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124 LES PHENOMENES HYPNOIDES
Nous venons de voir comment ils permettent de prouver l'existence de sensations inconscientes ou subconscientes ; mais bien d'autres faits plus complexes et appartenant à des ordres plus élevés peuvent être manifestés de la même manière.
Et tout d'abord des perceptions, c'est-à-dire des combinaisons de sensations, de souvenirs et de jugements étroitement associés entre eux et consolidés en un acte d'apparence indivisible, avec rapport à un objet extérieur déterminé. Nous en avons un exemple dans le cas de Léonie qui perçoit sans doute les ciseaux ou le lorgnon placés dans sa main anesthésique, puisqu'elle s'en sert correctement et qui cependant n'en reçoit aucune sensation consciente.
Viennent ensuite des jugements, provoqués sans doute par des sensations, mais cependant distincts des perceptions, en ce qu'ils portent moins sur des objets que sur des rapports de ressemblance, de différence, de nombre, etc. — J'emprunte les exemples suivants à M. Pierre Janet : « Quand je dirai deux lettres pareilles l'une après l'autre, vous resterez toute raide. » Après le réveil, je murmure les lettres « a... c... d... e... a... a... ». L. demeure immobile et entièrement contracturée ; c'est là un jugement de ressemblance inconscient. Voici des jugements de différence : « Vous vous endormirez quand je dirai un nombre impair ; ou bien vos mains se mettront à tourner l'une sur l'autre quand je prononcerai un nom de femme. Le résultat est le même : tant que je murmure des nombres pairs ou des noms d'homme, rien n'arrive ; la suggestion est exécutée quand je donne le signe : L... a donc inconsciemment écouté, comparé et apprécié des différences1.
Des suites plus ou moins longues de jugements, des raisonnements, peuvent de même se produire en dehors de la conscience. « Quand la somme des nombres que je vais prononcer fera 10, vos mains enverront des baisers. » Elle est réveillée, et loin d'elle, pendant qu'elle cause avec d'autres