‹ La psychologie physiologique (volume 2)Chapitre 23 sur 92 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

13 i. 1^ profeucur LassaDa divise les rentres encéplKdiiqDes en carreau prr^renHrnt dit, m^aencéphale, aytlème pèdonntlaire et rtrnrUt. A chacune de ces parties il attribue dos fonction s distïnctes, dnluiiirs d'un grand nombre d'eipérieDces, faites en grande partie par lui. On sait (|n'ii y excelle. Oo peut ainsi résumer re qu'il pense à ce »ujet:

I" Ij" i-i-rteau (liéinuphêres. corps stries, faisceaux intcTheiiih-

FONCTIONS DE l'ENCÉPUALE 113

4"" Le ceiTeict a pour fonction Vinnervation du sens musculaire.

135. Les fonctions des centres encéphaliques ont été étudiées par deux méthodes d'observation : Tune consistant à détruire l'organe dont on étudie la fonction ; l'autre se basant sur les phénomènes pathologiques. \m professeur Liissana se sert principalement de la première, et parfois aussi de la seconde.

Au point de vue des expériences, il distingue deux périodes expérimentales ; lune qui suit immédiatement la destruction de lorgane; lautre qui commem^e un certain temps après, au bout d'un ou de plusieurs jours. 11 est conduit ainsi à faire précéder ses obsei*vations de l'avis suivant : t Pour fixer la fonction propre, véritable, d'un organe encéphalique, nous tenons compte avant tout des phénomènes qui restent et se maintiennent dans l'animal quelques jours après la destruction de l'organe et pendant toute la vie de l'animal — de ceux que nous appellerons : phénomènes de la seconde p<»riode expérimentale. >

11 faut dire, avant tout, que les expériences se font sur les animaux par des vivisections. Les dédu(!tions tirées de ces expériences sont appliquées, par analogie, aux mêmes organes de l'homme. Cette analogie repose principalement sur l'anatomie comparc^e des animaux et de rhomme, qui montre la similitude des organes des premiers et de ceux du second, lesquels diffèrent seulement et surtout par le degré de développement. Oîtte analogie est ensuite confirmée par les obs(M'vations pathologiques des centres (encéphaliques de Thomme, quand elles donnent des résultats identiques aux expériences faites sur les animaux.

13G. Résultats de l'ablation du cerveau, par rapport aux instincts et à t intelligence,

€ Quant nous faisons une profonde lésion aux deux lobes du cerveau, au moment même Tanimal cesse d'attaquer, de se défendre, d exprimer sa rage et sa douleur ; le pigeon cesse son piaulement cai*actéristique, l'épervier son cri strident, le chat son miaulement ; et tous oublient pour toujours, toute» attaque od'ensive avec les ongles, le bec ou avec les dents... » Ce changement subit se produit et s'obtient encore mieux, si, api'ès avoir parfaitement découvert le ceiTeau et sïire arrêté un moment, on enlève le crerveau duncoup sec.

c A peine les lobes cérébraux sont-ils enhîvés, que tout oiseau prend précisément Tattilude qui lui est propre pendant le sommeil. » c En somme, perdre le cervc^au et dormir profondément, c'est la même chose. > ,

f Laissons à jeun pendant deux jours ces oiseaux privés de cerveau

— plaçons autour d'eux du grain, de r(»au ;bien qu'ils soient épuisés par l'inanition et la soif, ils ne mangent plus, ils ne boivent plus. »

— « Ils ont parfaitement perdu tout instinct d'alimentation. > t Si nous voulons les maintenir en vie, il faut qu'avec une grande patience et une infatigable attention nous nous substituions à leur

Ser<;i. 8

114 PSVCHOLOGIE PHYStOLOGtQL'B

insdnct perdu, il faut que nous leur enfoncions dans le bec la nourriture et la boisson. Ils sont alors forcés d'avaler quoique ce soit par un acte automatique, réflexe, sans aucune sponlanéité. >

— I II est tout aussi difficile de les faire boire. >

Il en est de m(''me pour tes autres instincts et les facultés intellectuelles. Ils ne fuienl pas quand ils sont au milieu des honunes, ils ne se gardent pas de la pluie s'ils y sont exposés ; an milieu des autres oiseaux intacts ils se trouvent isoles, apathiques, endormis, ils ne s'occupent ni d'eux ni de rien.

