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PRINCIPAI.ES ESPECES DE BOIS

Le lecteur trouvera dans le tableau ci-dessous les principales essences de bois canadiennes, qui servent tant à l'exportation qu'à la consommation domestique.

Le " pin blanc " (Weymouth Pine, Pinus

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strobus) s'exporte à l'état de planches et madriers ou par troncs équarris. C'était autrefois le principal bois de commerce, mais il a beaucoup diminué, quoiqu'il soit encore très abondant vers le haut des cours d'eau. Le Pin jaune, que l'on confond souvent avec le pin blanc, est plus robuste que ce dernier.

Tous les pins, surtout le pin blanc, sont assez difficiles à traiter par les procédés chimiques, mais fournissent une pulpe dont la fibre est très fine et très forte. A raison de leur prix élevé, on n'emploie ces bois que pour la préparation des pâtes chimiques, qui se vendent beaucoup plus cher que les pâtes mécaniques.

Le Pin rouge, pinus resinosa, est moins exploité que les précédents ; il contient plus de résine et dure davantage.

JJ'Epinetie blanche, picea alba, moins grande que le pin, n'en est pas moins un arbre de belle taille dont le bois s'exporte en madriers, voliges, lattes, chevrons, etc. C'est le meilleur de tous les bois et le plus recherché pour faire de la pulpe. Il produit une fibre fine, forte, des plus faciles à blanchir dans la fabrication par les procédés chimiques. Dans le procédé

mécanique, il se moud avec facilité et ne fait pas de grumeaux.

'VEpinette noire ou grise, picea nigra, se réduit facilement par le procédé au bisulfite en une pulpe forte, à longues fibres. Dans le procédé mécanique, elle se travaille aussi facilement que l'épinette blanche et produit une fibre de qualité supérieure, surtout à raison de sa finesse.

IS Epinette roiige (tamarac), larix americana, est le mélèze d'Amérique ; on l'utilise notamment pour la construction des navires. Elle est difficile à traiter par le procédé chimique ou mécanique ; elle empâte les meules et donne une fibre gommeuse qu'il est presque impossible de blanchir.

La Pruche^ abies canadensis, dont l'écorce pesante est riche en tanin ; son bois a le mérite de se conserver longtemps sous terre ou immergé. Il fournit quantité de traverses de chemin de fer à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, et donne une pulpe à peu près semblable à celle de l'épinette ; mais il est plus difficile à traiter par les procédés chimiques, sans compter que la pâte fait des grumeaux, quand on la mêle avec de l'épinette.

Le Sapin baumier^ abies balsamea, fournit une gomme bienfaisante en cas de blessure ; le bois de ce sapin étant fort tendre ne convient pas pour la construction, mais la boissellerie en fait grand usage.

Le Sapin rouge ou sapin d'Amérique, abies america, qui correspond à peu près à l'épinette de la Scandinavie, ou abies putinata des Européens, et qui pousse dans les terrains siluriens de la partie sud-est de la province, est une essence de première qualité pour la fabrication de la pulpe. Ce bois a la même couleur que l'épinette blanche et n'est pas plus gommeux.

Le Cèdre blanc^ thuja occidentalis, est un arbre très répandu et de belle grandeur ; il est surtout merveilleusement durable. On l'emploie pour pilotis, ponceaux, clôtures, poteaux télégraphiques, embarcations légères, etc.

\JErable^ dont la feuille est l'emblème national du Canada, est le meilleur bois de chauffage qui existe.

La variété connue sous le nom d'érable à sucre, est très exploitée pour la production d'un sucre excellent, mais on n'a pas su en tirer jusqu'à présent tout le parti qu'elle offre.

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Toute la production sucrière de la région canadienne, appelée La Beauce, se vend chaque année aux Etats-Unis.

Une autre variété au grain bouclé, est très recherchée par les ébénistes.

\J Erable à Giguère^ " plane," est très recherché pour ombrager les routes et les jardins.

