AK>EXE
toute Dlle reconnue malade k la visita du Dispensaire pourrait être ioimédiatemeat retenue et internée i l'Asile sanitaire.
Cetle disposition réunirait plusieurs avantages. Elle faciliterait les rapports nécessaires, les communications indispensables entre les divers services. Elle éviterait de nombreux déplacements. Elle éviterait aussi ces promenades incessantes de Tilles malades, transportées tourï tour du dispensaire à Saint-Lazare, puis de Saint-Lniare au Dispensaire, et transportées de la façon que nons allons dire dans un instant.
IV. — A ce même asile sera encore annexé un serviee de co)isultatiojt!! gniluilcs pour les filles inscrites. Ces consultations seront quotidiennes et k beure fiie. Klles seront faites, & lour de râle, par les médeciai I^H en chef, assistés du pci-sonnel médical de l'Asile,
^^k A ces consultations seront délivrés gralaitement lei
^H divers remèdes prescrits aux malades, de telle sortt
^^B qu'une fille syphilitique, par exemple, ne présentant plat
^H d'accidents contagieux, pourra continuer au dehors et
^H sans frais, sous une direction médicale éclairée, le
^H traitement nécessaire à sa guérison.
^H V. — Toute fille inscrite qut, alTectée dune maladie
^H contagieuse, se présentera spontanément au Dispensaire
^M avant te jour réslemen taire tic sa visile. recevra uni:
^m prime de vingt francs.
■ «Ht
■ pu
■ Les soins hygiéniques et médicaux des filles
alIiKi#«s de usJadies téneHenoes seront conRés i dd
certain DMubrc dp mésirctas et d'élèves, loas recruta
t ifow <U iiufc-yai'ï rt n£>a plus aorainés as choix, & U
laTW, cttunuM c*l« s'^ese f\tU j asta'* ce joor.
PROJET DE aÉGLEMKNTATIOS SAKITAIRE 285
oiLairc, le nombre de malades confiées à un médecia el composaot ce qu'on appelle un aervice, ne pourra, sous quuuq prétexte, dépasser 80.
(Il est d'expérience, en effet, qu'un médecin, quelle que soit d'ailleurs son activité, quels que soient son dévouement cl son expérience, ne peut utilement donner ses soins de cUaque jour à un nombre de malades dépassant environ le chiffre de 80).
III. — Un service médical se composera : I" D'un médecin en chef; 2" D'un élève interne; ii- De -4 élèves externes, auxquels pourront Être adjoints quelques élèves stagiaires ; i° D'un interne en pharmacie.
(L'admission dans les salles de l'Asi'e d'un certain nombre d'élèves est une innovation vivement réclamée et réunissant plusieurs avantages. Elle sera proBtable aux malades d'abord, pour les soins qu'exige leur état (pansements, visites, renseignements médicaux non moins utiles à recueillir dans le présent qu'à conserver pour l'avenir, etc., etc.). Elle sera profitable aux élèves, par les élémenU d'instruction qu'elle leur fournira. Elle sera profitable à tout le monde, en vulgarisant l'étude des affections vénériennes, car, ainsi que je l'ai dit et établi ailleurs, les deux grands moyens de combattre la vérole au point de vue de la prophjlaiie générale, c'est Je la guérir d'abord, c'est ensuite d'apprendre à lu gui-rir. Donc l'instruction que les élèves prendront dans Icssalles ne sera perdue pour personne, ta société en bénéficiera la première.
^- IV. —Les médecins du Dispensaire seront également
^bommës au conrours, ainsi que les élèves internes el
^Kltemes attachés à l'asile sanitaire.
^B I.^ service (le pharmacie sera de même recruté par
^Kne de concoui-fi.
^H V. — Les concours pour la nomination des méde-
s»! AKNEXSS
cins do l'Asile, îles médecins du Dispensaire el dea élèves internes et esternea porteront sur des sujeU de vénéréologie et de dermatologie. — Un programme sera pabliè pour Hier les matiiTes de ces divers concoure-
I,a aubstilulion du concours & la nominal ion adminislralive n'aura pas seulement cet avantage inestimable de conrérer aux plus di^'nes des places justemeut recherchées. Elle rehaussera aux jeui de loua la siluition des élus. Elle propagera, pour le plus grand bien de tous, l'étude et la connaissance d'une des branches les plus cssenlielles de l'art : la syphiliographk.
