XX PU CANTONS DE L'EST
Il est peu de régions en Canada qui offrent plus de ressources à lé migrant que les Cantons.de l'Est. Sherbrooke, qui est la principale ville de cette contrée, se trouve à 120 milles de Québec, c'est-à-dire, à une distance de cinq heures par voie ferrée de la capitale de la Province.
Sherbrooke est une-des villes les plus belles et surtout les plus pittoresques du Canada. Kile ressemble beaucoup à notre ville de Spa, visitée chaque année par un si grand nombre de touristes.
La proximité où sont les Cantons de l'Est des marchés américains, les grandes facilités que les voies ferrées du Grand-Tronc, du Québec- Central, de l'International, du Passumpsie et du Waterloo & Magog, fournissent pour le transport de leurs produits à ces marchés et à ceux de là Puissance, sont pour l'agriculteur autant d'avantages dont l’importance ne saurait être trop signalée.
L'hiver y est moins rigoureux qu'à Québec. Le printemps y ‘commence beaucoup plustôt et l'automne plus tard, ce qui présente au cultivateur d'autres avantages dont il doit tenir compte.
Grâce à la configuration montagneuse du pays et aux nombreux cours d'eau provenant des lacs, rivières et ruisseaux, les Cantons de l'Est possèdent non seulement des moyens d'irrigation suffisante pour
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les récoltes, mais encore des pouvoirs d'eau considérables pour fins manufacturières.
Le bois franc abonde partout ; et, après le défrichement,on trouve un sol fertile, en général assez léger, mais tout à fait propre à la culture des céréales et des légumes. Une des principales causes de Ia rapidité des succès obtenus par les défricheurs des Cantons de PEst, c'est que dans ces terres hautes, dès la première année on peut semer et récolter: souvent même les cendres du bois brûlé pour faire place au grain contribuent à solder une bonne partie du défrichement.
Les richesses minières ont aussi attiré, depuis un certain nombre d'aunées, une population considérable dans les Cantons de P'Est.
Comme région propre au pacage, aucun pays n'est supérieur aux Cantons. On s'y occupe beaucoup aujourd’hui de l'élevage du bétail et de la production des laines. Cette branche importante de l'industrie agricole trouve dans les marchés américains une source d'encourawement et de profits. Depuis quelques années, on y a importé avec erand succès les meilleures races de moutons et de bêtes à cornes d'Angleterre, et aux expositions des Etats-Unis, les éleveurs des Cantons de l'Est ont fréquemment remporté les prix pour leurs bestiaux.
Ayant accès à un double marché, par suite de la proximité où ils se trouvent de la frontière, beaucoup de eultivateurs des Cantons ont de vastes exploitations agricoles. La moyenne des exploitations varie de 100 à 600 acres: circonstance qui y rend la main d'œuvre très recherchée et les gages constamment élevés.
Le gouvernement possède dans cette région 920,300 acres de terr c en friche qu'il est disposé à vendre à des conditions très raisonnables. La Compagnie des Terres Anglo-Américaine offre aussi quantité d'excellents lots en vente, et de simples particuliers sont propriétaires de terrains dont ils peuvent disposer.
Les terres du gouvernement se vendent uniformément de 50 à üU centins l'acre. Quant à celles occupées par les particuliers, la quotité du prix dépend beaucoup de la localité, de la proximité des villes et des villages, des routes et des moyens de communication avec les principaux marchés; mais, terme moyen, le prix de l’acre peut être estimé à 6 piastres, bien entendu lorsqu'on achète à au moins 3 milles des
orands centres.
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Le colon venant d'Angleterre, d'Frlande où d'Ecosse, trouvera! dans les Cantons chacune de ces diverses naticnalités largement représentée, Nulle part dans la province il ne se trouvera plus chez lui que, dans la partie sud-ouest de cette région. La population de langue anglaise se compose en partie des descendants des royalistes qui ont quitté les Etats-Unis à l'époque de la déclaration de l'Indépendance Américaine, Les Canadiens-Français s’y sont portés en grand nombre depuis 1848, et rivalisent déjà d'importance avec eux,
Le cultivateur, avec des moyens restreiñts, peut devenir possesseur d'une terre partiellement défrichée ; le travailleur agricole est sûr d'y obtenir un emploi immédiat, aussi bien que le mineur et l’ouvrier. De
son côté, le capitaliste trouvera un excellent placement de ses fonds.
dans cette contrée, où l’industrie agricole et manufacturière n'a besoin pour être sans rivale que d’un léger accroissement de capital.