ACTE DEUXIÈME
ARDISSON, haussant les épaules.
Des longueurs !... Moi je dirais tout simplement. « M. Ardisson ne se bat pas ! »
GEORGES
Hein?
ARDISSON
Ne... se... bat... pas!
GEORGES
Je serais arrivé à la même conclusion, mais... par le raisonnement... par insinuation...
ARDlSSON.
Tu me fais rire avec ton insinuation... Mon langage à moi est autrement net... Du moment que je ne me bats pas, le reste est inutile.
GEORGES
Alors, pourquoi nous envoies-tu ?
ARDISSON
Pour le leur dire.
GEORGES
Dis-le leur toi-même !
ARDISSON
Et la correction?... Tu viens de convenir que c'est la marche à suivre.
GEORGES
Je ne sais si Maurice acceptera ce rôle. . Comme ça, tout de suite, aller déclarer que son mandant ne se bat pas !
ARDISSON
Du moment que c'est la vérité... Es-tu partisan du duel, toi?
GEORGES
Non et oui. Cela dépend. Dans tous les cas, on reste chez soi, ou l'on discute.
ARDISSON
Allons donc! Ne pas répondre est une grossièreté, discuter une faiblesse... Qui admet la discussion admet la possibilité d'un tort et l'obligation de le réparer: moi, je n'admets rien.
GEORGES
Diable !
ARDISSON
Et pourquoi pas?... Voyons, on a vu combien je faisais peu de cas de la mort pendant l'influenza... Mais s'entendre traiter d'imbécile, et, recevoir un bon coup d'épéepar là-dessus: jamais de la vie ! Ce serait d'un naïf... Ah ! si le lieutenant Jandet veut venir sur le terrain avec deux bâtons, j'en suis. Armes égales!... Mais je ne suis pas assez chic pour me payer de la chevalerie.
GEORGES
Que veux-tu que je te dise !... Je doute fort que Maurice...