‹ La province a chevalChapitre 3 sur 49 · EN ROUTE POUR LU. CAMPAGNE · texte numérisé non relu

EN ROUTE POUR LU. CAMPAGNE

De la mauvaise habitude qu'on a de quitler Paris précisément au moment où il devient agréable pour les amateurs d'équitation. — l''aut-il expédier sa cavalerie par voie ferrée ou lui faire suivre les nationales? — Réllexions judicieuses à ce sujet. — Conseils y relatifs.

La plupart des gens qui pendant l'hiver ont consacré des sommes considérables à l'entretien de chevaux dont ils n'ont pu se servir à cause du mauvais temps, ont contracté l'habitude de quitter Paris au moment précis où leur cavalerie pourrait leur rendre de véritables services, et les indemniser des sacrifices qu'ils ont faits pour la maintenir en brillant état.

Tant que les jours trop courts, les pluies ï trop fréquentes, les froids Irop vifs ren-

2 I. \ l'ROVIXTE A CHKVAL.

(laiciil les pioiiicnadcs au Bois un devoir aussi pénible (jue doulouieiix à reiii|)lir, ils se seraient fait scrupule de s'y soustraire; mais aussitiU ([uc le soleil en se levant de bonne heure et en se couchant tard leur permet d'utiliser les moyens de locomotion d'.int ils jouissent et de substituer à la monotone procession des Acacias ou du tour du Lac des excursions de plus lonjjue durée, ils ont Iiàte de s'écli|)ser.

Cette rage de départ sévit dès le commencement de juin, et le nombre des victimes (pi'eile atteint forme la grande majorité des habitués du Bois. Dès lors l'émigration de la cavalerie parisienne conmience. Chaque matin, reux. qui persévèrent dans leur promenade quotidienne constatent de nouvelles désertions et rencontrent à tous les coins de rue des convois de voitures cou-

vertes de leurs bâches, de chevaux emmitouilés dans leurs couvertures et munis de genouillères, d'hommes en petite tenue qui gagnent une gare quelconque ou se dirigent vers l'une des nombreuses barrières auxquelles aboutissent les routes nationales dont le corps éminent des ponts et chaussées nous assure le mauvais entretien.

Les plus raisonnables envoient directement à la gare tons leurs quadrupèdes et tout leur matériel roulant. C'est une dépense assez considérable, mais qui a le triple avantage de coûter un prix connu, d'opérer rapidement le transport obligatoire, et de donner au propriétaire en cas d'accident la garantie d'une compagnie très-capable de l'indemniser de ses pertes.

iJ s

Os "S

Comme ce mode d'opérer présenle le plus d'avanlages et n'a que fort peu d'inconvénients, c'est celui qu'on pratique le moins.

On préfère généralement expédier sa cavalerie par voie de terre, sous la surveillance d'un chef d'écurie, piqueur ou premier cocher, dans lequel on a une confiance aussi absolue qu'iuunéritée.

Les entêtés qui, malgré leurs déboires précédents, persistent dans l'emploi de cette méthode, prétendent avec raison qu'une marche à petites journées, avec des étapes progressivement augmentées, constitue pour leurs chevaux, peu entraînés parle travaU irrégulier et intermittent qu'ils ont fait à Paris, une excellente préparation au service toujours plus sévère qu'ils auront à fournir à la campagne.

Avant le départ, visiter ea personne les (]nalre pieds de chacun de vos cbevaui, et méticuleosemenl.

Théoriquement, le raisonnement est parfaitement juste.

Il arrive malheureusement que la pratique est le plus souvent en contradiction flagrante avec la théorie.

En roule. — Aa passage d^os les villac[fs, od fait ao pea de fanlasia pour épatfr tes pupulalions, qui d'ailleurs resleDl froides.

Si les étapes calculées dans l'intérêt des chevaux dans le programme étudié par le maître, contrarient les espérances d'agrément que les hommes attendent de leur voyage, on peut être certain à l'avance que le programme sera singulièrement modiiié, et qu'on brûlera inq)itoyablement les arrêts indiqués si le personnel ne croit pas y trouver les distractions sufdsantL's.

LA PROVINCK A CHKVAL.

Les auberycs rouliôrcs qui j)Oss('dei)t de l)onncs écuries niauquent souvent de billards, de tourniquels et autres jeux indispensables pour charmer les loisirs de M.\I. les palefreniers : en pareil cas, ceux-ci vont directement à

-<Di^?m^i

.\ l'nubevfje. — Il a élé bien coDveoa qae l'on panserait et laveiait les chevaui soi-même à chaque arrêt. C'est poaniuni dès la première station on les coiitle au premier jarcon d'ecutie cenu.

ce qu'ils jugent les bons endroits, et ces bons endroits, séjours de délices pour les hommes, n'ont souvent pour les chevaux que des abris absolument dépourvus du confortable le plus essentiel.

Il en résulte pour les chevaux toute une série d'accidents dont le contrecoup est vivement ressenti par la bourse de leurs propriétaires : refroidissements qui dégénèrent volontiers en pleurésies; prises de longes, échanges de coups de pied plus ou moins violents qui nécessitent l'intervention toujours coûteuse des vétérinaires : ajoutez à ces (rais la dépréciation des animaux que vous avez dû couvrir de vésicatoires, et vous arriverez à un total absolument respectable.

De ce qui piécède, il faut conclure qu'un maitre désireux de conserver

r-E DEPART POUR LA CAMPAG.VE.

'^^^^'^SÙt^

Premier cocher.

RodiB inijigpstaqae moles.

Earbanfé da p»SBs>]e annuel de ces messieurB.

Comme on parinit nntrefoix — nvpc Ips flievaa» de In poBle, el comme on élaît eùr àes relais, on filait jjraDcl train.

A l'nuherge. — On noas 8 dil que l'écorie De valait rieo ; ooos l'avins bien va, maii on noai a promis qne le patron uniiB régalerait et que les senanlps étaifol genliUes, est-ce vrai?

premier groom, pgali'inent rhoisi au poxla.

Non moins encbanlée de Tarrivee des sasdits.

oo

Page 1