llelenir et inlemer une femme parce qu'elle afTeclée d'une maladie vénérienne coDslilue assurÉment, comme on l'a dit, un abus de pouvoir, un allealat contre la liberté individuelle. Si une telle dérogation à de grands principes peut être légitimée par l'intériJt de la aantii publique, il ne convient pas moinj la rendre plus excusable encore vis-à-vis de celles qui en sont victimes par des raënagemeuls, des tempéraments, des atlénuattons de divers genres. Sauver le procédé par la forme, dans la mesure du possible, telle, ce me semble, devrait être la règle en pareille matière, et c'est Ifi ce que s'accordent à prescrire le b sens et l'ttquité. Or, loin d'âlre empreintes de cet esprit, les mesures policières et administratives actuellement en vigueur à l'égard des tilles malades se composent d'une série d'humiliations, de vexations, de prohibitions, de rigueurs de lontgenre, aussi inutiles en principe que stériles, nuisibles même comme résultats et aj'ant abouti en dâtloitive k ceci : convertir un asile hospitalier, un asile où l'on guérit, en un lieu de te^ reur cl d'horreur, en un épouvantail odieux, détesté. Faire le tableau du système actuel, que chacun cou-
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damne, m'entroiaerait i àa dâfeiappeinents qoe dc Bomporle pa$ ce tr«s rapide ex{iosé. Gimme exemple, oins, qu'il loc "tït pemtis dc ciler quelques détails, d'après lesquels on pourra juger l'ensemble. Je «rends an basard, n'ajant que l'embarras du choix.
" e fille est reconnue malade au Dispensaire. Le to^me jonr elle est eonduJlc à Saint-Lazare, el conéuite comnienl ? Dans une toiture cellulaire, dans l'ignoble voiture connue du nom trivial que vous s:
i sert de véliicule aux prévenus, aux voleurs, aus ' assassins, el qui, par elle seule, est un stigmate d'infa- '
Or, pourquoi une voiture cellulaire? Pourquoi eetle première humiliation imposée à une fllle mande ? A quel but, à quel iotérât pratique cela peut-il répondre?
Suivons maintenant cette mâAie malade. Où la condait la Toiture en question? A Saint-Lazare. Or, qu'esU ce que Saint-Lazare? Une agglomération confuse de prévenues, de coupables, de criminelles à divers de- .. et de muladesl Ainsi, cette femme malade, (implemenl malade, à qui la société n'a (pour l'instanL Q moins) d'autre délita reproclier que celui rruneaffecnon contagieuse, cette femme, dis-je, va franchir le e seuil, va passer sous la m(?me porte, va âtre con- BnéedaDs tes mOmes murs que les prévenues, les voleuses, les criminelles tll C'est là une confusion, un l'a
it mille fois avant moi, qui révolte le bon sens et l'équité. Mais, disent les casuites, cette confusion e'existe pas en réalité, car il j a dans Saint-Lazare plusieurs a quartiers ", et cette femme malade aura son quartier spécial qui la distinguera de »
Qu'importe? répond le bon sens ; même avec plus ^artiers, il n'y a qu'un Saint-Lazare, il n'y a qu'un Icriteau surla porte, et cet écriteau stigmatise d'infa-
mietoulescellesqui passent au-dessons,qiiel quesuild'ailieurale quartier 'luilcs reçoive, (Qu'elles soianL ici ou là, l'opinion publique n'y regarde pas de si près et ne s'arrête pas à ces déliraîlalions admiDistralivcs. Pouri]Lioi donc cette inique, cette abominable promiscuitéî Kl qu'a urions-D DUS à répondre si, au moment où uoos fermons les verrous sur elfe, celle femme se j'etoarnait vers nous en nous jetant ceci à la face : " Ue qaoi me punissez-vous au total ï De la vérole qu'on m'a donnée, c'esl-b-dire de la faute d'autrui. Dans le but de n guérir, non pour moi, mais pour vous, vous m'enferraei. Soit I Mais alors, ouvrez-moi un hôpilal et r une prison. Je n'ai rien fait qui justiGe mon asaioiilalion avec des femmes qui ont volé, qui ont tué peutêtre, et vous me confinez dans un tel milieu 1 Ne i Irouvez-Tous donc pas assez avilie, moi, flile inscrite, pour me faire descendre un échelon de plus dan mépris public, le dernier cl le plus infâme écheloa des décadences sociales? » A celte récriraination, je le répêle encoi'e, qu'aurions-nous à repondre, nous sociéféî Rien, car la plainte de celte Qlle est juste, et le bon droit, en cet instant, n'est plus avec nous-
Mais poursuivons. Toute chose, toute inslitution a sa logique; une prison a la sienne aussi. Pour être ce qu'elle doit âtre, une prison comporte un certain ( semble de dispositions matérielles, de rÈglemenls, de discipline, de mesures coërcilives, etc., qui l'approprient à sa destination. A ce litre, eile est et doit être absolument différente d'un hôpital, cela va de soi. c'est dans une prison que vous introduisez une malade; est-il donc possible que cette malade trouve là ce qui lui convient? Qui jamais a songé à assimiler un hOpital etnneprisonï C'est faire injure au bon sens qae de I rapprocher choses si dissemblables; eh bien, celte ia-
PROJET DE IlSCl.UlK.ITATIOn SANITAIKE 389
a boa sens, SaiDULazara aoas ea ofTrc un eiemplc eompli.
