CHAPITRE II
Les tendances de son esprit portaient irrésistiment Gall à ne pas limiter sa recherche, et à ne
| fragmentaire. Rien, de forme et d'esprit, ne ressemble moins à son œuvre que nos modernes 1onographies. Il avait le goût des générali- sations et la passion des synthèses. Aussi ses | investigations se sont-elles spontanément épa- | nouies en une philosophie de la nature. Or cette
1 ilosophie de la nature est, dans son ensemble,
dominée par deux principes fondamentaux, qu’il nous parait indispensable de définir dès l'abord,
A ils ont reçu au cours du système d’incessantes E applications.
. BLoxvEL. — Psycho-physiologie.
La nature est continue ; de degré en degré elle s'élève de la pierre à l’homme (II, 9) : tel est le premier de ces principes. « L’échelle graduelle des " perfectionnements » est l’un des « sujets de pré- ;, dilection »’ de Gall. Il n’y a pas d’hiatus dans la nature : constamment Gall part de la considé-
ration des animaux, des plantes (I, 5) ou même de la matière inorganisée (IL, 5) pour aboutir à l’homme. « Après les travaux de Bonnet, de Condillac, de Reimarus et de G. le Roiïi* », semblable méthode ne peut plus être un « objet de | scandale » (II, 5).
| - Les êtres supérieurs ne différent donc pas essentiellement des êtres inférieurs. Tout ce qu’ils ont dé commun, au contraire, tient à des propriétés communes et relève chez tous du même mécanisme ét de la même interprétation : « Nous savons que des propriétés d’un ordre élevé, unies à des pro-
f 4. Lettre à Relzer, loc.cit., p. 131.