‹ La prostitution et la traite des blanches à Londres et à Paris... -- Dr MinimeChapitre 8 sur 76 · NON APPLICATION DES ACTS SUR LA POPULATION CIVILÉ · texte numérisé non relu

NON APPLICATION DES ACTS SUR LA POPULATION CIVILÉ

Examinons maintenant les fàisortSqui avaient empêché le Parlement anglais d’étendre l’application des Contdgious diseases act, sur la population civile, c’est-à-dire sur les autres grandes villes de la Grande-Bretagne, telles que Londres, Edimbourg, Dublin, où la syphilis doit nécessairement exercer ses ravages. Le gouvernement a reculé devant les difficultés immenses qu’aurait rencontrées l’application des mesures répressives dans une grande ville comme Londres. Il lui avait paru utile de légiférer contre un fléau qui causait chaque année à l’effectif dé l’armée anglaise une perte de sept jours de service, et à la marine la perte annuelle du personnel.nécessaire pour armer un vaisseau de premier rang ; mais cette urgence existe-t-elle à l’égard de la population civile? En admettant que les mesures soient nécessaires, doivent-elles avoir la priorité sur d’autres mesures saiïitaires également réclamées

depuis longtemps ? Telles sont les réflexions qui ont arrêté les législateurs anglais et qui les arrêteront certainement longtemps encore.D’un autre côté, on est effrayé à bon droit des dépenses énor- , mes que le système de répression occasionnerait s’il était étendu dans toute la Grande-Bretagne. Pour Londres seulement, en prenant pour base les statistiques les plus modérées, il.faut admettre que le quart des prostituées de bas étage est infecté de maladies vénériennes. Il faudrait done pourvoir à la création d’hôpitaux spéciaux en nombre assez considérable pour recevoir au moins 3,000 malades (ce, chiffre n’est pas trop élevé si l’on considère que nous avons affaire à une population de 4 millions d’habitants). En mettant à mille francs la somme nécessaire à l’entretien de chaque malade, et en ajoutant les dépenses que nécessiterait la nouvelle organisation de la police, on estime que l’application ré gulière du Contagious diseases Act à Londres seulement coûterait chaque année à l’Etat une somme de 3 millions de francs. Il faut ajouter à cela les sommes énormes que nécessiterait la construction des hôpitaux spéciaux, car on sait que le gouvernement ne possède pas ou presque pas d’établissements hospitaliers.

Si nous réfléchissons, il nous faut bien admettre que, si les remarques sont justes pour l’An-

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