GENÈSE DES HARMONIES VISUELLES DE FORME
Mécanisme principal.
Les formes visuelles ont été reconnues et étudiées tout d'abord dans les manifestations de ce qu'on appelle l'acuité visuelle. Elles sont des harmonies ou combinaisons de sensations de valeur (voir p. 15].
Or, les constatations du précédent livre nous ont montré, entre l'acuité visuelle et les écartements angulaires qui la mesurent, une relation logarithmique retrouvée ensuite entre Tacuité visuelle et les quantités de la lumière éclairante, retrouvée enfin entre la vision binoculaire comparée avec celle d*un œil seul.
La loi du logarithme se trouve donc présider aux relations entre les sensations harmoniques de forme et leurs
composantes, les sensations de valeur, exaclenient comme aux relations entre celles-ci et les forces qui les provoquent. Mais on sait, pour l'avoir longuement expliqué^ que la cause en réside, pour les valeurs, dans leur essence même qui est d'être le rapport entre la force nerveuse d*un moment et celle du moment qui suit. Il doit en être de même pour la sensation harmonique de forme, et celle-ci ne peut être autre chose, sinon la surcharge produite en un foyer commun par l'accès simultané de plusieurs courants.
Cette conséquence apparaît avec une netteté particulièrement démonstrative dans le cas de la vision binoculaire. Source de sensations multiples antérieurement étudiées, l'acuité visuelle binoculaire égale la vision d'un œil dont on aurait doublé l'éclairage. Que cela peut-il donc signifier, sinon la superposition des courants émanés des deux yeux dans un foyer commun qui est celui de la sensation harmonique? Les harmonies visuelles de forme trouvent donc leur explication dans l'excitation de foyers nerveux spéciaux à ces ordres de sensations.
Mais, alors, combien ne va-t-il pas falloir de foyers pour expUquer les variétés extrêmes de la sensation harmonique et leurs combinaisons presque infinies ? Une pareille agglomération de cellules nerveuses existe seulement dans le cerveau, et nous voici naturellement invités à chercher en ce point le lieu où se rencontrent les sensations de valeur pour s'y comparer et entre-mesurer de mille façons dans les jeux de la forme.
Mécanisme des réflexes de symétrie.
Les contrastes spontanés ou réflexes simultanés et successifs delà forme (les symétries) ont une explication mé-
caaique simple. Ils sont les sensations produites par l'équilibration naturelle des courants entre les foyers communiquants de la sensation visuelle, exactement comme Ton verra tout à l'heure des contrastes ou réflexes de teinte. Une démonstration détaillée sera donnée à ce propos, et j'y renvoie le lecteur (art. 3 de ce chapitre).