EXPLOITATION DES MINES DE CUIVRE
des galeries basses d'écoulement; n'étant pas certain du succès et craignant de risquer ses capitaux sur une chance douteuse, il préfère chercher ailleurs. En général, le Chinois n'aime pas se lancer dans des complications au fond desquelles il ne voit pas clair; pratique et prudent avant tout, il s'en tient à ce qu'il sait et à ce qu'il comprend bien, et une exploitation restreinte lui permet de se rendre compte au bout de la semaine de son gain ou de sa perte.
Dans les mines de cuivre l'organisation ouvrière est bien différente de celle des mines de fer ou d'acier. Dans celles-ci les mêmes ouvrier^ sont quelquefois occupés à extraire le minerai, à le préparer, même à le fondre ; dans les premières au contraire, ces deux opérations sont tout-à-fait distinctes et indépendantes l'une de l'autre : ceux qui sont chargés de l'extraction et de l'abatage ne font pas autre chose, et il en est de même pour ceux employés au fourneau et au lavage.
Les mineurs qui font partie d'une exploitation sont généralement groupés par dix à quinze, et ont un chef appelé K'o'cliang (^ ^). C'est lui qui dirige les travaux d'exploitation ou d'extraction; il est aussi délégué auprès du propriétaire pour défendre les intérêts de l'association. On choisit de préférence pour ce poste un ouvrier respectable, dont toute la vie s'est passée dans les mines et qui possède un grand fonds d'expérience pratique. Sa responsabilité est grande, car, de son administration et de l'intelligence qu'il déploie dans la conduite des travaux dépend la réussite de l'entreprise.
Quand les produits de la mine sont abondants ce qui arrive bien souvent, d'autres ouvriers sont appelés à joindre l'association. Le chiffre limité d'abord augmente jusqu'à concurrence de quelques centaines ; en ce cas, le premier chef prend
la direction générale des affaires et tous les autres sont sou* ses ordres.
Les ouvriers mineurs se divisent en deux classes : ceux qui portent le minerai à Textérieur et ceux qui l'extraient Les premiers sont considérés comme ouvriers de seconde classe ; les seconds, plus instruits dans les choses du métier, sont les mineurs proprement dits et ont passé par le degré précédent. Ils sont tous recrutés parmi les jeunes gens les plus robustes. Les extracteurs de minerai sont aussi quelquefois abateurs; c'est ce qui a lieu surtout dans les mines de galène argentifère et d'étain, ainsi que dans celles de cuivre à galeries profondes, oîi les moyens d'aération ne sont pas suffisants; dans bien des endroits, c'est tout juste si un mineur arrivé au fond de la galerie a le temps d'abattre sa charge et de s'en retourner sans être oppressé.
Ordinairement les ouvriers qui ont confiance en leur KV chang forment une association, et ont droit, au lieu de salaire, à un dividende sur les bénéfices de l'exploitation. S'ils sont salariés, les mineurs proprement dits reçoivent T. 2,00 par mois (14 fr. 50 c.) et les autres T. 1,00 à 1,50 (7 fr. 25 c. à 10 fr. environ).
Le propriétaire d'une ou de plusieurs mines charge un K'o-chang des exploitations. Celui-ci traite directement avec le propriétaire, qui founiit l'argent, les céréales et autres objets nécessaires aux travaux de l'exploitation. Quant au maître, il ne peut réclamer les produits comme sa propriété. Le minerai extrait appartient aux ouvriers ; mais à leur tour ils sont tenus de vendre ces produits au propriétaire qui les commandite à moins qu'il ne refuse de les acheter. Comme le propriétaire possède toujours des fourneaux, il achète la matière. Le ICo-chang, au nom de l'association, en discute