Le bol, l'unique but que nous cherchons k aUeiadre. t de guérir des femmes affectées de maladies conlauses, atin qu'elles De puissent pas tranameLtre à au* 1 le mal dont elles sont affligées. Or, qu'avoDS-DOUs ois pour cela d'un sjstème pénitentiaire? Â quoi iOTent Q0U3 servir pour cela les règlements, la disi^i- (, les proliibîUons, les rigueurs d'une prison? Nous 'avons que faire de loul ce bagage importun pour la Esée purement médicale que nous poursuivons, car imais, que je sache, les greffes, les verrous et les filles n'ont eiercé d'innuencc curati»e bien manifeste ' les accidents de la vérole. Vainement on obiecte ; ces mesures pénitentiaires, que ces rigueurs spéiales sont rendues ciigibles par le caractère et l'indisipline des malades spéciules auxquelles on a atTaire. A ela j'oppose une réplique formelle : Vojez Lourcine. tertes le public qui compose Lourcine est a peu prés Dmparable à celui de Suint Lazare : je dirai mâuie lus, les mies de Lourcine, recrutées pour la plupart isia prostitution clandeslioeel non encore soumises au loindre frein, sont bien plu? indisciplinées, bien plus itraitubles que les Qlles soumises; carjamais à Lourcine s vude malades plus dociles, au dire même de tOB religieuses, très compétentes en pareille appréciaion, que celles dont nousgratilie parfois le Dispensaire, orsque Saint-Lazare est encombré. Or, est-co que Lourtine est une prison? Est-ce que Lourcine a une disci- ^iae sensiblement dilTérente de celle des autres hôpi- Uuiî Est-ce que Lourcine est ornée d'une grille à sa ^rte, d'un ècrou, d'un poste de soldats? Rien de tout cala. N'empêche cependant qu'à Lourcine, même en i'absence de geôliers, on n'y traite efficacement la vérole;
. — Lu Prostilulion.
£90 ÂNKESES
n'CRipêclie que Lourcine ne rende au public parisien d'Énormes, d'incalculab'i-s services, au point de vue de la prophylaxie,
H j a plus, el ce 1res petit détail peut avoir sou prit daus l'espèce. Lourcine posséilait encore un cachot, il y a quelques années. Ce cnchot était considéré cotume la sauvegarde, le palladiuoa de la maison. Avec lui, et grûce à lui, disait-on, Lourcine n pouvait luarclier»; sans lui, loul devait être perdu. Cependant ce cachot vénéré n'exislc plus aujourd'hui, et j'en suis quelque pea coupable. Or, chose surprenante, Lourcine est restée, même sans ce cachot, aussi paisible que par Je passé; Lourcine foncliocne comme devant, et miracle plus étonnant encore, la vérole continue b y guérir, même sans le cachot I
La conclusion très simple de tout ceci est que, s'il faut une prison pour des prisonniers, il faut un hûpital pour des malades. Le vice radical dusystème actuel est de confondre des malades avec des détenues. Et de là sont nés, par la Torce même des choses, des contresens el des abus que condamne l'opinion publique.
Incarcérulion. — Avec les procédés, la discipline, les mœurs, le régimed'une prison, voilà ce à quoi l'ancien système, encore en usage de nos jours, a abouti. Ce que nous réclamons, au contraire, ce que réclame, instruite parl'eipérience du passé, l'opinion publique, c'est un ensemble de mesures qui assure le mieux possible, pour le plus grand bien de tous, la guérîson des filles redoutables pour la santé générale, cl qui, dans l'intérêt de tous, offre fi ces fillcsia guérison sous une forme tolérable, indulgente, humanitaire, au lieu de la leur présenter sons un appareil brutal, correctionnel et tyrannique. Dans cet esprit, l'ensemble démesures ù adopter se résumerait d'après nous en ceci ; rinlernemeni