à l’ex- … ception de trois, ont envoyée un pareilnombre defilles

D'autre part, la Suisse offre quelque chose de re-.

- à Paris: il n'y à que celui de Genève qui, dans cette fourniture, l'emporte sur les autres; les Genevoises

; : figurent au. nombre de 15 dans les 59 Suissesses ves

nues à Paris.

à ces étrangères arrivent tousles âns à Paris, etcela dans

Par été aussi frappé de la régular ité avec laquelle :

Ho arre à QUESTIONS GÉNÉRALES :

des proportions à peu près semblables. Cette statis-. 2 tique peut donc servir de base, quel que soitlaccrois-

sement; c’est-à-dire que, si l'on chiffre sur 25.000

prostituées au total, au lieu de 12.500, on trouve en-

viron 900 Édrobecnnes non-françaises, au lieu de

480 à 450, ainsi que 60 Américaines, HEURES et.

Asiatiques, au lieu de 30.

FRance.— J’aiditque,dans cette première statistique,

sur 12.707 prostituées dont j’ai examiné les dossiers,

rieux qu'importants.

Si nous examinons en masse tous les a nous trouvons que tous, à l'exception d’un seul (là Lozère, pas une seule prostituée fournie à Paris pendant une période de quinze ans), ont payé à la capitale un tribut en filles publiques, mais cela dans des proportions très inégales.

Voici la répartition de ces 12.973 prostituées. en

il est surtout intéressant de fixer la proportion, un

calcul donne, en outre, ci-dessous, le nombre de la fourniture particulière de chaque département sur un contingent général de cent mille prostituées; c’estàa-dire que, sur cent mille prostituées, la Seine, par exemple, en fournit 37,629, tandis que le Lot, le Gers, l'Aude, l'Ardèche, les Hautes-Alpes et la Corse

‘12.223 étaient nées en France, exerçcantleur métier à . Paris. C’est ici que les détails deviennent aussi CUu-

n’cn fournissent chacun que 7. Le nombre de la pro-

portion sur cent mille est figuré par les chiffres entre. parenthèses, dans le tableau que voiei, et le premier

nombre se rapporte aux 12.223 dossiers réels :

A. Département ayant fourni à Paris plus de 1 000 prostituées. — Seine : 1,744 (Proportion sur cent mille : 37,629).

B. Déparlements ayant fourni à Paris plus de 100 prostiluées. |

— Seine-et-Oise, 874 (6,933). — Seine-Inférieure, 516 (4,333). —

Seine-et-Marne, 463 (4,593). — Oise, 337 (2,673). — Aisne, 927

(2,593). — Nord, 308 (2,448). — Somme. 502 (2,403). — Yonne, 272 (2.151). — Marne, 262 (2.078). — Loiret, 256 (2,030) — Aube, 207

(1,641). — Côte-d'Or, 206 (1,634). — Calvados, 194 (1,538). — Eure- | et-Loir, 180 (1,498). — Jure, 179 (1,411). — Moselle, 165 (1,318).

Eee

|qursrroxs GÉNÉRALES de

+. de-Calais. 168 (1213). — Meurthe, 134 (1921). — Hante- É Marne; 138 (1,094). — Meuse, 131 (1,031). — Orne, 117 (920). —

| Rhône, 104 (824). — Bas-Rhin, 101 (801).

C. Départements ayant fourni à Paris moins de 100 prostituées, jusqu’à 10 au minimum. — Haute-Saône, 99 (785). — Manche, 93 (771). — Ardennes, 83 (658). — Sarthe, 79 (626). — Ille-et-Vilaine, 77 (610). — Doubs, 65 (515). —- Loire-Inférieure, 63 (499). — Puy- … de-Dôme, 62 (491). — Indre-et-Loire, 59 (467). — Loir-et-Cher, 54 (428). — Mayenne, 46 (364). — Vosges, 48 (311). — Finistère, 42

= (333). — Saône-et-Loire, 40 (317), — Gironde, 39 (309). — Nièvre, … 39 (309). — Morbihan, 38 (#01). — Maine-et-Loire, 35 (277). —

Allier, 54 (269) — Jura, 382 (2:38), — Charenie-Inférieure, 27 (214). … — Haut-Rhin, 26 (205). — Cher, 26 (206). — Bouches-du-Rhône, 25 (198). — Cantal, 20 (158). — Vienne, 18 (142). — Côtes-du-Nord,

