‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 166 sur 174 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

CAUSES DE L'ÉCHEC DE LA RÉVOLUTION DE 1848. SES EFFETS DURABLES EN ALLEMAGNE ET EN PRUSSE

Ainsi le grand mouvement de i848 prenait fin en Prusse ; il s'était formé sur un besoin de renouvellement intérieur et sur un espoir d'unité allemande. Après une année d'agitation, le parti de réaction prenait le pouvoir pour longtemps, et la formation de l'unité nationale semblait plus éloignée que jamais. La Révolution paraissait donc échouer définitivement.

Les causes de cet échec sont multiples et variées. Les unes tiennent à la situation de l'Europe entière ; d'autres proviennent de l'état des populations allemandes ; d'autres encore sont inhérentes à des hésitations ou à des fautes personnelles.

A la même époque, partout s'imposait en Europe un esprit de froide et dure réaction. En France, l'élection du prince Louis-Napoléon Bonaparte à la présence de la République, amenait la période troublée de l'Assemblée législative et préparait le coup d'Etat. A Rome, les troupes

202 h\ PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848

de la République française intervenaient en faveur de la papauté ; la République romaine s'effondrait h peine constituée ; le tribunal de la Sainte-Inquisition rétablissait l'ordre dans la rue et dans les esprits. La Lombardie et la Vénétie retombaient sous le joug de l'Autriche ; Vienne était matée depuis longtemps ; la Hongrie résistait encore, mais en août les troupes magyares étaient écrasées par les Russes, le pays était livré h une soldatesque barbare qui le traitait en terre conquise. Les peuples paraissaient soumis, la page de iS/jS semblait arrachée, anéantie.

Peut-être la Révolution de i8/i8 avait-elle éclaté trop brusquement ; les idées nouvelles, nationalité et socialisme, n'étaient pas encore mûres, et les peuples n'étaient pas prêts pour les imposer. Le suffrage universel fut brusquement adopté en France, en Allemagne, en Prusse, à Rome ; c'était prématuré ; les électeurs n'y étaient pas préparés et ne surent faire usage de cette arme trop nouvelle. Les revendications sociales s'affirmèrent à Paris, h Berlin, à Vienne, avec trop d'àpreté et se transformèrent en excès regrettables : les partisans de l'ancien régime en tirèrent un habile parti : ils exploitèrent l' « hydre révolutionnaire » et brandirent le drapeau rouge comme un épouvantail. Les bourgeois et campagnards prirent peur, se rebiffèrent contre tout progrès et nommèrent des chambres de réaction.

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CAUSES DE l'ÉCUEC DE LA KÉVOLLTION DE I 8^8 SqS

l } En Prusse, spécuilement, rien n'avait préparé le régime parlementaire; le peuple passa sans transition de l'obéissance passive à l'indépendance du suffrage universel; il en fut étonné et embarrassé. Le piétinement de l'Assemblée nationale et du Parlement allemand le déconcerta. Les insurrections de Berlin, de Francfort, de Vienne répouvantèrent. Les hésitations de ses députés sur la question allemande le déroutèrent. Il ne voyait rien aboutir. Il perdit toute foi au progrès. Il se laissa tomber, sans résistance et presque avec joie sous la coupe de l'administration.

^ Les bourgeois des villes, commerçants et industriels, éprouvèrent comme un besoin de se recueillir, d'examiner ces pensées nouvelles et de scruter pourquoi les réformes antérieures avaient partiellement échoué et l'unité nationale s'était évanouie. Les gens des campagnes, où les idées pénètrent plus lentement, ne s'étalent guère dégagés de l'influence des hobereaux et reprirent sans peine leur soumission d'antan. ?, Les hommes avaient manqué; certes les '^ bonnes intentions étaient multiples, mais il ne s'était pas levé de grande et forte volonté. Il est des heures, rares et courtes, où la décision d'un homme peut agir sur la vie des peuples. Mais une action prompte est nécessaire, car de tels instants sont fugitifs et rapide tourne la roue de

