‹ La prostitution clandestine à ParisChapitre 39 sur 131 · C. La gale a été trouvée 26 fois · texte numérisé non relu

C. La gale a été trouvée 26 fois

L'énumération générale des maladies étant faite, il reste à les classer, par groupes, suivant l'âge des mineures.

LA PROSTITUTION CLANDKSTINIi A PA1US

En 1887, l'âge des mineures va de douze ans à vingt el un ans non révolus.

12 ans. — Une malade de cet âge est atteinte d'une affection vénérienne.

13 ans. — Sur 2 malades, on a constaté :

1° Plaques muqueuses de la vulve avec roséole syphilitique; 2° Une affection vénérienne.

14 ans. — Sur 9 jeunes filles de quatorze ans, il y en a une qui a été trouvée malade deux fois dans le courant de Tannée. Les accidents observés sont :

1° i fois, chancre ;

2° 1 fois, plaques muqueuses de la vulve;

3° 6 fois, des accidents vénériens;

4° 2 fois, la gale.

15 ans. — Dans cette "catégorie de 27 jeunes filles, il y en a 2 qui ont été reconnues malades deux fois, pendant Tannée. Les accidents trouvés sont :

1° 1 fois, érosion chancreuse;

2° 3 fois, chancre;

3° 1 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps que

de la vulve; 4° 2 fois, des plaques muqueuses de la vulve; 5° 21 fois, des accidents vénériens; 6° 1 fois, la gale.

16 ans. — Dans ce groupe composé de 33 jeunes filles, il y en a 5 qui ont été deux fois malades en 1887. Les accidents constates sont :

1° 1 fois, érosion chancreuse;

2° 4 fois, chancre ;

3° 1 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps que

de la vulve; 4° 2 fois, des plaques muqueuses de la vulve ; 5° 28 fois, des accidents vénériens; 6° 2 fois, la gale.

17 ans. — Parmi les 71 jeunes filles de dix-sept ans, il y en a

3 qui ont été deux fois malades en 1887. Les différentes manifestations observées sont :

1° 2 fois, érosion chancreuse;

2° 9 fois, chancre ;

4° 4 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps que

de la vulve; 5° 7 fois, des plaques muqueuses de la vulve ;

6° 47 fois, des accidents vénériens ; 7° 7 fois, la gale.

18 ans. — Les insoumises de dix-huit ans sont au nombre de 85 et 3 d'entre elles ont été trouvées deux fois malades pendant Tannée. Voici rénumération des différents accidents observés :

1° 2 fois, érosion chancreuse;

2° 7 fois, chancre ; dans un cas, le chancre a pour siège le col

utérin ; dans un autre cas, le chancre est accompagné

d'angine syphilitique; 3° 8 fois, des plaques muqueuses de la bouche ; 4° 6 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps que

de la vulve; 5° 6 fois, des plaques muqueuses de la vulve; 6° 2 fois, des syphilides; 7° 53 fois, des accidents vénériens ; 8° 4 fois, la gale.

19 ans. — Dans ce groupe de 85 insoumises, nous en trouvons 4 qui ont été malades deux fois dans Tannée. Les accidents observés sont :

1° 1 fois, érosion chancreuse ;

2° 8 fois, chancre ; dans un cas, le chancre est accompagné d'angine syphilitique; 3° 3 fois, des plaques muqueuses de la bouche; 4° 6 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps

que de la vulve; 5° 13 fois, des plaques muqueuses de la vulve ; 6° 1 fois, une syphilide généralisée; 7° 50 fois, des accidents vénériens; 8° 7 fois, la gale.

20 ans. — Parmi les 76 insoumises de vingt ans, il y en a 5

qui ont été trouvées malades deux fois pendant Tannée. Voici Ténumération des accidents trouvés :

1° 10 fois, chancre; dans un cas, le chancre est accompagné de

plaques muqueuses de la vulve; 2° 7 fois, des plaques muqueuses de la bouche; 3° 5 fois, des plaques muqueuses de la bouche, en même temps

que delà vulve; 4° 14 fois, des plaques muqueuses de la vulve; 5° 1 fois, des syphilides généralisées; 6° 39 fois, des accidents vénériens; 7° 5 fois, la gale.

Pendant l'année 1887, les accidents syphilitiques ne figurent que pour 1/3 dans l'ensemble des maladies observées; mais ces accidents sont tous virulents et la transmission en est des plus faciles ; pour ce qui concerne les maladies vénériennes, il est nécessaire de remarquer que celles qui sont contagieuses et incontestablement transmissibles, comptent pour les 2/3 dans l'ensemble des accidents vénériens.

C'est dans les groupes de dix-huit et dix-neuf ans que nous trouvons le plus de malades ; les insoumises de dix-sept ans et de vingt ans, un peu moins nombreuses, figurent à peu près pour le même chiffre. Le nombre des malades est, à peu près, le même pour les mineures de quinze et de seize ans.

