‹ La province de QuebecChapitre 14 sur 43 · XII | INSTITUTIONS RELIGIEUSES ET DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

XII | INSTITUTIONS RELIGIEUSES ET DE BIENFAISANCE

La physionomie sociale de notre province ne serait pas complète, si nous ne disions un mot des institutions religieuses et de bienfaisance qui en font le plus bel ornement.

Envisagé soit au point de vue catholique, soit au point de vue protestant, le peuple de la province de Québec est éminemment religieux.

Les premiers colons de la nouvelle France, remarquables par leur esprit de foi autant que par la hardiesse de leurs entreprises, ne se considérèrent régulièrement établis ici, que lorsqu'ils y eurent emplanté les principales institutions religieuses, qu'ils avaient appris à chérir dans leur patrie. Aussi, à peine avaient-ils jeté les fondements de leurs premières villes, que déjà leurs missionnaires se répandaient aux extremités les plus reculées du Canada, évangélisant les tribus indiennes, préparant les voies à la colonisation, marquant d’avance dans ces solitudes l'emplacement des forteresses et des villes futures. En même temps les Sœurs Hospitalières venaient prendre soin de leurs malades, les Ursulines et les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame venaient se consacrer à l'instruction de leurs jeunes filles ‘ainsi qu’à celle des enfants sauvages. Fidèles à leurs commencements, ces institutions, richement dotées pour la plupart, soit par le gouvernement, soit par des particuliers, se multiplièrent à mesure que les progrès dé la colonie le permirent. |

Le changement de domination n'apporta aucune entrave au mode d'existence des ordres religieux ; tous, à l'exception de celui des Jésuites et de celui des Récollets, furent maintenus dans leurs priviléges, et continuèrent à remplir le but de leurs fondations respectives. Aujourd'hui la vitalité de ces institutions est véritablement extraordinaire; elles ont couvert la province de leurs établissements d'éducation ; elles prodiguent tous les secours religieux à la population, il n’est pas une uisère morale, pas une infirmité physique à laquelle elles n'aient élevé un asile. Non contentes de cela, elles ônt étendu leurs ramifications au dehors : allez sur n'importe quel poiat du continent, et partout vous trouverez les traces du missionnaire ou de la religiense du Canada : partout aussi vous les verrez entourés du respect et de la confiance des populations de toute origine et de toute religion.

Sous la domination française, le culte catholique était seul professé. Par les actes de capitulation, et plus tard par Je traité de Paris, le libre exercice en fut garanti aux habitants de cette province par gouvernement britannique. Depuis lors, les catholiques du Canad: ont joui de la liberté religieuse la plus entière.

Après ce que nous venons d'exposer au sujet de l'éducation, 11 n'est œuère besoin de dire qu’en matière de religion la plus parfaite tolérance existe entre les différents cultes professés par la population de la province.

A côté des institutions de bienfaisance des catholiques, ont grandi et prospéré celles des autres communions religieuses, n'ayant entre elles d'autre rivalité que celle du bien.

Obéissant en cela au vœu de toute la population, le gouvernement de la province consacre chaque année une partie considérable de ses revenus, environ huit cent mille francs par an, au soutien des institutions de bienfaisance.

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