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MORT DE SYDENHAM

C'était un homme sûr et d'un dévouement absolu. Un écrivain d'une revue anglaise a dit de lui qu'il était «dévoué cœur et âme à l'Angleterre.') Il se sentait appuyé par lord John Russell, alors ministre des colonies, ce qui lui donnait une grande assurance dans tous ses actes politiques. Il était l'homme le moins scrupuleux du monde, et fait plutôt pour être un chef de parti que pour être le gouverneur d'une colonie. Sa conscience, très élastique, ne le faisait pas hésiter à intervenir personnellement dans les élections, comme on l'a vu pour celle de Terrebonne, et il a pu s'immiscer dans la politique jusqu'au point de provoquer Taccusation d'avoir pratiqué la corruption au sein même de la représentation nationale.

Il a laissé dans la mémoire des Canadiensfrançais un souvenir plus détestable que celui de Durham, auquel d'ailleurs, intellectuellement, il était bien inférieur. Il s'était proposé l'écrasement des Canadiens-français. Il crut un instant avoir réussi et dans un moment de joie, après l'ouverture du premier parlement de l'Union, il écrivait à un de ses amis : « Il vous plaira d'apprendre que la première expérience que nous venons de faire de l'Union a

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plus que répondu à toutes mes espérances. J'ai toujours considéré que la première réunion du parlement serait la pierre de touche du nouveau système. L'entière ignorance des sentiments, du caractère, de l'histoire politique ou de rétat des partis, qui existe respectivement chez les habitants du Haut et du Bas- Canada, m'a toujours fait croire que l'ouverture du premier parlement serait le moment critique de cette grande œuvre.») — {Leth^e de lord Svde)i/ia»i^ 21 juin 1841).

Sydenham s'était donné tout entier à son œuvre; comme il l'avait prédit, il mourut sous le harnais ; il avait quarante-deux ans.

Il faut reconnaître à Sydenham certaines' qualités. Ainsi, il s'était efforcé, dans une certaine mesure, de mettre à exécution cette autre idée de Durham qui était d'accorder au Canada le gouvernement responsable. Aussi, dès le 27 juillet 1840, écrivait-il : « Le gouverneur ne peut faire usage de la prérogative de la Couronne dans la distribution des emplois qu'avec l'avis des officiers subordonnés. » On sait que, par officiers subordonnés, on entendait les ministres. Et auparavant, le 15 et le 16 octobre 1839, le grand protecteur de Sydenham, lord John Russell, lui écrivait des lettres tout

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