Après avoir signalé tous les accidents observés sur les jeunes filles mineures, dans cette période de dix ans, il est utile d'examiner quelques points spéciaux qui méritent de fixer l'attention. II est nécessaire de faire remarquer que ce n'est pas sans motif que je me suis attaché à montrer, par des détails qui, tout d'abord, pourraient paraître minutieux, l'importance de la localisation des manifestations morbides. Trop souvent, il faut bien le dire, on n'attache pas à certains symptômes, même syphilitiques, l'importance qu'ils méritent, parce que le siège du mal n'a pas été suffisamment indiqué ; en faisant connaître le point précis où se trouve l'accident, en disant sa nature propre, on signale en même temps sa gravité et ses dangers. Il est bien évident que les plaques muqueuses de la bouche et de la vulve, par exemple, sont d'une transmission plus facile que si ces manifestations occupaient un autre point du corps.

N'en est-il pas de même du chancre, dont la communication sera presque fatale, en raison même du siège qu'il occupe? En agissant comme je l'ai fait, en donnant les détails les plus circonstanciés sur les symptômes syphilitiques ou vénériens observés, je puis avoir l'espoir d'éclairer ceux qui sont toujours disposés à nier les dangers de la prostitution clandestine. Malgré mes efforts, obtiendrai-je ce résultat? Je ne sais. Il est indispensable de signaler, en même temps, un autre côté important de la question, c'est que les manifestations syphilitiques observées, que ce soient des accidents primitifs ou des accidents secondaires, sont toujours contagieuses et facilement transmissibles; c'est à peine si, dans l'ensemble de mes recherches, il y a une vingtaine de cas (exanthèmes syphilitiques) où la transmission directe ne doit pas être admise ; tout le reste rentre dans la catégorie des symptômes éminemment transmissibles.

Le chancre a été très fréquemment constaté ; le chancre du col utérin, qu'on dit aussi être très rare, a été trouvé bon nombre de fois, puisque nous constatons sa présence chez trente mineures. Il y a également quelque intérêt à faire remarquer que l'accident primitif, érosion chancreuse ou chancre, a été suivi, assez souvent, d'accidents secondaires dont l'évolution se faisait d'une façon très rapide et presque prématurée. J'aurai l'occasion, plus tard, d'examiner plus complètement cette question, en étudiant l'apparition et le développement des manifestations syphilitiques chez les insoumises; il me suffit aujourd'hui de mentionner ce phénomène important.

Dans cette période de dix ans, les accidents syphilitiques figurent dans la proportion de 51 ,6i pour 100 comparativement à la totalité des maladies observées ; la proportion est de 56,2 i pour 1 00 lorsqu'on les compare aux unités mineures malades. Ces accidents ont été trouvés quelquefois chez les insoumises les plus jeunes, à l'époque où elles ne sont encore que des enfants. Quant aux accidents vénériens, ils sont, dans la très grande majorité des cas, très virulents et très facilement transmissibles. De l'ensemble des faits que je viens de signaler, il résulte, d'une façon bien évidente, que les mineures constituent à Paris un des éléments très importants de la prostitution clandestine ; elles contribuent, pour une très large part, à la propagation de la syphilis et leur âge, alors même que ces jeunes filles ne semblent être encore que des enfants, n'est pas une

LA PKOTISTI'TION CLANDESTINE A PAHIS

garantie contre les dangers de la contamination. Le résultat de mes observations est bien conforme aux impressions ressenties par les médecins qui ont étudié cette question; il corrobore, d'une manière éclatante, la conclusion adoptée par l'Académie de médecine dans sa séance du 20 mars 1888, conclusion qu'il est utile de rappeler : « L'Académie de médecine réclame des pouvoirs publics une loi de police sanitaire réglant et fortifiant l'intervention administrative, en particulier à l'égard des mineures, et permettant d'atteindre la provocation partout où elle se produit. »

Dans le tableau suivant, j'ai résumé l'ensemble des détails énumérés longuement pour tout ce qui se rattache aux mineures. Je mentionne, par années, le nombre dos arrestations, celui des unités malades ainsi que celui des maladies; je consacre une colonne spéciale à chaque catégorie pathologique, en montrant la proportion des accidents comparativement aux unités malades. Il sera donc facile de voir immédiatement le résultat de chaque année ainsi que celui de la période décennale.

STATISTIÇVK DUS MAI.ADIKS

rtion cent

Oi

Prop pou

CO

co

co

Oi

co

co

co

co

co

co

co"

CO

. co

Oi

CO

•sf

co

Propo pour

Oi

co

CO

co

co

CD

ro

co

mgm

co

OI

co

CO

CO

co

CO

co

co

co

Oi

co

2TÎ

CO

SJ

co

xi 3

co

co

co

SO

co

tt

•îf

es v

co

Oi

oc

CO

co

co

sa

mbre station visites

co

Oi

LO

co

co

îT*

CO

OO

oo

oo

Page 1