… 16 (126). — Loire, 14 (111). — Indre, 14 (111), — Ain, 13 (103). —

» Creuse, 12 (95). — Isère, 12 (95). — Basses-Pyrénées, 12 (93). — … Savoie, 12 (99. — Haute-Loire, 10 (79). — Haute-Savoie, 10 (79). D. Départements ayant fourni à Paris moins de 10 prostituées. __ — Hérault, 9 (71). — Haute-Garonn>, 8 (63). — Drôme, 8 (63). — » Charente, 8 (63). — Haute-Vienne, 7 (55). — Var, 6 (47). — - Deux-Sèvres, 6 (47). — Pyrénées-Orientales, 5 (39). — Hautes-Py-

rénées, 5 (39). — Gard, 5 (39). — Lot-et-Garonne, 5 (39). — Avey-

ron, 4 (31). - Tarn-et-Garonne, 4 (31). — Vendée, 4 (51). — Ariège, 9 (:3) — Corrèze, 8 (23) — Dordogne, 3 (23) — Landes, 8 (25) … — Tarn, 3 (25). — Basses-Alpes, 2 (15). — Vaucluse, 2 (15). — » Hautes Alpes, 1 7} — Ardèche, 1 (7. — Aude, t (1). — Cxrse, 1 (07). — Gers, 1 (7). — Lot, 1 (7). — Lozère, 0 (0).

En dehors de Paris, qui s’est fourni à lui-même 4,469 prostituées parisiennes sur les 12,293 dont j'ai examiné les dossiers, voici les chefs-lieux de département qui ont envoyé au moins dix filles publiques à “ e ua :

FE Versailles, 33). — ne. 813. — Orléans, 152. — Amiens, 101. - — Lyon, 97. — Troyes, 92. — Metz, 89. — Nancy, 84. — Lili te, 80,

— Charires, 79 — Caen, 71. — Strasbourg, 65. — Beauvais, 97.: = — Dijon, 57. — Nantés, 53. — Châlons, 48. — Tours, 48. — Rennes, 47. — Auxerre, 46. — Le Mas, 44, — Besançon, 41. — re Bordeaux, 37. — Clermont- Ferrand, 36. — Melun, 36. — re

(SET es Evreux, 34. — Alençon, 33, — Laon, 27. — Moulins, 22. —

… Blois, 21° — Marseille, 20. — Bourges, 19. — Angers, 18. — Ne- =" YerS, 18. — Chaumont, 17. — Vesoul, 13. — Laval, 12. — Colmar,

DU

ments qui ont des villes importantes, en dehors de:

Que STIONS GÉNÉRALES *

11.— La Rochelle, 11.— Poiliers, LE — Bar + Due, 10. . Le Puy, . REV TRS EE

Il on de der: aussi, à part, Fa . |

leurs chefs-lieux, et dont les sous-préfectures ont tour: ui HEUN contingent notable : LC

Seine-et-Marne, 141 en envoyées à Paris par les villes. de “Fontainchleau, Provins, Meaux et Goulommiers. — Aisne, 115 SE par ‘Saint-Quentin, ‘Soissons, Vervins et Château-Thierry. — à Marne, 141 par ‘Reis. Epernay, Saint-Menehould et Vitry-le- Français. — Nord, 106 par “Cambrai, Douai, “Dunkerque, Valen- : ciennes, Haze brouck et Avesnes. — Seine-et-Oise, 96 par Corbeil, rs Etampes, Mantes, Pontoise et Rambouillet, — Seine: Inférieure, PSE 75 par ‘Le Hâvre, “Dieppe, Neufchâtel et Yvetot. — Yonsé, 74 Far, *Sens, Avallon, Joigny et Tonnerre. — Oise, 69 par Compiègne, Se *Senlis et Clermont.— Calvados, 62 par “Lisieux, "Bayeux, he Ha Pont-l'Evèque et Vire. : ME er

Dans cette énumération, nous avons fait Dre aie d'une sie risque “ les villes à qui sont dues la majeure parlie de ces chiffres.