Il n'en est pas ainsi pour les sensations. La sensation, chez l'animal privé de cerveau, subsiste. < Si nous introduisons dans la bouche ou dans le gosier de l'oiseau mutilé une substance désagréable, l'animal secoue vivement la tête, il meut à plusieurs reprises les mûcboires — ce qu'il ne fait pas quand on lui introduit dans le gosier de bons aliments pour le nounir artificiellement. Si on fbit un grand bruit autour de l'animal assoupi, il ouvre les yeux, élève et meut la tête,

— sans pourtant jamais changer de place, c'est-à-dire, sans avoir peur, sans fuir. > < Dans l'obscurité d'une chambre, appoitez une chandelle allumée, tournez avec elle autour de l'animal jusqu'à ee qu'il ait les yeux ouverts : il accompagnera le mouvemeul de la lumière par un mouvement giratoire de la tète. Ou bien, en pleine lumière, faites passer un corps opaque devant ses yeux ouverts, de façon qu'il se produise une ombre soudaine, et que la lumièn^ succède, l'oiseau clignera des yeux toutes les fois que l'ombre se produira. 11 voit donc >.

Dans cet animal il n'y a ni spontanéité de mouvement, ni volonté; mais les mouvements subsistent. Frappé, il se meut ; jeté en l'air, il vole régulièrement et avec force, mais dès qu'il tombe il ne se meut

mammifères. C*est dans ces organes que se produisent les sensations olfactives spécifiques, — et de là elles sont transmises, comme sensations déjà faites, au cerveau pour y être élaborées en idées sensorielles. »

f On peut enlever les lobes cérébraux, pourvu qu'on laisse les centimes nerveux olfactifs intacts et en commimication avec Taxe nerveux — et ranimai donne encore des preuves qu'il sent les odeurs. »

Les déductions physiologiques à propos des centres olfactifs se réduisent à ceci : c La région bulbaire olfactive antérieure est le centre nerveux pour toutes les odeurs, mais surtout pour les odeurs des aliments — la région olfactive postérieure sphénoîdale est le centre nerveux pour les odeurs respiratoires. ^

€ Ces propositions ont besoin d'être éclaircies. » — t Avant tout, nous croyons qu'il est bon de faire remarquer que les ramifications naso'palatines de la 5** paire de nerfs peuvent aussi servir de véhicule nerveux pour les odeurs respiratoires vers le lobe sphénoïdal — indépendamment aussi des nerfs ethmoîdaux, ou des nerfs de la 1^ paire. »

« Le sens spécifique de l'odorat veille à l'entrée des voies respiratoires pour avertir Tanimal des propriétés nuisibles de certains gaz, de certaines exhalaisons, de certaines odeurs méphitiques, dont on peut former une classe naturelle distincte, désignée du nom conventionnel d odeurs respiratoires. A cette classe appartiennent tous les parfums agréables des fleurs, etc. Toutes ces odeurs sont senties par les lobes olfactifs postérieurs sphénoidaux, tant au moyen des nerfs ethmoïdaux que par les nerfs naso-palatins de la 5*^ paire. »

€ Outre qu'il est comme une sentinelle pour la respiration, Todorat est par excellence pour les animaux h» guide qui les conduit dans la recherche et dans la découverte des aliments, dont l'odorat est ainsi le premier, le principal et souvent l'unique explorateur. Les odeurs de celle nature, qu'on peut appeler naturellement alimentaires^ sont senties par les bulbes olfactifs ou ganglions olfactifs, et uniquement par l'inlermédiaire des nerfs ethmoïdaux. »

f Chez l'homme les lobes olfactifs aussi bien que les circonvolutions olfactives sont peu développés, parce que l'odorat est peutêtre le sens du côté duquel il est le moins bien pourvu, tant pour la recherche des aliments que pour la fuite des périls. >

138. Couches optiques. « Nos expériences sur les coucîhes optiques des mammifères, éciît le professeur Lussana, nous autorisent à poser les résultats suivants :

< 1** La lésion des parties supérieures d'une couche optique, le tractus optique et le pédoncule cérébral étant épargnés, produit la cécité de Vœil opposé et ne donne lieu à aucun phénomène de mouvement.

t 2^ Si cette lésion est très limitée, il y a amblyopie, c'est-à-dire diminution de la vue dans l'œil opposé, mais non cécité.

wiwuLWdc rmrsnjwautx.

r 3* S( la Jmko va 9^mbiletènile. ïanaarmt «■ jtroduH poor le» dmxjtmi. *

L'MBmir s'atUKlK' «DBuile à rrhiUT Lonprt qnî Mvnl inOcMlB qw 1m ecNMitet optiques n VvtsTMin pu», sur la TîntMi Iinflitam qnr Imr •onlail vnnnnar.

A ] «pard (tes niouTniMiiU. il (^UK-Iot ' gw k» coDcbt» ofitîqaes. «v«rr kwn oinaiu, «Mil W nratrct «Kt^duiIiqiM^ dnmfmtÏMi MMât* (W iiHMivwoKntfc lalmuix &e* mnabrt-s sBitTifarK. <« d(« aofMnvtufMA <ifx doijAs o^^KMéc. Quqw ooyan des cmicbes sm â ImmnvMirM aMKX'i^ 4«« oMnnannits d'addiKiicai àa nx^ire anlériew- 'XtrretfiTMidaat. vt i'ubdvùoa do monbre anierkvr cf^osé, El lu qudmf^idtr finrz qui oa a déimh imr ««die opâifte tienl les d«ui iii<:tid>n^ anurieun déTW« du c^u- de la motilaiioB earéfibaliqn*-. K 1«» d'jijçtf oppu«és «oai panKsés > .

