L'ACTIVITÉ MOTRICE AU DÉBUT DE LA VIE
Les premières manifestations de la vie psychique, chez ie nouveau-né, se montrant dans les mouvements qu'il exécute plus ou moins automatiquement, il convient d'étudier tout d'abord là nature de ces mouvements, expressifs des phénomènes psychiques chez l'adulte. Dès les premiers jours, on constate chez l'enfant une sorte d'activité motrice générale indéfinie, due à des excitations internes ou externes, ellesmêmes la plupart du temps indéfinies : il faut voir là premièrement une tendance spontanée des centres nerveux à dépenser leur énergie surabondante en force musculaires II faut voir aussi dans quelques-uns de ces actes l'expression d'associations préétablies entre certains mouvements et certaines sensations agréables ou désagréables. Par exemple, les mouvements vagues et incohérents des bras, des jambes et des muscles faciaux, que le nouveau-ixé produit comme pour échapper à la pression du maillot, ou pour lutter, par la distraction que procure le mouvement, contre certains états douloureux de l'organisme, les mouvements sans intention précise qu'il exécute avec ses bras, quand on les lui laisse libres, et qui le font se frapper ou s'écorcher, tous ces mouvements appartiennent à la première classe des actes réflexes indistincts. Dès les premiers jours aussi, la bouche saisit avec avidité et suce le doigt ou le bâton qu'on lui
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présente ; les doigts se resserrent machinalement sur i'objet avec lequel on effleure l'intérieur de la main, « comme les feuilles et les fleurs de quelques plantes sensitives chaque fois qu'elles sont touchées intérieurement par un corps étranger (1) ; » les yeux s'agitent avec effort, comme pour se former aux impressions blessantes d'une lumière trop vive ; quand on touche doucement la plante des pieds, ou qu'on la chatouille avec une barbe de plume, il se produit des mouvements instinctifs pour retirer les pieds : tous ces mouvements d'abord automatiques, mais d'une utilité définie, se rapportent à la classe des mouvements généraux distincts.
Une des premières actions réflexes à noter chez l'enfant, et qui paraît, au premier abord, ne pouvoir guère être séparée de l'instinct, c'est, au dire de Darwin, l'éternuement qui accompagne le premier acte respiratoire. Il en est de même des cris clairs, saccadés, des actes préliminaires de l'action de pleurer, de la moue, du plissement du front, de la contraction des sourcils, de la grimace de la bouche qui fait se relever la lèvre inférieure avec un abaissement convulsif des commissures, enfin des sanglots et des larmes, lorsque l'enfant est arrivé à 1 âge d'en produire. C'est à l'âge de cent trente-huit jours seulement que Darwin a noté pour la première fois, chez un de ses enfants, un sanglot distinct. De même, il a noté l'effusion des larmes, jamais avant l'âge de vingt jours, une fois à soixante-deux jours, deux autres fois à quatre-vingt-quatre et à cent dix jours ; l'époque de l'apparition véritable des larmes lui paraît être très variable.
Le rire, qui se montre de si bonne heure chez l'enfant, est manifestement un acte réflexe. Une caractéristique générale de la joie, c'est la rétraction des coins de la bouche avec une légère séparation des lèvres, et l'on peut remarquer ce