IvC Chêne blanc^ et le Chêne rouge^ quercus alba, quercus rubra, sont des arbres grands et robustes.

Le Frêne blanc et le Frêne noir sont également de grands arbres atteignant jusqu'à quinze mètres de haut.

Aussi longtemps qu'il conserve un peu de sève, le frêne est le plus flexible des bois du pays ; en séchant, il devient léger sans cesser d'être résistant. Le frêne est particulièrement utile pour les ouvrages en bois tourné, meubles, pièces de charronnerie, cercles de tonneaux et de cuves, certains manches d'outils, etc. On en fait des avirons excellents, des instruments aratoires, des boiseries, etc.

Le Noyer blanc^ dont le bois compact, tenace et flexible est surtout employé dans la carrosserie, la fabrication des manches d'outils des instruments aratoires, etc.

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Le Noyer à noix douce ressemble au précédent.

Le Noyer tendre ou à noix longue donne un beau bois d'ébénisterie.

\J Orme blanc^ ulmus americana, est un grand arbre dont les branches en se recourbant forment comme un gigantesque bouquet aux longues tiges flexibles. Son bois fait de bonnes charpentes, des moyeux, jantes de roues, carènes de navires et roues de moulins.

Le Bouleau blanc^ dont le tronc blanc, lisse, élancé, atteint jusqu'à vingt pieds de hauteur ; l'écorce est composée d'enveloppes superposées, très minces, se déroulant comme le ferait du papier. On utilise son bois surtout pour fabriquer des fuseaux et des bobines pour les filatures. Avec l'écorce, les Indiens font des canots, résistants et légers, propres aux transports sur des rivières au cours impétueux, où il serait presque impossible de faire manœuvrer d'autres embarcations.

Le bouleau blanc donne une pulpe aussi facile à blanchir que celle fournie par le peuplier. Dans le procédé mécanique, c'est un bois trop dur à moudre pour être d'un emploi profitable.

Le Peuplier est le bois le plus généralement employé dans les usines où l'on pratique le procédé à la soude. Ce bois se travaille admirablement par le procédé mécanique,

Tremble^ Aspen, Populus trimuloïdes.

Mêmes qualités que le peuplier, mais moins employé, à raison des veines et des nœuds noirs qu'il renferme souvent et qui entachent la couleur de la pâte, surtout dans le procédé mécanique. Ces inconvénients sont peu sentis, quand on traite le tremble par le procédé à la soude, qui a pour effet de décomposer les matières colorantes.

Bois blanc^ (Bass wood, Tilia americana.) Ce bois devenu rare, se travaille facilement et rend une pulpe semblable à celle du peuplier.

Cyprès^ (Pinus banksiana). Il est plus difficile à traiter que l'épinette par les procédés chimiques, mais il donne une fibre aussi longue. Dans le procédé mécanique, il équivaut au bon sapin.

Le Merisier blanc se transforme assez facilement en une pâte qui ressemble beaucoup à celle du peuplier. Il est plus lourd que le bouleau et s'emploie dans la menuiserie, dans l'ébénisterie.

Le Merisier rouge fait un excellent bois de chauffage. On l'emploie dans l'ébénisterie.

Hêtre^ (beech, fagus ferrugina). Dans les procédés chimiques, il est plus difficile à travailler que les autres bois, mais il donne une fibre souple et facile à blanchir. A cause de sa dureté, il est utilisable par le procédé mécanique.

Pratiquement parlant, il n'y a que l'épinette, le sapin, le peuplier et le tremble qui soient employés dans l'industrie de la pulpe, et l'on peut dire que l'avenir de cette industrie appartient aux contrées où ces essences ligneuses se trouvent en abondance et d'accès facile.

Mentionnons encore le tilleul^ le platane, le noyer noir piqué^ le frêne nioirè^ le cMre rouge^ et nous aurons donné une liste suffifisamment complète des essences les plus connues et les plus utiles des forêts canadiennes.

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