294 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848

la fortune. A trois reprises, en mnrs et en novembre i848, en avril iS^g, ces occasions décisives se présentèrent pour la Prusse : d'aucuns le comprirent, Bodelschwingh, Arnim, Radowitz ; c'étaient des hommes généreux et intelligents, mais de second plan, et chez eux la volonté n'était pas h la hauteur des intentions. Un roi aurait pu s'imposer et faire une monarchie allemande et moderne. Mais Frédéric- Guillaume IV se laissa entraver par des scrupules qui n'arrêtèrent ni Schwarzenberg en i85o, ni Bismarck en 1866 et 1870.

Ainsi finit la Révolution de i848; le calme se rétablit et pendant dix ans la Prusse sommeilla.

On tue les hommes, non les idées. Celles de 1848 ont survécu et quelques-uns des lointains espoirs sont devenus des réalités. L'Allemagne doit à cette époque, courte en jours mais riche en pensées, un sentiment plus vif de sa nationalité, un désir plus impérieux de liberté et

d'indépendance. ,NlO'^ \^'^'^^ '

Pour la troisi èm^e fois en trente ans, le peuple allemand, de la Baltique au Rhin, avait eu les mêmes espérances, les mêmes affections et les mêmes haines. Il avait cru « la patrie retrouvée, elle était perdue à nouveau* ». Cette déception

I. Pfister, Das dculsclie Vaterland iin XIX Jahrhunderl, p. 3/ifi.

CAUSES DE l'échec DE I,A HÉVOLLTIO\ DE iS/jS SQS

générale était encore une souffrance commune, elle reliait d'un nœud plus étroit les populations de l'Allemagne ; en leur rendant plus amer leur morcellement actuel, elle leur faisait plus chère et plus désirable leur réunion future. Malgré tout restait une espérance dans la mission allemande de la Prusse. Pendant un an, on avait regardé Frédéric-Guillaume IV comme le chef du nouvel empire; au nom de l'Allemagne, il avait guerroyé dans les duchés ; il avait toléré et même porté le drapeau impérial; au jour du danger, il était intervenu en Saxe et à Baden ; peuples et princes avaient eu besoin de lui. On pressentait que la couronne d'empire, refusée par le roi de Prusse, lui serait offerte à nouveau quelque jour et qu'il ne Técarterait pas.

Même les libéraux conservaient leur confiance à la maison de Prusse; en réalité, Frédéric- Guillaume IV ne s'était pas joué d'eux; car, au jour de son triomphe, il avait tenu ses promesses, et loin de rétablir un despotisme de fer, comme le faisait alors Scinvarzenberg ep. Autriche, il avait donné et maintenu un régime de raison. Certes, le parti libéral était exclu du gouvernement et presque des chambres ; mais il avait dorénavant le moyen d'agir sur le pays, d'exercer un contrôle sur la chose publique et, son heure venue, de conquérir de haute lutte le pouvoir.

296 L\ PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l8/i8

Douze ans plus tard, le moment semblait proche où le parti libéral gouvernerait la Prusse ; il avait la majorité à la Chambre populaire, le roi Guillaume était las de lui résister. Alors se présenta cet homme de forte trempe qui avait manqué en iS4S. Sans scrupules et sans préjugés, il reprit à son compte quelques-unes des idées qu'il avait ardemment combattues : partisan de l'Autriche, il l'abattit; Prussien ej^r^ime, il créa la patrie allemande ; adversaire du parlementarisme, il organisa le suffrage universel. Respectueux du passé, mais bien moderne, il forgea par le feu et le fer l'Allemagne et la Prusse nouvelles.

TABLE ALPHABKTIOUE

Alvenslol)cn, 273.

Arndt, 280. aSl).

Â.rnim-Boitzenl)uri( (Comte d'), 37, 59,83, 88, 96, 102, i44 et suiv., 167, 170, 17G,

Arnim (Baron Henri d'), 147,

Arnim -Henrichsdorf (Comte

Auerswald (Alfred d'), 62,

86, 87, 9G, 1^7 et la note

I, 167. note 2, 172.

