‹ La provinciale; piece en trois actesChapitre 12 sur 68 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

affaires prospèrent... j'ai de bons amis... Tandis que lui! Tiens, dimanche, pendant que tu étais à la messe, j'étais allé me promener, j'avais pris le chemin qui côtoie la rivière î tout à coup qui aperçois-je, suivant la berge, tout seul ? Notre Maurice... Je l'appelle... Il accourt, rougissant d'avoir été surpris « en flagrant délit de poésie », dit-il... Les jeunes gens de son âge, le dimanche, tâchent de s'amuser. Lui, avait l'air malheureux et abandonné... Je l'ai invité à m'accompagner ; il aurait dîné avec nous : je t'en fiche! pas moyen de le décider... Je me suis retourné deux ou trois fois pour le voir rentrer en ville. Pauvre garçon ! (un silence.) Comment, tu pleures !

BERTHE, troublée.

Moi!

GEORGES

Tes yeux sont mouillés, (un sutnce.) Le père est un triste sire! Les jours de marché, monsieur le comte s'installe dans un bouge: Aux Deux Pigeons, et joue à l'écarté avec des marchands de bestiaux descendus de la montagne. L'autre jour. Le Rouge, un conducteur de diligence, l'a presque souffleté... parce qu'il retournait toujours le roi.

BERTHE

Quelle horreur !

GEORGES

Maurice n'aurait qu'à s'éprendre d'une belle et brave jeune fille, on la lui refuserait sans doute, à cause de ce misérable !

BERTHE, nerreuse.

Tu as audience ?

GEORGES

Oui, à dix heures.

16 LA PROVINCIALK.

BERTHE

Le déjeuner, à midi ?

Bien entendu.

ARDISSON, du cabi.iet.

Ah ! vous voilà !

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