139. Corjii ffÊiodrijtimtamx. • OÛnd on «nlèvedm Ct'Mf.Mavec wiw: lam^ tws tnadiaBb-. la <roucbi- blanriM' des corps qaadnîo- WMuis . l'aniuial jmrA loujoan U «im- d^- r<ril <^iftosié. OadqiK BB'jytia ({u'OD «rmploH^ pwur éprouTer ranimai au sojel de cet teÛ, 3 Dc d(MiA« plus aiH-UD sîgDtf qu'll TOK encwie. >

( S la léwMi e«( ambilat^nJe . raiûma] dtrrienl enlièmn» av«tit^*f des deuK yu\. •

I La r^Hé ««t utiale quand b lésion a autût assrx comi^tenieol li-*> UibeniileD anlérieurs. Mais elle n'est pas aussi complète quand le^ tulM-njules pui^'rieurs seuls ont été lésés. Il se produit senlônent un affiùblihiemeni de la vue, un peu d'amblyopïe, quand dans ces mêmes ittben.iile* postérieurs la lésion a une élendue assez circon- MTtle; et la faJMesse de la rue est seulement pour l'oeil opposé ({uaud b lésion des quadrijumeaux e$t unilatérale. *

ForvcTiONS DE l'encéphale 117

140. c La première pensée qui se présente à nous en formulant nos déductions physiologiques sur le système encéphalique pédonctilairey c'est que ces déductions sont en désaccord avec la croyance commune laquelle veut nier à la substance fibreuse le rôle de centre innervateur de mouvements, pour le réserver exclusivement à la substance grise,

c Selon une opinion généraU^ et presque inattaquable aujourd'hui, le tube nerveux (fibre) n*est qu'un conducteur doué simplement de la névrosité, ou d'une aptitude centrifuge ou centripète à conduire llnnervation des centres moteurs aux muscles, ou les innervations sensitives des organes externes a l'encéphale. Au contraire, c'est aux seules cellules nerveuses (substance grise) qu'appartiendrait Tinnervation centrale.

c Et la chose a été poussée jusqu'au point de n'accorder à la substance médullaire fibreuse des liémisphères cérébraux d'autre pouvoir que celui de conduire les sensations et les mouvements. Les fonctions de Vintelligence, celles de la volonté, et même celles de la sensation étaient exclusivement dévolues aux cellules cérébrales (Parchappe).

c Mais, je le demande, de quelles sensations ou de quels mouvements la substance fibreuse des hémisphères cérébraux peut-elle être simplement conductrice, s'il n'y a dans les hémisphères cérébraux ni sensibilité ni motricité f,.. si toutes les sensations subsistent encore après la destruction des lobes cérébraux?

c Pour nous, nous appelons centres nerveux ceux qui, sous les irritations, produisent des mouvements directe partiels, tandis que nous appelons centres dolorifico-sensitivo-nerveux ceux qui , sous les irritations, produisent indirectement des mouvements généraux, ou agitation et plaintes.

< La substance grise, en quelque endroit qu'elle soit irritée, ne donne jamais de mouvements, ni directs, ni réflexes '— elle n'est jamais centre ni moteur ni sensitif — elle n'est qu'un organe de transformation des sensations et d'association des mouvements,

« 11 ne se produit ni mouvements ni douleur pour les lésions encéphaliques, sinon quand ces lésions attaquent le système pédonculaire et le bulbe — là, et là seulement, sont les centrer de la sensibilité et de la motricité.

c L'excitabilité appartient à la fibre nerveuse, non à la cellule nerveuse (1). >

L'auteur admet donc que les pédoncules, formés de fibres nerveuses, sont de véritables centres de mouvement ; établissant ainsi la théorie générale que les fibres nerveuses seules constituent les centres de mouvements et de sensations, et non les cellules qui, au contraire, en quelque endroit qu'elles se trouvent, sont des éléments

(1) Finiotoyia Ui'i evntri mcvfaiki. vol. 11. pp. 82 pi sulv,

PSTCBOUICIE nnsioutGiQti

4k transformation. Il en est pour les coocbes optiques, pour les cojrpf quadniiiiDeam, de même que pour les couches corticales du eerreui. Ces dernières iransTonnenl les sensations en idées, mais ne foat pas centres de sensations ; elles transfonnent aussi les idées en BMirements.

