INTRODUCTION
Les grossesses ectopiques forment un chapitre assez récent dans l’histoire de la pathologie gynécoobstétricale. C’est en effet seulement depuis la fin du siècle dernier et le début de celui-ci que de nombreux travaux ont été faits à ce sujet; travaux qui sont venu éclairer ce domaine que le siècle précédent avait considéré comme un peu mystérieux jusqu’à la découverte de RÉGNIER DE GRAAF.
Après quelques tâtonnements, les publications se multiplient rapidement, les auteurs s'efforcent de résoudre les divers problèmes que la grossesse ectopique posait : étiologie et causes prédisposantes, mécanisme, accidents, etc...
L'intérêt que l’on porte à ces travaux est très grand; on commence à dissocier les grossesses ectopiques des autres syndromes abdominaux. On porte plus facilement le diagnostic de grossesse extrautérine, et les travaux de Lawson-Tair permettent de sauver bon nombre de femmes d’une mort jusqu’alors presque certaine.
Sous l'influence de ce dernier auteur on pose comme règle, tant l'importance des grossesses ectopiques était grande, que tout signe d’hémorragie intra-péritonéale doit être à priori considérée comme signe de rupture de grossesse extra-utérine, toute autre cause d’épanchement sanguin intra-
péritonéal étant inférieure en fréquence à celle-là.
Actuellement, et de l'avis général, on est en droit de penser que cette sorte de grossesse est encore plus fréquente et cela grâce à une connaissance plus grande des symptômes d’une part, des recherches de laboratoire de l’autre.
Des statistiques ont été faites qui ont donné des chiffres très divers qu’il serait très intéressant de confronter et de discuter, ces chiffres variant énormément avec les auteurs.
Pour BRINDEAU par exemple, 0,3 % des grossesses sont des grossesses ectopiques; par contre pour Thiécelin, ses statistiques donnent 1,8 %, soit six fois plus, soit la proportion extraordinaire de UN cas de grossesse extra-utérine pour 56 cas de grossesses normales.
La question des grossesses ectopiques est donc d'importance et il nous a paru utile après un bref historique, un court rappel anatomo-physiologique des annexes intéressés et une simple énumération des divers signes dont nous disposons pour porter le diagnostic de rupture de grossesse extrautérine, de parler d’un nouveau signe que notre Maître le Professeur A. AIMES a récemment décrit : la protrusion du col, et de noter, après les erreurs qu’il permet d'éviter, les diagnostics différentiels que l’on doit faire en ce qui le concerne.