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CHAPITRE III

U commencement de ce siècle, le commerce du bois qui servait à la construction et à l’alimentation de la marine marchande britannique étant devenu très difficile, par suite du blocus continental imposé par Napoléon dans tous les ports du nord de l’Europe, les Anglais durent chercher ailleurs de nouvelles sources d’approvisionnement et tournèrent les yeux vers leurs colonies d'Amérique que la France leur avait cédées en 1763. et qui comprenaient une immense étendue toute ombragée de forêts épaisses, où nul bûcheron n'avait encore porté la main.

La nouvelle industrie qui allait s'ouvrir, grace à la nécessité où se trouvait l'Angleterre, ne fut d’abord, comme toutes les industries naissantes, que

d'une importance peu appréciable. En effet, l'Angleterre ne retirait encore, en I8OO, que 26,000 tonnes de bois des forêts d'Amérique ; mais en 1810, cette quantité était portée à 123,300 tonnes, et en 1820, à plus de 300,000 tonnes. Dès lors, cette industrie continua de suivre une progression croissante. Elle donnait à l'exportation, en 1850, 1,052,.- S17 tonnes et, en 1881, 1,301,301 tonnes, |

En présence de ces résultats magnifiques, l'homme fit aux arbres une guerre acharnée, Les troncs aux dimensions marchandes ne tardèrent pas à disparaitre du cours inférieur des rivières navigables ou flottables, que l'exploitant remonta jusque vers la source des cours d'eau qui avaient été les premières voies de transport. C'est ainsi que le pin blanc ou jaune, Île meilleur bois de construction du pays, a été presque entièrement rasé sur d'immenses surfaces et que l'épinette blanche, et surtout l’épinette rouge ont pris sa place et constituent aujourd'hui la principale ressource des forêts canadiennes. Mais ces forêts sont restées si vastes et si touffues, malgré les ravages des feux et ceux qu'a perpétrés la main de l’homme, qu'on ne voit pas encore le jour où elles cesseront d'offrir à l’industrie, sous une foule de formes, soit anciennes, comme celle de la construction, soit nouvelles, comme celle de la pulpe qui en dérive, des ressources à vrai dire illimitées.

La valeur des produits des forêts canadiennes, calculée d’après le recensement de 1891, était de 80.- 000,000 de dullars, soit 400,000,000 de francs.

DAHHAO AU LNANATANVA

Les quatre provinces d’'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Kcosse, seules, contribuaient à cette production pour une valeur de $67,265,000, ou près de 340,000,000 de francs.

Il est absolument impossible d'établir exactement la superficie des terres forestières ou boisées du Canada ; on a pu, il est vrai, déterminer dernièrement l'étendue exacte de la province de Québec. après des calculs antérieurs dont l’inexactitude a été finalement démontrée. Ainsi on ne lui donnait généralement, dans les livres officiels et ceux qui s'en inspiraient, qu'une superficie d'environ 227,000 milles carrés, tandis qu’elle en comprenait réellement 241,460.

Ajoutons à ce chiffre 105,468 milles, qui représentent l'étendue de la nouvelle accession de territoire apportée au nord de la province par un décret du parlement fédéral, en date du 8 juillet 1896, et nous aurons le grand totai de 346,928 milles carrés, à peu près autant que la superficie entière de la France et de la Prusse réunies. Portons approximativement, et en chiffres ronds, à 225,000 milles carrés l'étendue des terrains boisés, et nous verrons sur quel champ pour ainsi dire infini pourra encore s'exercer l’industrie forestière, durant une longue suite d'années.

On a calculé que, jusqu’à présent, environ trentecinq genres d'industries ou de métiers tiraient des

forêts leur matière première. A l’époque du dernier recensement, c'est-à-dire en 1891, la valeur de ces produits réunis atteignait, pour tout le Canada, près de six cents millions de francs. La province de Québec, seule, fournissait à l'exportation plus des deuxcinquièmes des produits dont ce chiffre représentait la valeur.

Presque toute la production qui, chaque année, est offerte sur les marchés, provient des terres de la Couronne, dont les torêts subdivisées par lots dits “ limites ” sont affermées au plus haut enchérisseur. Outre le prix d’adjudication, celui-ci doit payer un loyer minime par unité de surface, plus une taxe, variable suivant l'essence de l'arbre abattu, et que l’on appelle ‘ droit de coupe ”.

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