141. CerteUt. Sur ce point, l'auteur dit simplement : La Tonction principale du cerrelet est /'innerratton du »mw mtocvlaire.

il établit en second lieu t'influence du cervelet sur le sen» èrotiqtit.

L'aoleur rapporte à ce sujet im grand nombre d'expériences el d'observations patholt^ques, que je me dispense de citer (1).

Telles sont les opinions du professeur Lnssana sur les fooclicMis des eeulres encéphaliques, opinions développées tout an l(»ig dans l'ouvrage spécial sur la Physiologie des centres nerveux encéphalique!, et aossi dans ta 3' partie du Manuel de Physiologie.

J'ai cru bon, pour plus d'exactitude, dans la brève exposition que J'ai Ciite, de rapporter les tonnes mêmes de l'auteur.

142. Un des plus récents physiologistes qui se sont occupés de préférence des Tonclions du ceneau, c'est Luys (2), médecin de l'hospice de la Salpétrière.S'uppuyant sur des données purement anatomiques, il a tiré diverses déductions physiologiques que l'on regarde ctumne hypothétiques. Ses idées peuvent se résumer eu peu de mots.

Les couches corticales de substance grise du cerveau ont les cellules sous -méningées plus petites ; et les ceUules plus profondes, plus grandes. Par analogie avec tes cellules de la moelle épinière, les plus petites sont sensîtives, et les plus grandes motrices. Les cellules, sensitivcs et motrices, sont unies par les fibres blanches, substance blanche du ceneau, avec les deux centres sensitito-moieurs, c'est-à-dire les couches optiques et les corps striés (centres opto-

PONCTIONS DE l'encéphalk 1 19

143. Lopinion de Carpcnter a quelque ressemblance avec celle de Luys. Les couches optiques et les corps striés sont des organes sensoriels et moteurs (sensori motor tract) ^ unis à la substance corticale du cerveau au moyen de fibres (radiating fibres) ; t et il est probable, écrit Carpenter, qu'il y a deux espèces de ces fibres, les unes qui montent des couches optiques (lesquelles semblent former Textrémité du tractus sensitif de la moelle épinière) aux zones corticales, où se recueille le résultat des changements physiques produits dans ces zones par les impressions sensitives qu'elles reçoivent ; les autres qui descendent de Técorce cérébrale aux corps striés (lesquels paraissent être l'extrémité du tractus moteur de la moelle) où elles réunissent les résultats physiques des changements qui se sont produits dans les zones corticales. Ces fibres, qui mettent Torgane de Tintelligenceet de la volonté en relation avec la partie de l'appareil nerveux qui fournit le mécanisme des sensations et des mouvements automatiques ou instinctifs, ont été appelées par un ancien et sagace anatomiste, Reil, nerf du sens interne (1). >

c Ainsi, continue-t-il, nous voyons que le cerveau {cerebrum) est un organe spécial superposé a <*e mécanisme automatique qui constitue toujours, chez Thomme, la partie fondamentale et essentielle du système nerveux, et qui non seulement remplit les conditions requises pour le maintien des fonctions organiques, mais s'acquitte des opérations du cerveau même. >

Le sensoriunij pour Carpcnter, est constitué par ce qu'on nomme les ganglions sensoiriels {sensoryganglia) dont font partie surtout les couches optiques, les corps striés, les corps quadrijumeaux et les bulles olfactifs ; les sensations se produisent par ce sensorium et en lui. Le cerveau est organe de volonté et d'intelligence. On peut le regarder comme un organe ajouté qui répond à de nouvelles fonctions. Enfin le cerveau n'est pas essentiel à la conscience, parce que la substance dont il est foimé est insensible aux excitations.

L'auteur, s'appuyant sur des données anatomiques, comme le fait Luys, veut en tirer des déductions physiologiques.

c Et comme nous avons conscience des impressions lumineuses qui ont excité la force nerveuse dans la rétine, seulement quand la la transmission de cette force nerveuse à travers les nerfs du sens externe a excité un chang(»racnt dans le sensorium ; de même il semble probable que nous avons conscience de changements ultérieurs excités dans notre cerveau par des stimulations sensitives transmises par les fibres ascendantes^ seulement quand la réflexion des modifications cérébrales à travers les fibres descendantes — nerfs du sens interne — a fait réagir la force nerveuse sur le sensorium. A ce point de vue, le sensorium est l'unique centre de conscience pour les impressions visuelles faites sur les yeux (et par analogie, pour les

(1) Carpenter, Menlal P/ii/sioioffy, 5' édtt. London, 1875, pp. 99 et suiv.