Mais une répartition des plus intéressantes est celle que j'ai faite, d’après lés mêmes dossiers, en distribuant ces 12.993 prostituées par leurs provinces d’origine. En effet, nos anciennes provinces, dont le souvenir n’est pas encore perdu, forment des populations bien caractérisées, qui se distinguent l’une de Pautre : es par les mœurs, les habitudes, quelquefois même per TE le langage. LIRE

Nous trouvons ainsi comme filles DD à Pare. ee

6,735originaires del'Ile-de-France,1,184Normandes, 690 Champenoises. D18 Bourguignonnes, 499 Lior-27 raines, 490 Orléanaises, 308 Flamandes, 802 Picardes,

236 Bretonnes, 196 Franc- Comtoises, 163 Artésiennes,

127 Alsaciennes, 125 Mancelles, 118 Lyonnaiïses, . 82 Auvergnates,. 59 Tourangelles, 52 filles de #k Guyenne, 40 Berrichonnes, 39 Nivernaises, 37 P1 vençales, 35 Angevines, 35 filles de l’'Angoumoi S: 34Bourbonnaises,28Poitevines, 26Languedociennes, 24 Gasconnes, 92 Savoyardes, 21 Dauphinoises, #8

| QUESTIONS GÉNÉRALES D at el he

D éounues, 42 filles de la Marche, 10 Limousines, 10 filles du Velay, 5 Roussillonnaises, 5) PAPRORE dines, 1 Vivaraise.

Cesdétailssurle nombre des pr ostituées qui affluent à Paris de tous les points de la France sont curieux, ét personne ne saurait contester qu'ils ont quelque uti- - lité; mais nousfont-ils connaître les mœurs et le degré d’'immoralité d’un pays ? Non, assurément; car il : peut sefaire, el il arrive, en effet, que les prostituées = nées dans un pays très immoral y restent toutes ou . presque toutes, tandis que celles qui habitent des en- droits où elles ne sont pas supportées, cherchent à Paris un lieu de refuge. Il faudrait, de plus, pouvoir mettre en rapport la population respective des différentes localités avec le nombre des prostituées qui en … viennent ; ces chiffres, mis ainsi en comparaison, … auraient avantage de fixer d’une façon particulière , l'attention des autorités sur un point plutôt que sur un autre.

; Néanmofns, la statistique que je viens de mettre sous les yeux du lecteur renferme déjà plusieurs . enseignements.

Si, en prenant Paris comme centre, on tr ace autour. "de: lui une série de cercles distants les uns des autres de vingt-cinq lieues communes (soitcent kilomètres), :

on trouve dans le premier cercle les six départements - les plus chargés, .et dans le second ceux qui viennent . immédiatement ensuite ; à mesure que l’on s'éloigne, le compas ne circonserit plus que les départements dont le chiffre ne s'élève qu'à quelques unités : preuve évidente, uon que ces six départements l'emportentsur . les autres en immoralité, mais que le rapprochement de Paris, la facilité de s’y rendre et les communications plus fréquentes, influent d’une manière remaré quable sur le nombre des prostituées qui y arrivent :

* de tous lès départements de la France.

On voitcependant, dans les cerclesles plus éloignés,

“2 quelques exceptions à cette règle générale; maiscene

sont que des influences de localités dues à des causes

Sen 46) Se QUESTIONS GÉNÉRALES

particulières. Il est évident que si Lyon. par pes et le Puy-de-Dôme, le Cantal et la Haute-Loire sont.

- plus chargés que les autres départements qui se trouvent à la même distance, cela tient, d'une part, aux : relations commerciaies que le chef-lieu du Rhône entretient avec Paris, et, d’autre part, à l'habitude qu'ont contractée les habitants de l'Auvergne de venir à la capitale pour y faire les gros ouvrages et remplacer chez nous les esclaves des anciens peuples.

Dans les zones éloignées, l'influence du commerce et des ports de mer se fait spécialement sentir pour les Bouches-du-Rhône, les Basses-Pyrénées, la Gironde, la Loire-Inférieure et le Finistère. Cette même influence, jointe à la proximité de Paris, explique le … chiffre élevé de la Seine-Inférieure, de la Somme, du Pas-de-Calais et du département du Nord. Ne pourraiton pas remarquer aussi l'influence des grandes écoles (avec leur cortège d’étudiants) pour les départements

de la Haute-Garonne et de l'Hérault, l’un et Pautre huit ou neuf fois plus chargés que les départements qui les entourent? Enfin, il est inutile d'indiquer l’influence des garnisons et des places fortes ; elle se fait assez remarquer d'elle-même dans tous nos départements frontières. :

‘ Pour terminer sur ce point, il est bon de faire observer que, dans notre statistique, les chefs lieux de département ont donné 6.939 prostituées (celles nées à Paris étant comprises dans ce nombre); les souspréfectures en ont fourni 1.702 et les campagnes 3.460, en comptant la banlieue parisienne pour un chiffre de 279.

