‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 85 sur 174 · LES LO-LO OU I-JÊN. H · texte numérisé non relu

LES LO-LO OU I-JÊN. H

exigent un certain déploiement de force physique et leur exti'cme activité prouvent qu'ils ne sont pas encore adonnés aux nombreux vices qui abâtardissent de plus en plus la race mongole. Dans les localités oii ils possèdent des terres en plaine, notamment au midi, ils cultivent un peu d'opium; mais cette drogue n'entre pas dans leur consommation ; s'ils boivent des liqueurs fortes, ce n'est que par exception et surtout les jours de marché.

Les femmes, plus coquettes que celles des autres indigènes, sont vigoureuses et travaillent aux champs comme les hommes; elles ne se mutilent pas les pieds, aiment beaucoup le plaisir et ont l'humeur assez joviale; leur visage est agréable, et en quelques districts elles passent pour les plus jolies femmes de la province.

Les Lo-lo blancs se nourrissent principalement des produits qu'ils récoltent dans les montagnes ou les petites vallées dont ils ont à grand' peine défriché le sol. C'est dans ces derniers endroits qu'ils placent leurs plantations de riz rouge et blanc. Le riz est pour eux un mets de luxe que peu de familles se permettent, aussi n'en consomment-ils qu'une faible partie; le reste est porté au marché. Leurs principaux aliments sont la pomme de terre, qu'on trouve partout et qui croît en abondance sur les montagnes du Yiin-nan, le san-asin qu'ils appellent Ch'iao-mai (^ ^), et le blé de Turquie, mais surtout ces deux derniers.

La façon dont ils préparent une espèce de pain qu'ils fabriquent avec du sarrasin est des plus primitives. Dès que la récolte est rentrée, le grain est séché et moulu ensuite imparfaitement. Avec la farine grossière qui en résulte, ils font une pâte très consistante, qu'ils ne laissent pas fermenter, et l'aplatissent ensuite en galettes qui sont cuites

sur un feu de braise. Ces galettes ainsi préparées servent à ce qu'ils appellent les repas de voyage^ c'est-à-dire qu'ils les emportent avec des poivrons pour leur repas de midi, lorsqu'ils vont travailler loin de leurs habitations, ou qu'ils se rendent à quelque foire de la plaine.

Le maïs, qui leur tient lieu de riz, est préparé de la manière suivante : ils le concassent et le font cuire à la vapeur par le même procédé que le riz. Beaucoup de familles, et non des plus aisées, mettent toujours de côté une certaine provision de riz pour en offrir aux amis et connaissances qui vont le» visiter.

En dehors des travaux de la terre qui ne les occupent qu'une partie de l'année, les Lo-lo vont chercher de l'emploi chez les (Chinois de la plaine, notamment lors de la plantation du riz (cinquième lune). On sait qu'à cette époque la plantation de cette céréale exige des soins tout particuliers: le succès de la récolte dépend beaucoup du moment gropice à cette opération. Les propriétaires chinois, et surtout ceux qui sont aisés, n'aiment pas à faire ce travail pénible et malsain : ils prétendent que rien n'est plus nuisible à leur santé que de rester une journée entière dans l'eau vaseuse des rizières et que ce séjour prolongé leur cause des plaies aux jambes, maladie assez commune parmi eux.

A cette saison, la campagne est très animée : de tous côtés les champs «ont occupés par des travailleurs qui préparent le teri'ain pour recevoir les plants; les hommes transportent dans des paniers les plants de riz, et les femmes, avec une dextérité et une symétrie (jui dénotent une longue habitude, les piquent rapidement. Les jneds dans l'eau jusqu'à la cheville, et les pantalons retroussés, elles laissent voir des jambes bien faites et des mollets accusés, avantages qui font

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