Auerswald (Général Jean d),

i47 et la note, 207.

Auerswald (Rod. d'), i47 et

la note, 189, 2o3.

Augustenborg (Duc d), 1G2.

Bassermann, 97, 98, note 2,

Bcckerath, 58, 67, 76, 81,

Bcm, 277.

Behrens, 120.

Berends, 178, 181, i85, 211.

Berg, 213.

Beseler, 271.

Beust (Comte de), 188, 189,

Biedermann, 275.

Bismarck, iîg et suiv., 79, 81, 86, 96, 99, n3, i5o, 167, 160, 169, 172, 177, 197 et suiv., 2i4, 23i, 234. 236, 34i et suiv.

Blum, 3 12, note 2, 260.

Bodelschwingh, 87 et suiv., 54, note I, 59, 65, 74, 76, 78, 85, 92, 117 et suiv., I30, 126, i3i, i34etsuiv., i44 et suiv., 160, 171.

Bonin. i63.

Bonin, 2o5.

Borchardt, 178, 210.

Bornemann, i47-

Borstell, 137.

Boven, 90, 11 3.

Brandenburg, 207, 2i4 et suiv., 218 et suiv., 224, 23i etsuiv., 350,272,287.

Brandt, 211.

Bray, 267.

Bulow, 2 24-

Bulow-Cummerow, 32, 5i.

Bunsen, 122, 249, 263 et suiv., 272, 286.

Camphausen, 81, 83, 87, i49, 167 et suiv., 179, 182, 184.

TABLE ALPHABETIQUE

Canilz. 38. 76. 77, 91, ii4, 119, 1^7, 188.

Dahlmann, 109, 2^9, 261 et

suiv., 275. Dônhoff, ii4. 117, 12O.

Droysen. 97, 261.

Duesberg, 76.

Eichmann, 200.

Elisabeth (Reine de Prusse),

197' 199- Elsner, 212.

Ernest, duc de Saxe Cobourg

Gotha, 208.

Falckenstein, 187.

Ferdinand I, 253.

François Joseph, 203.

Frédéric-Guillaume I. 7- •

Frédéric-Guillaume II, 8.

Frédéric-Guillaume III, 1 1 et suiv.. l5, 23.

Frédéric-Guillaume IV, 26 et suiv., 33 et suiv., 54, 09, 63, 68,74, 77,88,91,99, loi et suiv., ii3 et suiv., 118, 126, i34 et suiv., i4i et suiv., i5o et suiv., 160, i65, 178 et suiv., 196 et suiv., 2i3 et suiv., 225 et suiv., 232,235, 248 et suiv., 263, 272 et suiv., 286 et suiv.

Frédéric (Prince de Prusse),

Frédéric \ II. de Danemark, 162, 25l.

Gagern (Henri de), 98, note 3, 99, 116, 164, 201, 209 et suiv., 262 et suiv.

Gagern (Max de), 116.

Gerlach (Le conseiller de), 196, 273.

Gerlach (Le général de), 11 3, 117, i42, 196, 2l4, 223, 23i, 236, 272, 286.

Gcrvinus, 5i et suiv., 97.

Gierke, 189.

Gladach, 191.

Gneisenau, i5.

Gôrres, 20.

Grabow, 180, 191, 210, 236.

GriJner. i5.

Guillaume (Prince de Prusse), 39 et suiv., 61, 68, 77, 125, i4i, i45 et suiv., 181 et suiv., 249. 277.

Hansemann, 69, 74. 85 et

suiv., 89, 96, 98, note 2,

Hardenberg, 9, 12, note i,

Hausser, 97.

Hecker, 33.

Held, 175. Henning, 32.

Hergcnhahn, 98, note 2, 222,

Herwarth von Bittenfeld, 223.

Hettgen, i38.

