INSTRUCTION PUBLIQUE
La direction de l'instruction publique est confiée à un fonctionnaire nommé par le gouvernement et qui a le titre de surintendant de l’instruction publique. Le surintendant a pour l'aider dans ses fonctions un conseil composé de vingt-cinq membres dont dix-sept sont catholiques et huit protestants. Entrent de droit dans ce conseil les huit évêques catholiques de la province. Ce conseil général se divise en comités catholiques et j»":stants, le premier composé de dix-sept membres et le second de huit, ces derniers étant autorisés par la loi à s’adjoindre cinq membres supplémentaires.
Le conseil général de l'instruction publique est présidé par le surintendant ; sa mission est de faire fonctionner tous les rouages de notre système scolaire.
L'instruction primaire est obligatoire, en ce sens que tous les citoyens sont tenus de contribuer au maintien des écoles, au moyen d'une taxe modique imposée sur leurs propriétés, et produisant un montant égâl à l subvention scolaire accordée gr le gouvernement à chaque munici-
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palité. Chaque père de famille est tenu en outre de payer une rétribution mensuelle, variant de vingt-cinq centins à deux francs, pour chaque enfant en âge de fréquenter l'école, (de sept à quatorze ans,) qu'ils y assissent ou non.
Les deniers publics affectés à l'enseignement sont répartis proportionnellement à la‘ population et au nombre d'élèves qui fréquentent chaque école primaire ou autre institution d'éducation. Une somme de quarante mille francs est affectée annuellement au soutien des écoles dans les municipalités pauvres, en sorte que les personnes qui n’ont que le nécessaire ne sont pas inquiétées pour leurs contributions scolaires.
Les écoles primaires sont placées sous la direction et le contrôle de cinq commissaires élus par les contribuables de chaque municipalité. Ces officiers sont chargés de prélever les contributions scolaires ; ils recoivent la subvention du gouvernement, et répartissent le tout entre les différentes écoles établies dans la municipalité.
Les instituteurs sont formés dans des écoles spéciales de pédagogie appelées écoles normales. Ces institutions sont maintenues par l'Etat et placées sous la direction immédiate du ministre de l'instruction publique ; elles sont au nombre de trois, dont deux catholiques et une protestante. “Les écoles normales catholiques ont chacune pour supérieur un ecclésiastique approuvé par l'évêque diocésain. Les instituteurs formés en dehors de ces écoles n’ont le droit d'enseigner dans les écoles subventionnées par le gouvernement, que lorsqu'ils sont munis d’un brevet de capacité accordé par un bureau d’examinateurs choisi par le Lieutenant-Gouverneur.
On compte aujourd’hui dans la Province de Québec, 4,156 écoles primaires fréquentées par 162,968 élèves, 388 écoles secondaires et modèles, fréquentées par 37,839 élèves.
Des inspecteurs attachés au ministère de l'instruction publique et agissant sous sa direction immédiate, sont chargés de visiter au moins tous les trois mois les écoles du district pour lequel ils sont nommés, de s'assurer des qualifications des instituteurs et de la manière dont ils s’acquittent de leurs devoirs, en un mot de veiller au bon fonctionnement des lois scolaires, et de signaler dans leurs rapports au ministre les réformes à appliquer et les progrès réalisés.
En dehors de l’enseignement primaire se trouvent les écoles spéciales, au nombre de 19, et fréquentées par@ 539 élèves.
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Viennent ensuite les colléges classiques, qui sont au nombre de 26, dont 18 catholiques et 8 protestants, Les colléges catholiques, dont deux datent presque des premiers temps de la colonie, doivent en grande partie leur fondation à la générosité des membres du clergé, et c'est grâce à leur désintéressement qu'ils trouvent moyen de prospérer, tout en instruisant la jeunesse ‘à un bon marché inouï, Les professeurs sont généralement des ecclésiastiques qui font leur cours de théologie dans l'institution même, et qui se contentent d'une rémunération de 200 francs environ par année avec nourriture et logement, (Cela explique comment nos colléges classiques peuvent subsister avec les prix de pension qui leur sont payés par les élèves. En moyenne la pension ne s'élève pas à cinq cents francs, et un grand nombre de jeunes gens pauvres reçoivent leurs cours gratuitement.
Rien d'étonnant, qu'avec un système d'enseignement classique anssi peu dispendieux, la haute éducation soit très répandue dans la Province. Aussi l’est-elle à un point qu'elle ne pourrait guère dépasser sans rompre l'équilibre qui doit nécessairement exister, dans une jeune société comme la nôtre, entre le travail intellectuel et le travail manuel.
Au sommet de l’organisation de l’enseignement se trouvent trois Universités, dont deux protestantes : l’Université du Collége McGill, fondée en 1827, par un riche marchand qui lui a donné son nom, et le Seminaire Anglicain de Lennoxville, fondé en 1843, par Sa Seigneurie l'Evêque Mountain ;—et une catholique, l’Université Laval, qui est incorporée comme les Universités "anglaises, et jouit de tous les privilèges et immunités, sans avoir cependant rien de commun avec elles, ni avec aucune autre sur ce continent. Cette institution a été fondée en 1854 par le Séminaire de Québec, qui a consacré à cette œuvre plus d’un million et demi de francs, et qui la soutient de ses propres deniers, san£ demander aucune subvention à l'Etat.
L'Université Laval possède quatre facultés en pleine opération : Théologie, Droit, Médecine et Beaux-Arts; le Collége McGill en pos-
sède trois: Droit, Médecine et Beaux-Arts; le Séminaire Anglican. de Lennoxville en possède deux, celle de Théologie et celle de Droit.