‹ La psychologie objective;Chapitre 108 sur 145 · Sikorsky. L'âme de l'enfant (en russe), p · texte numérisé non relu

Sikorsky. L'âme de l'enfant (en russe), p

que, chez l'enfant, des essais de concentration sur les excitants externes. « S'arrêtant à l'un ou à l'autre, dit l'auteur, il prend une pose fixe qui symbolise très bien l'attention. » Dans le cinquième et, surtout, le sixième mois, la concentration devient assez forte pour ne plus être troublée par une impression concomitante. Du reste, c'est par là que l'on juge de la marche normale ou anormale du développement intellectuel. Le défaut ou l'insuffisance de la concentration présentent le meilleur indice d'une faiblesse intellectuelle qui, avec le temps, tourne à l'idiotie.

La concentration externe se traduit chez les enfants, comme chez les adultes, par des phénomènes moteurs: par la direction du regard vers l'objet qui l'a frappé, parla direction de l'oreille vers le son, etc., sans parler de l'arrêt de la respiration, ni de la fixation correspondante du corps. Cette concentration change d'un instant à l'autre. Gomme le dit très bien le Dr Sikorsky, « l'enfant va avec les libres encore vierges de son organisme à l'encontre de tout ce que lui donne le monde extérieur. Avec les milliers de cônes et de bâtonnets de la rétine, avecles vingt mille cordes de la membrane basilaire, avec tous les éléments sensibles de l'appareil olfactif il saisit des millions de contacts et passe constamment de l'un à l'autre. » Le signe le plus sûr de la concentration est ici l'arrêt de la respiration, comme l'ont prouvé les recherches faites chez nous, à l'Institut Psychopédologique.

La concentration interne ne devient possible qu'avec la formation d'un certain nombre de traces cérébrales et la reviviscence de ces dernières. D'après Sikorsky, cette seconde période ne commence qu'avec le huitième ou neuvième mois de la vie.

Au début elle est naturellement très fugitive. Elle se traduit au dehors par l'immobilisation du corps, par l'arrêt de la respiration, par la contraction du muscle supérieur de l'orbite et par l'absence des réactions qui caractérisent la concentration

externe.

Dans la suite, comme dit Sikorsky, elle se traduit aussi par la direction du regard dans le vide et par la divergence des

axes optiques, servant à préserver l'individu centre l'apport des excitations visuelles.

Nature organique de la. concentration nerveuse. — Avant d'aborder cette question, rappelons que nous n'avons pas à nous occuper des auteurs qui envisagent la concentration nerveuse d'un point de vue purement subjectif, comme un degré de la perception ou une modalité de la conscience.

Une définition faite de ce point de vue-là ne peut servir en rien à la psychologie objective !

Mais ce n'est pas non plus le seul point de vue qui soit représenté dans la littérature. Bon nombre d'auteurs ont envisagé la concentration comme une adaptation motrice et parmi eux on trouve Descartes, Lotze, Fries, Bach, Ferrier, Lewes, Ziehen, Ribot et Baldwin. Quelques-uns y ont vu en outre le résultat d'une inhibition nerveuse, notamment Ferrier, Ribot, Merillier et autres.

De ces auteurs Lotze a été le premier à signaler, dans la concentration, le rôle des contractions musculaires. D'après lui, cet acte comprend des processus reproductifs qui communiquent l'excitation aux voies motrices du système nerveux. C'est ce qui ferait naître les réactions motrices en renforcement des processus reproductifs *.

D'après Hartmann, la concentration nerveuse est une impulsion centrale qui élève l'excitabilité des organes récepteurs, agissant sur l'adaptation de ceux-ci et s accompagnant de représentations motrices2.-

G. E. Muller parle aussi d'une action du cerveau sur les organes périphériques, devant élever la réceptivité et l'adaptation de ces derniers 3.

Ferrier a relevé le rôle qui revient ici aux processus d'inhibition. D'après lui, la concentration nerveuse résulte aussi bien de l'adaptation de l'organe récepteur que de l'inhibition des réflexes concomitants. Et, comme les centres des mouvements

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