$ 3. — Position sociale des Familles qui fournissent les- Prostitwées exerçant leur métier à Paris. 4

Ce n’était pas sous le rapport de la simple curiosité qu'il m'importait d’avoir quelques donuées sur les familles des tilles publiques; ces renseignements sont importants pour résoudre plus d’une question | ss de haute administration.

J'ai commencé par questionner toutes les prosti-

tuées que j'ai eues à soigner ou à visiter soit à la prison, soit à l'hôpital ; mais je me suis aperçu bientôt que quelques-unes me trompaient.Je m’adressai alors aux employés, ainsi qu'à tous ceux qui avaient été. chargés de la surveillance ou de la direetion de cette population; je tins note des réponses , mais il ne résulta de leur analyse qu’un vague et une incertitude qui ne pouvaient pas me satisfaire.

- Enfin, après y avoir insisté à plusieurs reprises, j'obtins ‘du préfet de police que désormais on exigerait de toutesles filles inscrites ou à inscrire, la production de leur acte de naissance. Il ne me restait plus dès. lors qu’à attendre que ces actes eussent été réunis en quantité suffisante pour me permettre d'en tirer des Conclusions probantes. C'est ainsi que, pour la seconde statistique dont je vais mettre le resultat sous les yeux du lecteur, j'ai eu à ma disposition ces documents authentiques pour un total de 5.023 prostituées. Toutefois. ma statistique ne porte que sur 83.882 de ces filles, et voici pourquoi : lorsque les prostituées four- nissent elles-mêmes leurs actes de naissance, ces documents sont en tout conformes à l’acte original et ne laissent rien à désirer ; mais, lorsque c’est la prefecture de police qui demande cette pièce, certains secrétaires de mairie se boruent à n’envoyer qu’un extrait des plus sommaires de l'acte original. L’administration s’en contente, n’ayantqu’à constater l'identité de - la fille ; mais cette négligence de 1.691 secrétaires de mairie m'a privé d’autant de He précieux pour mon étude.

N'importe; cette quantité d'actes de naissance qui - m'ontété communiqués, et dont j'ai fait le dépouillement avec le plus grand soin, nous suffit largement, même réduite à 3.332, pour dresser deux tableaux intéressants et en tirer des observations utiles. Comme on indique dans ces actes la profession du père et celle des deux témoins, j'y ai trouvé la posi-

1 tion sociale de toutes ces familles : mais, COMME je

LS

tiens à une exactitude rigoureuse, je ne me suis ce préoccupé que des renseignements concernant le premier de ces témoins : en effet, en confrontant quelques.

actes venus des mêmes localités, jai reconnu que le

nom du second témoin était le même dans tous; 6e

qui s'explique par l'habitude, en quelque sorte générale, de prendre un employé de la mairie pour é

avec l’ami de la famille :

Fa INDIQUAN! LES PROFESSIONS EXERCÉES PAR LES PÈRES

DES PROSTITUÉES DE P. ARTS, NÉES DANS CETTE er

Amidonniers . . LORS TER CSN NL ON EEE Architectes, ne ans. Re ee De AN OP Bianchtissenese es re RÉ *

Boisseliers, vanniers, bte éventaillistes, intro

Bonnelivrs, gaziers, tisseurs, cordiers

“Hoir:hére Ch arnCU ITS Le EN Boulanrgers, pilissie”s. |

> JurrelteTs, sellers", 22 en A A ue At CAE Boyauliers, équarrisseurs, oen Brotantants, CILDOr les hr se ESS ESA Carreleurs, maz;ons, couvreurs+, fumistes, salpôtriers Et TOTLenae Ts, ET RS RAT EN EE PS PAP PSS Cihapeliers = . CAT SENS CGharbonniers, nu dern.

Chifonnielrs:. =, 5 x :

Chirurgiens, pharmaciens, nee avocats.

Cosh2rs, charretiers,: postillons .

Cordornnrers, bOtfiens 5 SN SC :

. Corroyeurs, tanneurs, mir»çtiniers Cullivateurs.:jardinièrs, Vignerons... re AS Re DRE UpLSS: -puirtHéne Le RS APE AE Doreurs, argenteurs, batteurs d’or .

Ferblantiers, chaudronni:rs . . . .

Fondeurs, ciseleurs, mouleurs. . . . . . .

Graveurs, lapidaires, émailleurs.. . + 2 0.