130 MVCHOUWIB PRTSIOLOGIQl'E

impressioas faites sur les autres sens), el pour les modificatioos idéales on émotloanclles produites dans le cerveau : c'esl-à-dire dans un cas, pour les serualians, quand nous avons conscience des impressions sensitives : et dans l'autre, pour les idées el les émotioru quand noire conscience est aSectêe par les changements cérébraux. Sous cet aspect, nous ne pensons pas. nous ne senlon» pas avec le renvau. de mt^me que nous ne voyons pas avec les yeux ; mais le moi devient conscient par les chan^mcnts rétiniques marnes firavgh Ike same insfrumentalily of Ihe retinal ehanges) qui sont transformés en sensations visuelles, et par les changements du cer\'eau qui sont Iransfonnés en idées et en émotions. Le mystère est dans un atle de transformation ; el il n'est pas plus grand pour l'excitation de la conscience idèalt et émolionnelte, par les modiBcaiions cérébrales, que pour les excitations sensationnelles dues aux modifications de ta rétine. >

Le cerveau ou les hémisphères cérébraux jouent donc par rapport au sensorium le même r6le «pieles appareils externes des sens ; les uns sont pour l'intelligence, les idées, la volonté, les émoliont ; les autres pour les sensations.

La conscience réside dans le sensorium où convergenl toutes les impressions direcio ou ré^ejr«: pour Luys c'est te cerveau qui est \e sensorium commune; pour Carpenler, il n'est f|U 'un appareil de réflexions idêo-malrices{lK

Les fonctions du cervelet ne som pas encore, suivant Carpenler, connues d'une fa^on précise, bien qu'on suppose avec assez de raison qu'il ait comme râle la coordination et la direction des mouvemenls musculaires plult^t que toute autre opération proprement psychique. '

FONCTIONS I>R l'ENCÉPHALE 121

arriver a son but, mais il ne les confond ponitant pas avec d'autres mouvements (i). »

< Nous ne devons pourtant pas regarder le cervelet comme un centre qui doit donner la force et la sûreté aux mouvements exécutés sous rimpulsion d*un autre centre. Tous les phénomènes que nous avons observés chez les oiseaux privés de cervelet, et qui sont décrits dans la physiologie et dans la pathologie, peuvent très bien s'expliquer sans admettre ce centre spé<*ial qui devrait donner la force et la sûreté aux mouvements. Nous avons dit que le pédoncule moyen du cervelet entre dans la substance du cervelet même pour y subir une décussation. Si nous admettons que le cervelet n est que Texpansionde ce pédoncule, il sera facile de comprendre quelles seront les conséquences d'une lésion profonde de ce même cervelet. Une blessure faite au cervelet hors de la ligne médiane atteindra, par suite de cette disposition, la continuation du pédoncule moyen du côté opposé, et produira la paralysie des muscles de Taxe vertébral de ce même côté. Une blessure qui atteindra tout le cervelet, au contraire, causera la paralysie générale des muscles qui entourent Taxe cérébral, et par suite le manque total de fixité du corps.

« Si donc nous enlevons le cervelet, nous aurons le même effet que nous pourrions obtenir en coupant le pédoncule cérébelleux des deux côtés. L'animal et l'homme ont besoin, dans tout mouvement, de fixer l'axe central de leur corps, et d'empêcher qu'il oscille ; parce que, sans cette fixité, le mouvement se fait mal, et il se produit immédiatement cette apparence d'ébriété que Ton remarque. Tous les phénomènes où manque cet équilibre trouvent donc leur explication dans le manque de fixité de l'axe cérébral. »

145. Pour Schiff, les couches optiques sont des organes de mouvement comme le pédoncule cérébral. Quant à ce qui est de la sensibilité, il s'exprime ainsi :

c En galvanisant, au moyen d'une pile simple, la surface d'une coupe de la couche optique chez les mammifères, nous n'avons pas pu produire de mouvements, pas même de mouvements généraux indiquant la sensibilité. Il ne semble pourtant pas que c*ette partie soit réellement insensible, parce qu'on a vu, en pratiquant la coupe, qu'un mouvement d'irritation produit le mouvement définitif. > < Cependant, nous avons déjà indiqué dans notre physiologie du système nerveux (1859) que certaines parties, non pas les parties superficielles, mais les plus profondes, celles qui sont au fond de la couche optique, vers la base du cerveau, possèdent un certain degré de sensibilité, sensibilité qui n'est pas douloureuse, car l'excitation de ces parties, si forte qu'elle soit, ne produit jamais la douleur. >

La lésion des couches optiques a une influence sur les vaisseaux

(1) ^chxVS. Leçoiiê du Physiolof/ie expérimenlale sur le système nerveux encêphO' lique, au Musée de Florence, Tuonée 1804-5, 2* édition, Florence, p. 3G5,

