Arch. nationales
100 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.
de manque de la foi jurée envers des bandits, de conduite scandaleuse, de construction d'une salle de spectacle adossée aux vitraux d'une église, d'autres actes qui avaient soulevé les griefs delà population '. Le ministre devait en vérifier l'exactitude, et sa décision pouvait être déterminée non moins par les services ou l'influence du fonctionnaire incriminé que par l'intérêt supérieur de la justice.
Les députés de Bretagne restaient à Paris pendant l'intervalle des sessions poursuivre les affaires de la province. Ceux d'Artois avaient dans la rue de Grenelle, à Paris, un hôtel dit « des députés d'Artois- ». Les autres états se contentaient de confier leurs intérêts à des agents qui étaient souvent des avocats aux conseils et à qui ils donnaient des gages variant entre 600 et 2,000 frs. Le Languedoc nomma en 1770 un avocat, comme « solliciteur des affaires de la province au conseil, » pour suppléer les syndics généraux, dont les occupations à Paris étaient multipliées, surtout à cause de leur assistance au bureau du commerce 3. Les états attachaient le plus grand prix à l'entretien de relations suivies avec les ministres, et nous avons vu plus haut qu'ils s'efforçaient de les entretenir par les gratifications qu'ils leur donnaient, ainsi qu'à leurs secrétaires et à leurs commis. Les états d'Artois s'avisèrent même, en 1752, d'offrir à un ministre, le marquis d'Argenson, 30,000 frs. pour qu'il leur fût favorable. D'Argenson voulait les