Instituteurs. ANR Er es Journaliers, commissionnaires, Fe nmes dé peine Layetiers, menuisiers, charpentiers, scieurs de long.

L'HOSRUTS TADISSISRSS ESS SUR Le WT ED

Marbriers, laveurs de cendres d’orfèvres. . + . . farchands de vin, liquoristes, limonadiers … .

| QUESTIONS GÉNÉRALES re 1

E Maréchaux-ferrants, serruriers, cloutiers Pire er RD

MÉSPNPPS SE. A A RAT lea et PU Mécaniciens, armuriers, coùteliers, re BP SRABE TS Merc'ers, PUIS PU irarse PL ee re D D es PR EE a Edo id Lo." («20 Musiciens, maîtres de danse Pi RO ee Ut Nourrisseurs, laitiers : . . . re Te. À.

Officiers de différents Det cure un cd ele Orfèvres, horlogers, bijoutiers : RAT en en ES à A HOMDIbrd na. en 2, en et" 6 Perruquiers, coiffeurs. . . EE AS LE De Le Plombiers, pompiers, nie HU Fr 3 Potiers de terre, faïenciers, taille 1rs de cristad 6. Pratiolens, Duissiers, éarivains. > : 2): . 4. d ne te cuis à ui Lien.b 4 D IDIONéS EN Nu Ne ee en 6 DR RDAIQUES ACIEUTS: À... . à Sculpteurs DH DOIST,. 0: ROAD Me ee Tabletiers, garnisseurs, ébé inistes RE a Mn A a ED Tailleurs et fripiers . . . Res PSS ELA TaiHeur ; de pierre, pan irieraie carriers . 21 il se 5) A ON NT seen «ue et “1 Tourneurs, boutonniers . ORNE (a Ga MatlenrS PCUISiNiers; .cOnfiseurs. 1 . .-. | 9 Verriers. Te eut 2 ue iniese D ou lHprimeurs ss." Une 72s

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Total général. 2 On voit, par ce tableau, que les prostituées nées à Paris sortent de la classe des artisans, d’une Inanière pour ainsi dire exclusive, et qu'il y a érreur à affirmer, comme on l’a fait, qu'il s’en trouve un bon nombre appartenant à des familles très distinguées. IL est vrai, pourtant, qu’une d’elles avait un général - pour parrain et témoin ayant signé son acte de naissance, mais son père était charcutier ; qu’une autre, fille d’un notaire, avait pour parrain un prince, et pour marraine une demoiselle d’un grand nom ;

qu'une nommée D*** est véritablement d’une famille: illustre, et que trois autres se trouvaient à peu près

rie QUESTIONS GÉNÉRALES

dans le même cas. Mais que sont otre. rares exceptions à la règle générale ?.. Ceci nous montre la tendance qu'ont les hommes à généraliser ce qui les frappe, et à combien d'erreurs on s’expose en s’en rapportant à des observations faites en l'air, qui ne -sont basées que sur des souvenirs, et qui n’ont jamais été enregistrées d’une manière méthodique. Examinons maintenant ce qui concerne les tilles qui nous arrivent de tous les départements de la France, et voyons si les résultats que nous obtiendrons confirment ou détruisent les résultats précédents.

TABLEAU INDIQUANT LES PROFESSIONS EXERCÉES PAR LES PÈRES DES PROSTITUÉES DE PARIS, NÉÉS DANS LES DÉPARTEMENTS

ACTOUTSS SR 0e crois Cap is di ee en 1 AUHDErHISIES "EU RS CNE A CE OR “<bouchéts,-chareutiérs 2er RE NE PER Boulañgers, patissiore: 220002 a PO RE BOUTTEAUL ET SET TUE me TS RS PR NE ÉTARSOUES SL nt ROC Tr ee nn ie ED 9 Chapeliers. . . , . SUR ui Det a ee Ce CTI Charpentiers, menuisiers, chatons. D ee Cochers, charretiers, palefreniers. . . . . , . . : 60 Cordonniers, bo'tiers, savetiers eu ee Cultivateurs ou gens employés aux travaux de Ébamns 329 omesliques.: 527% OT SRE RER CRE DOUAI PSS ES SN co do des Pere PR 8.