123 MTCHOLOGIE PHTSIOLOGIQt~B

abdominaux, de méoie qu'il y a Icsîoii de reslomac pour la paralysie complète de la couche optique, c L'espUcation de ce bit •emble se trouver eu cela que les libres des nerfs Taso-moteurs de l'estomac et des intestins vont de la moelle allongée jusqu'aux couches optiques. Il est possible qull y ait dans res couches, comme le dit Valentîn, des libres motrices destinées aux mouvements de l'estomac et des intestins. *

146. Les corps quadrijumeaux sont pour SchifT les centres de la vision et des mouvements de l'œil. Les corps antérieurs préddent à la vision, les postérieurs aux mouvements rotattûres du bulbe oculaire. Cfaez les vertébrés supérieurs, les râles se croisent, c'està-dire que le corpuscule droit est centre du nerf gauche et vicevcrsa. Dans les nerfs optiques il existe une décussation visible, mais cette décussation est incomplète ; et cependant l'expérience montre qu'âne blessure de la partie droite du nerf ou du corps quadrijumeau rend l'œil gauche complètement aveugle. Outre l'action du corps quadrijumeau sur l'œil, il existe aussi une action de l'œil sur le corps quadrijumeau. Si un œil s'atrophie, le corps qaudrijumeau correspondant s'atrophie aussi.

147. ( Les corps striés, au point devue analomique, ne sont rien autre chose que le commencement de chaque bànîsphère cérébral, c'est-à-dire la partie du cerveau où les fibres, après avoir traversé la couche optique, vont s'irradier pour former les hémisphères. Enlever le corps strié est donc, dans tous les cas, séparer plus complètement les hémisphères cérébraux du reste des centres nerveux ; mais ce pourrait être quelque chose de plus que séparer les lobes, si les corps striés ont réellement une fonction spéciale et différente de celles des lobes. Si donc nous joignons la destruction

des faits. L'animal prive de cerveau n'a pas perdu la possibilité d'exécuterdes mouvements, car il en accomplit en certaines conditions ; mais il a perdu le lien entre les sensations et les mouvements, c Chez ces animaux il manque Faction réflexe qui produit un certain mouvement harmonique du corps après une excitation des sens supérieurs, mais il reste encore la relation entre les excitations des sens et certains mouvements qui sont liés naturellement à l'organe de la sensation même, comme les mouvements du bulbe oculaire après une excitation visuelle. Un petit oiseau entend le bruit que fait un faucon {milvus aier) qui se précipite à sa rencontre ; mais cette sensation ne produit pas d'action réflexe sur les mouvements généraux, comme on l'observe à l'état normal. Nous avons donc dans les lobes cérébraux un grand appareil de réflexion des organes des sens aux mouvements généraux du corps. De cette façon aucune impression sensorielle, excepté une excitation cutanée, ne pourra plus produire de mouvement général ou arrêter un tel mouvement quand il sera commencé si lanimal n'a plus les lobes cérébraux, ce grand centre de réflexion (l). >

c Toutefois, les lobes cérébraux sont aussi en relations avec les sensations. Nous savons déjà que les sensations doivent être transmises jusqu'aux lobes pour être transformées en mouvements ou perceptions. > Nous avons, dans un mémoire, cherché à prouver que les lobes cérébraux sont vraiment les organes centraux des sensations périphériques tant tactiles que douloureuses, bien que les lobes soient privés d(; sensibilité à la douleur. Nous nous sommes servis d'une petite pile thermo-électrique très sensible qui fut introduite dans la substance cérébrale d'un animal à sang chaud, et qui accuse une diffu^rence de température entre deux points de l'intérieur, quand on excite un point de la périphérie du corps, ou le sens de l'ouïe, ou celui de la vue. Nous avons, essayé de montrer, par cette méthode, quiî les excitations psychiques, au moins la peur, produisent probablement une différence dans la température du cerveau. >

149. Wundt s'est occupé (2) aussi tout particulièrement des fonctions des organes centraux. Je rapporterai sommairement ce qu'il a dit de plus important à ce sujet.

(1) Op. cit., pp. 557-8. Leçon 39. En noie l'auteur dit que, d'après les expériences d'autres physiologistes, il juge bon de limiter sa conclusion, parce que, même après l'enlèvement du cerveau, l'impression visuelle peut diriger certains mouvements, comme ceux de la tète. « Toutefois ceci reste acquis qu'après la destruction du cerveau, disparaissent tous les mouvements qui naissent d'une cause évidente, c'est-à-dire de la réflexion d'un sens sur l'autre. Mais il faut excepter le sens cutané qui, grâce à la grande étendue .du centre resté intact, pourrait encore, après la destruction du cerveau, entrer en combinaison avec d'autres sens pour produire un mouvement composé. »

(2) Orundzûge der Physioloffischen Psijcholo(jie. — • Leherhuch der Physiologie des Menschen. — Urtersuchungen zur Mechanik der Neroen und Nervencentren.

