CHAPITRE V
LA METALLURGIE AU YÛN-NAN
De toutes les mines qui se trouvent au YUn-nan, les mines de fer sont les plus nombreuses et celles qui paraissent avoir été le plus anciennement exploitées par les aborigènes, avant même que les Chinois, plus avancés qu'eux dans l'art métallurgique, n'y eussent pénétré.
Cette branche d'industrie, d'une si grande importance aujourd'hui, et restée jusqu'alors dans l'enfance, commença à prendre quelque développement dès l'arrivée des conquérants, et surtout après la pacification de la province si heureusement opérée par Wu San-kuei (i^ ^ ;^); en effet, ce général mit un peu d'ordre dans l'administration, ouvrit plusieurs routes et encouragea les industriels.
Le fer est si commun dans cette région, que nous ne connaissons pas un seul district, si petit qu'il soit, qui ne possède un ou plusieurs gisements de ce métal ; mais, comme les concessionnaires de mines cherchent, avant tout, les plus voisines des centres de population et des cours d'eau, et comme aussi les frais du transport, qui se fait à dos de mulet, diminuent de beaucoup les bénéfices, il en résulte que l'on exploite seulement les gisements les plus productifs.
Le minerai traité dans presqne tous les hauts fourneaux que nous avons visités est de l'oxyde de fer magnétique ou du peroxyde de fer d'une très grande richesse. On le trouve en amas considérables sur des collines qu'on exploite à ciel ouvert, ou bien en perçant des galeries horizontales sur le flanc des montagnes. Dans l'un et l'autre cas l'extraction en est facile. Au reste, lorsqu'une galerie atteint la profondeur de 125 à 150 mètres, elle est abandonnée, à moins que le rendement ne soit exceptionnel; alors, bien que plus onéreuse, l'exploitation continue jusqu'à ce que les dépenses égalent les bénéfices. Comme les gisements sont abondants en minerai et nombreux, on quitte facilement une galerie pour en ouvrir une autre à côté. L'extraction et l'abatage sont confiés à des I-jén ; ces indigènes des montagnes, habitués aux rudes travaux, s'acquittent sans effort de cette besogne, moyennant un faible salaire.
Le minerai rendu dans l'usine, située à une faible distance du lieu d'exploitation, passe sous un martinet, armé d'une tête en fer, de 6 à 7 centimètres de diamètre, pour être concassé et passé ensuite au tamis. Deux hommes, ordinairement des montagnards, sont chargés de cette opération : l'un, par le poids de son corps, fait soulever le martinet, tandis que l'autre pousse dessous le minerai qui doit être écrasé. Puis le minerai est passé sur un tamis, dont les trous n'ont pas plus de 4 millimètres de diamètre; les morceaux trop gros sont replacés sous le martinet. Dans cette opération les ouvriers doivent s'appliquer à faire le moins de poussier possible, car, d'après les cliefs fondeurs, quand le minerai est trop fin, au lieu de s'arrêter entre les cliarbons, il descend quelquefois directement dans la cuve; comme dans sa course il n'a pas le temps de se réduire, en tombant au
(Haut fourneau employé par les industriels Al Ifim-nan,
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