Employés écrivains "HET TER RS ee Hoiciers-merciers 24 ie Re ee 1 eee LE Hommes de lot, huissiers ut it SAR RACE Horlogérs, oriévres” 5, His SRE Er 0 Instituteurs, maîres d'école . . . . SR ee Manouvriers, tous occupés à des travaux pénibles. DA Marins - mariniers. 2". 28,2 MERS RS SE RE Te Narchands forains, colporteurs . . . ia ee TS Maréchaux-ferrants, serruriers, rie PE M ne ae) Militaires . . . RTS SS ÉLUS RON ER Macçons, plâtriers, taillenrs E Fe. OR ETS TUNIS SET E Metniers 235 Fos ire GR Médecins, A eprs officiers de cites Re |:

MUSICIENS nu en, Livre ee ND 0e UE

| QUESTIONS GË NÉRALES caf

Off : iers des armes de Kerre et de HIDE TE re Ps en tn

N Perruquiers Aer me nine DD ete On Pace OA Ed Ce CAM en mi ue dde VU 0 ne Pt Gran FaiHeurs d'habits :., .. NE LR PEN RITES PART Le … Tunneurs, corroyeur<, mégissiers, et. OR eco Tisseurs de toutes espèces, bonnelierss . . : . . . 192

Re M en du on NA ES dell)

Total général 2,591

Parmi les témoins qui ont signé aux actes de naissancé de ces filles, figurent 12 prêtres ; les rentiers, signataires comme témoins, sont 142 ;les officiers, 37 : les hommes de loi, 46. Mais on voit que, dans l’ensemble, les départements ne diffèrent en aucune manière de Paris, relativement à la situation sociale des familles d’où sortent les prostituées. En effet, sur ce second tableau comme sur le premier, ne figurent.en fait de pères, que des ouvriers et des gens peu favo- risés par la fortune, et qui, par conséquent, ne peuvent ni soigner l'éducation de leurs filles ni les surveiker de près, et encore moins pourvoir à leurs

besoins quand elles ont atteint un certain âge ; c’est de ces familles que sortent les domestiques et les filles d'ateliers, ces foyers de corruption dont on doit. - déplorer les pernicieux effets, tout en admirant les produits he fournissent.

LA Æ. — faste ‘uction que possèdent les Frostituées, ainsi que ies personnes de leur famille.

= k0s actes de naissance qui ont fourni les éléments | du paragraphe précédent (ces documents étant anté- - rieurs à l’époque où la loi sur linstruction obligatoire a pu donner ses résultats) ne renseignent qu'incom- plètement au point de vue exposé par le titre de ce. . paragraphe CE, | Néanmoins, il est intéressant de retenir que les pères des prostituées nées à Paris se sont trouvés, pour un tiers, des gens assez ignorants pour ne pas 3 savoir même See leur nom.

Sur les actes de naissance des filles publiques nées en province, nous en avons trouvé 905 où il étaitmentionné que le père s'était déclaré incapable de signer ; ce qui achève de nous montrer que les prostituées qui arrivent des départements appartiennent, comme celles de Paris, aux familles les plus pauvres et Les

plus ignorantes, du moins oi une proportion for- . midable. | . Quant à l'instruction des prostituées elles-mêmes, voici tout ce qui a pu être constaté authentiquement ;

Dans linscription que l’on fait des prostituées, on

a l'habitude de leur faire signer une sorte d'engage- . ment de se conformer à toutes les mesures sanitaires et de sûreté que l'administration jugerait convenable d'établir. L’examen de ces signatures m’a permis de faire les constatation suivantes : | Sur 4,292 inscriptions de prostituées nées à Paris, 2,382 de ces filles n'ont pas pu signer; 1,780 ont signé, mais mal; 110 ont signé bien, et même souvent très bien.

-Ainsi,dans la capitale de la France, où l'instruction a toujours été plus généralementrépandue que partout ailleurs, où elle se donne gratuitement aux indigents, où le peuple en sent l’importance, parce qu’elle est nécessaire pour gagner sa vie, ne trouver qu’une fille tant soit peu instruite sur 2,23 de totalement igno- rantes, c’est reconnaître, ou l'incapacité complète de ces êtres, ou lincurie des pêres et mères, et par suite la preuve de la dégradation morale et de l'abandon qu’ils ont fait de leurs enfants, lesquels sont en droit | de leur reprocher les désordres auxquels Le se sont livrés.

Sur 259 inscriptions faites à Paris de Gros tiiées : . nées dans le reste du département de la Seine; pas -une seule de ces filles n’a bien signé ; 88 ontsigné mal, et 171 ont été absolument incapables de signer. En ce qui concerne les prostituées fournies à Paris par la province, l'examen de 6,887 inscriptions r Ha permis de AS RIeR is

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