L*it mrpt ^aaéi^^mami. Uitw *f4if»m en wrtéfarés mfimears) «Mi: i!mii«bLBc(M Im ig|.i»rr «mp^u. ât b xmt. et il amible •^■R kft 4«>«x «tfs MlLiJLWi mma» â h rêïoa pow les nMMiTelanM*. I«s npérwBCvs pfci^ln^i^f i iH' les roqis qiodnjiiiiieanx «Wf 'Vjaârméti par VimiÊemàe tam^ofe*. qm mamn que b forma- Ita* 4e ««» rorpri «s fmwqf àt pair xvtr b CorBUioB des organes 4k b «ae. Ob pe«l eam» «nriarv <ln expmrarcs que, dn rentre «to «nioa mwainê |Hr les h»iiIiïïmi mi dépfdct non seulement (m wv-ifts de r>xil dass rexerrîtv de lear fcMetion, mais encore In mairfa i. dn motnemeat local. D cet» s'expfique par ce Eût que, dans b «abaaAFe grisedeseorps qMthtjn»a»\. pénêfreal quelques Ibnn pmieitguni des cordo*s ^rrienrs de b moelle épinière. Et sans aanm doute, c'est dans ces corps ceatran q«e se trooTe le mëca- Mune par leqoel l'^ipareil de notie corps est mis en mouTement far le moven de l'orfiaBe de b vne. Ce Buavemenl pent se produire de drax manières sous llnlhience des impresàoas Itmiineoses : d'abord dans les corps qnadr^iomeaux em-m^mes. où les im|Hessions Uuninenses tusciieni déjà des ivaciioDs motrices comparées, répondant an mode et à b forme de l'actioB ; pois dans les couches cnrtirales dn cerveau où il existe une sembbble communication, et où doivent se terminer, comme au dernier centre, les fibres du nerf optique.

On pent ainsi expliquer ce fait qu'apK>s l'enlèTeinenl des hémi- «phéres, il peut y avoir encore des mouvements de l'oeil et même du corps par suite des excitations tumineuses; mais les mouvements qni peuvent dériver du sens de b vue, quand le cerveau est intact, n'existent plus tous(l).

\')0. Les phénomènes qui se produisent après rextnH:lion des cou-

menis, au moyen de l*union de ces fibres avec celles qui viennent des autres sens.

151. Les masses principales des corps striés avec les muscles lentiformes constituent, comme le montrent les expériences physiologiques, un point nodal essentiel de ces voies motrices par où s'afTectuc le passage de l'impulsion volontaire aux muscles. Chez les hommes, la destruction des corps striés produit un grand nombre de conséquences qui peuvent se rapporter aux mouvements , même aux mouvements qui doivent produire le langage ; chez l(^s animaux, ces conséquences sont peu nombreuses ou nulles. 11 semble aussi que les corps striés dépendent des hémisphères cérébraux plus étroitement que les quadrijumeaux et les couches

optiques.

Les résultats des observations pathologiques concordent avec ceux des vivisections pour montrer que les corps striés sont des lieux de passage, des hémisphères aux muscles, pour la conduction des impulsions volontaires. Cependant il n'en est pas absolument de même pour les animaux et pour l'homme ; chez celui-ci, la destruction de ces organes amène des conséquences très graves et compliquées; chez les premiers elle ne laisse que peu de traces.

Aux organes liés aux fonctions motrices, il faut joindre encore h*s pédoncules cérébraux, comme on peut le voir par les phénomènes qui se produisent après leur destruction.

L auteur s occupe beaucoup des fonctions du cervelet sur lequel on a émis plusieurs hypothèses ; et, répétant Topinion de Flourens (jui pensait que le cervelet est le coordinateur général des mouvements du corps ; celle de Luys qui pense que c'est en lui qu'est la source excitatrice de toutes les innervations motrices ; celle de Lussana, pour qui le cervelet est le centre des sensations musculaires, il arrive à conclure que < le cervelet est déterminé par les impressions sensitives, à la régulai*isation immédiate de tous les mouvements arbitraires » . C'est l'organe qui met de l'harmonie entre les mouvements du coq^s, excités dans î'écorce cérébrale, et la position de ce même corps dans l'espace?. C'(*st par suite un des organes les plus importants parmi ceux qui servent d'intermédiaires entre le monde extérieur et l'ûme.

L anatomie semble justifier ces hypothèses physiologiques. En effet, par le pédoncule cérébellaire inférieur, le cerveha entre dans le parcours des voies sensitives ; cette communication se complète probablement du côté des nerfs optiques et des nerfs cîérébraux antérieurs ou sensibles, par les libres qui vont dans l'enveloppe médullaire antérieure. Quant à la communication par le haut, elle se fait sui*tout au moyen du pédoncule cérébellaire transverse [processus ad pontem), qui, avec la base du pédoncule cérébral, monte jusque dans les parties antérieures de I'écorce cérébrale. Les fibres du nerf acoustique communiquent aussi avec le cervelet. C'est ainsi

126 PSYCHOLOGIE PDYSIOLOGtQl'B

que peut s'cspli()uer, selon WundI, la régularisation des mouvements variés du corps dans l'espace.