Heydt (Von der), 226, 232,

Hinkeldey, 234- Humboldt, i5, 80, i53.

Itzstein, 34.

Jacoby, 32, 5o, 1 10, 177,

Jean (Archiduc d Autriche),

196 et suiv., 201, 255, 285.

Jung, 174, 21 3.

Kaiser, 207.

TABLE ALPIIABETIQL'E

Ramplz, 39.

Rarbe, 174.

Kiebelt, loô.

Kiesker, 216.

kotzebue, 21.

K.ûhl\vettcr, 189, 208.

Kuhn. i38.

kiihne, 82, 147, 216, 224.

Ladenberg. 2o5, 216.

r>ancizolle, 82.

Latour, 212.

F>auterbach, iio.

I^eo, 82.

Lichnowsky, ôg, i48, 169,

Lola Montes, i, 106.

Louis I de Bavière, 107.

Maerckcr, 189.

ManleufleL 210 et suiv., 219,

230 et suiv., 281 et suiv.,

Mathy, 97, 98, note 2.

Miitze, 3^1.

Mettcrnich. 10 et suiv., 16,

30 et suiv.. 90, 102, 107,

III, ii4. i3i, lôo.

Mevissen. 60, 87, 98, note 2,

Mierolawski, io5, 1^8, 169.

Milde, 60. 77. 81 et suiv..

Minutoli, 128, 129, 1^8.

IMollendorf. i^o.

MuUer, 174.

ÎNatzmer, 1^2.

Neander, i4i.

Nesselrode, i64.

Nicolas I, 162 et suiv., 25i.

Niebuhr, 197.

Niegolevvski, 78.

Ottcnsosscr, 174.

Patow, 186.

Pfuel, i2't, 129, i30, 3o5,

Preuss, i38.

Prcuss, 149.

Priltwitz, i36 et suiv., 189,

Prokesch von Osten, 254.

Rabe, 22G.

Radowilz, 100 et suiv., ii3

et suiv., 249, 272, 276.

Rauch, 197, 372.

RaveauY, 177.

Rebfeld, 2ii.

Reibnilz, i4o.

Rcicbensperger, 284- Riesser. 80, 271, 275.

Rimpler, 219 et suiv.

Rintelen, 224. 282, 25o.

Rodbcrtus, 189, 212, 234,

Rochow, 88.

Roon, i4i.

Rother, 38. Rotteck, i4.

Ruckert. 130.

Sauckcn-Tarputschen, 86.

Savigny, 58, 1 19.

Schmerling, 254 et suiv.,

Schon, 5i, 180.

Schramm, 174.

Schreckenstein, iSy, 189.

Schultze. 210.

Schwarzenbcrg, 203 et suiv.,

255 et suiv., 260, 284. 289.

Schwerin, 57, 67, 88, 96,

i47 et suiv., 188, 286.

Sebert, 210.

3oo

TABLE ALPHABETIQUE

Simon (Henri), 5o, 53, 54- Simson, 222. 268, 260, 267,

269, 278 et suiv.

Solms-Lich (Prince de), 38,

Sonderling, 70.

Sperling. 85.

Stedmann, io5.

Stein, 9.

Stein, 178, 194 et suiv., 2o3

et suiv.

Stolberg, 272. Strotha, 2i(").

Stiive, 67.

Tchech, 33.

Thadden-Trieglaff, 81.

Thile, 38, 90.

Tûpke, i.'iO.

Uliden, 38.

Uhland, 263, 266.

Uhlich, 190.

Unruh, 210, 217 et suiv.,

Urban, i5i, 187.

Vincke, 66,74, 81, 83, 86 et suiv., 96, i42, 169, .176,

Vogt, 266.

Waldeck, 2o4, 208 et suiv.,

Welcker, 207.

Wernickc, i49- Wildcnbrucli, i63.

Willlsen, i58.

Windischgrâtz, 212, 202, 277.

Wrangel, 160, i63, 2o5 et

suiv., 220, 228, 288.

Zachariœ, i85.

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