‹ La psychologie de l'enfantChapitre 44 sur 109 · LA CRAINTE · texte numérisé non relu

LA CRAINTE

si'ods trop choquantes, ce sentiment ne se produit pas, chez l'enfant. « J'ai remarqué, dit-il, que les enfants ont rarement peur du tonnerre, à moins que les éclats ne. soient affreux et ne blessent réellement l'organe de l'ouïe, ; autrement cette peur ne leur vient que quand ils ont appris que le tonnerre blesse ou tue quelquefois (1)... » Herbert Spencer dit de son côté : « Sans doute il arrive que l'enfant soit frappé de crainte par un coup de tonnerre, et qu'un ignorant regarde une comète avec une terreur superstitieuse ; mais les coups de tonnerre et les comètes ne sont pas des phénomènes qui arrivent tous lps jours et se produisent avec ordre (2). » La vérité est que certains enfants, dans les premiers mois, sont effrayés par certains! bruits très secs ou très sonores, et surtout inhabituels: Il est vrai aussi, comme l'ont d'ailleurs observé Locke et Rousseau, que l'accoutumance, et surtout l'accoutumance graduée de ces bruits en fait perdre la crainte aux enfants : un enfant, qui craignait le tonnerre à l'âge de six mois, c'est-à-dire au mois de mai, ne le craignait plus cinq mois après, à la fin de septembre, ayant eu plusieurs fois l'occasion d'entendre ce bruit et de se familiariser avec lui. Mais à l'âge de trois ans, peut-être par l'effet d'une mauvaise éducation, cette crainte le reprit de nouveau.

11 y a une sorte de crainte naturelle, d'organisation et d'hérédité, résultat des expériences antérieures, et qui est pour le jeune être une sauvegarde contre certains dangers très réels, mais dont il n'a pas encore fait l'expérience. C'est ce qui fait que la frayeur est plus facile et plus forte chez un enfant de cinq ans que cheà un enfant de trois ans, chez un enfant de trois ans que chez un enfant de ; six mois, et que ce genre d'émotion vient au petit enfant plutôt à l'occasion des impressions auditives que des im-

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