‹ La province de QuebecChapitre 8 sur 43 · PS) NE · texte numérisé non relu

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grégations religieuses peu importantes en nombre. La population d'origine française occupe à elle seule presque tout le bassin du St. Laurent, ct elle se répand rapidement dans les autres parties de la province. La population originaire des [les Britanniques est surtout soncentrée dans les villes, elle domine dans la partie sud des Cantons de l'Est et dans la vallée d'Ottawa.

La diversité d'origines et de langues, loin d'être une cause de fai- Blesse pour notre population, est considérée par un grand nombre éomme un élément de progrès et d'activité. Chaque race apporte dans le mouvement révulier de notre jeune société ses aptitudes partieulières et son génie spécial ; de la combinaison de ces forces naît une saine émulation, et de là uhe impulsion vigoureuse dans toutes les earrières qui nous sont ouvertes.

D'après des renseignements puisés aux meilleures sources, il appert que le nombre des émigrants français qui passèrent de France au Canada, depuis l'établissement de la colonie jusqu’à la prise de Québec en 1759, c'est-à-dire dans l’espace de cent quarante ans, ne s’est pas élevé à plus de dix mille personnes des deux sexes. Ainsi qu'il a déjà été dit précédemment, lors du traité de Paris par lequel le Canada fut cédé à la Couronne Britannique, la population française s'élevait à 70,000. Le changement de domination ayant coupé court à toutes leurs relations avec l’ancienne mère-patrie, les Canadiens restèrent, socialement parlant, ce que les avait faits la France de Louis XTV, et n'augmentèrent désormais en nombre que par leur expansion aaturelle, c'est-à-dire par l’excédant des naissances sur les décès.

Un écrivain français de beaucoup de mérite, M. E. Rameau, qui a visité ce pays, 1] y à vingt ans, et qui à fait une étude approfondie de la colonisation française en Amérique, a retracé avec une grande présion les sources de provenance des différents groupes de population franco-américaine, Dans son livre intitulée : La France aux Colonies, il résume en ces termes, aussi frappants d'exactitude que remarquables de forme, le résultat de ses recherches au sujet des Canadiens-fran- GAS :

‘ La population qui fait l’objet de cette étude, dit], n'a point eu pour origine, comme plusieurs ont pu le penser, quelques aventuriers, -u2lques hommes de hasard, quelques individus déclassés et enrôlés par l'Etat. Ce fut l'immigration réelle d'un élément intésral de la

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mation française, paysans, soldats, bourgeois et seigneurs; une colonie dans le sens romain du mot, qui a importé la patrie tout entière avec elle. Le fond de ce peuple, c’est un véritable démembrement de la souche de nos paysans français; leurs familles, cherchées et groupées avec un soin particulier, ont transporté avec elles, les mœurs, les habitudes, les locutions de leurs cantons paternels, au point d’étonner encore aujourd'hui le voyageur français; ce sont aussi des soldats licenciés s'établissant sur le sol, officiers en tête, sous la protection du drapeau; voilà les principes essentiels et originaires de la population canadienne.”

Depuis la cession du Canada par la France à l'Angleterre; limmigration française en cette province à été à peu près nulle; les exceptions sont si rares, que l’on peut dire qu'elle a complètement cessé jusqu'à l’année 1871 : grâces à l’active propagande organisée en France et en Belgique, un faible courant à commencé à s’établir en 1871 ; au-delà de 700 émigrants nous sont arrivés de France en 1872 et environ 300 de la Belgique.

Les premiers émigrants anglais arrivés ici à la suite du traité de Paris en 1763, s'établirent dans les villes et se livrèrent exclusivement au commerce dont ils conquirent en peu de temps le monopole, grâce à la disparition des anciens nésociants que la conquête avait complètement ruinés pour la plupart. Depuis le commencement de la guerre, les monnaies d’or et d'argent avaient presque cessé de circu: ler ; on les avait forcés d'accepter au pair les assignats du gouvernement, et finalement ces assignats avaient été répudiés. Ce ne fut que vers 1832 que les Canadiens commencèrent à se relever de ce grand désastre commercial, à se créer un crédit en Europe, et à reprendre petit à petit, leur place dans les hautes opérations du négoce.

Ainsi que nous l'avons déjà remarqué précédemment, la guerre de l'indépendance américaine jeta en Canada un nombre considérable de royalistes, qui préférèrent le vieux drapeau à la jeune république qu’ils avaient combattue. En reconnaissance de leur fidélité, le gouvernement anglais leur offrit de magnifiques concessions de terres dans les Cantons de l'Est et dans la fertile péninsule formée par les grands lacs du Haut-Canada. La majorité alla du côté où le sol paraissait plus séduisant, et commença, à proprement parler, la colonisation de Ja Province d'Ontario. Les autres vinrent s'établir dans la partie sud

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des Cantons de l'Est, aux environs de la rivière St. François, et formèrent dans la Province de Québec, la première colonie agricole d’origine britannique. Pendant longtemps la plupart des émigrants des Iles Britanniques se dirigèrent de ce côté par petits détachements, et y formèrent un district florissant à l'image de leur mère-patrie. Plus tard, ils se portèrent dans la vallée de l’'Ottawa, où. orèce à l’exploitation des forêts, ils ne tardèrent pas à fonder des établissements pros-pères.

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