‹ La provinciale; piece en trois actesChapitre 67 sur 68 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

BERTHE, GEORGETTE, puis GEORGES.

GEORGETTE entre en courant et se jette au cou de sa mère.

Maman!... Ah! voilà maman!

BERTHE

GôOrgette! (eIIc la prend dans ses bras et la mange de caresses.) Oui,

ma chérie, c'est moi... Tu croyais peut-être?... Est-ce qu'on t'aurait dit?... Va, tu peux être tranquille. Ta maman t'aime bien trop : pas de danger que jamais elle te laisse... Mais comme tu as froid... ton pauvre petit visage est glacé... — Viens, mon ange aimé, viens que je te réchauffe... Geor-

gette! Ma Georgette ! (Apercevant Georges, entré depuis un moment.)

Ah!...

Elle dépose l'enfant, se lève et reste debout derant son mari, les yeux baissés GEORGES, de la porte, à Georgette, d'une voix caressante.

Va, ma petite... laisse-nous un instant... va trouver Mélanie. (Georgette sort. — A Berthe.) Je VOUS croyais partie... Mais il y a l'enfant et vous êtes restée. Soit! Quant à être pardonnée, VOUS devez comprendre... Pardonner!... un mot à effet... un mot creux qui ne signifie rien! Restons positifs... Vous absente, j'eusse tâché de vous remplacer auprès de notre fille. Votre présence au moins simplifie mon rôle de père... me permettra de concentrer tous mes efforts sur ceci: faire de ma fille une honnête femme! (un silence. Berthe ne bronche pas.) Entre VOUS et moi, VOUS le comprenez, il n'y a plus de possib e désormais qu'une chose : être des associés...

de simples associés... pour accomplir une œuvre sérieuse et nécessaire... Une œuvre qui ne prendra fin qu'avec nous et suffira à remplir nos deux existences... faute de mieux!

(un silence.) Maintenant, appelez Georgelte (Oe laponedeson cabinet.)

Et faites servir le plus tôt possible, je passerai la nuit à travailler,

11 enlre dans son cabinet et referme la porte.

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