152. Jusqu'ici IcsdOductions physiologiques sur les foncUonsducerveau avaient été faites par une seule méthode, consistani dans la destruction du cerveau (hémisphères) et des ganglions sous-jacenls, corps striés, couches optiques, corps quadrijumeaux, etc. C'est là un processus, une méthode de différence. L'absence de la fonction, quand l'organe manquait, faisait induire que l'organe manquant était bien l'organe de la fonction. Mais cette méthode seule élail-elle suffisante pour établir avec certitude ce que l'on cherchait ? M'y a-t-il pas, quand on détruit une partie des centres encéphaliques, des phénomènes concomitants, soit irritation, soit lésion des parties latt'Tales conllguës t M'attribuait-on pas souvent à un ganglion ce qui ne lui appartenait pas, par cela seul que les fibres qui le traversent ont leur vrai centre ailleurs, et que leur destruction en ce point détruit la fonction qui devrait s'accomplir et s'achever ailleurs ? Toutes ces difficultés se sont présentées à l'espiit des physiolof^les expérimentateurs qui ont cherché à éviter autant que possible les erreurs; mais les divergences d'opinion n'en subsistent pas moins. Ne peut-on employer une méthode complexe qui tienne compte des ressemblances et des difiérenccs ?

Jusqu'en 1870, les plus habiles expérimentateurs ont cru que l'ccorce cérébrale n'était pas excitable par les courants galvaniques. Ce hireat les Allemands Fritscb et Hitzig qui les premiers provoquèrent des mouvements en appliquant directement le courant électiique aux hémisphères cérébraux. Leurs études furent faites sur le cerveau du chien, et ils purent ainsi localiser quelques mouvements dans certaines régions de l'écorce cérébrale. Us déterminèrent ainsi

FONCTIONS DE l'eNCÉPHALE 127

hémisphères autres que celles qui leur avaient permis d'établir cinq centres moteurs, n*obtînrent aucun effet, et ils conclurent de là à Tinsensibilité de ces parties. Ferrier a opéré d'une manière variée, et avec des forces différentes sur les diverses régions hémisphériques, et il est arrivé à des résultats plus complets et plus concluants. 11 expérimenta sur des singes, sur des chiens, des chats, des lapins, des pigeons et des chacals ; et toutes ses expériences coïncidèrent. 11 donne des figures spéciales, où sont marqués différents cercles numérotés indiquant les centres de localisation qu*on peut rapporter à des fonctions. 11 en compte jusqu'à 15, et une grande partie de ces cercles occupe le lobe pariétal et le temporo-sphénoïdal ; le frontal et une partie de Toccipital n'en contiennent pas ou presque pas, ces parties étant restées inexcitables, ou, comme loccipital, n'étant excitables que d'une façon indéterminée et trop indéfinie pour qu'on puisse tirer quelque conclusion des expériences.

154. En observant les divers mouvements des animaux pour les excitations localisées, faites avec toutes les précautions indiquées par lui, Ferrier a remarqué que quelques-uns d'entre eux ne pouvaient être que des mouvements réflexes produits à la suite d'excitations sensitives ; par suite, il suppose qu'il y a des centres sensitifs qui, excités par le courant électrique, provoquent des sensations subjectives auxquelles répondent les mouvements réflexes.

Ainsi, aux nombres 13 et 13^ (chiffres correspondant à des localisations, fig. 31), les effets généraux sont des mouvements des yeux auxquels s'associent souvent des mouvements de la tète en sens oppose, et ti'ès fréquemment la contraction des pupilles. « Ces phénomènes semblent être des mouvements purement réflexes, (*onséculifs à l'excitation d'une sensation visuelle subjective (1). » L'auteur se sert alors de la méthode qui consiste à détruire ces centres. « La destruction d'un seul côté provoque la cécité de l'œil opposé. La perte de la vue est complète, mais non permanente, si l'autre côté est intact ; il se produit rapidement une compensation, de telle sorte que la vision devient de nouveau possible, même pour les deux yeux. Mais, après la destruction des deux côtés des hémisphères, la perle de la vue est complète et permanente, aussi longtemps, au moins, qu'il est possible d'observer l'animal. » L'auteur en induit que cette partie des hémisphères constitue un centre sensitif de vision ; les mouvements qui suivent l'excitation électrique ne sont que réflexes par rapport à la sensation subjective. 11 appuie ses conclusions particulièrement sur ses expériences et sur ses observations.

Ce qui est vrai pour le sens et le centre de vision, l'est aussi pour le centre auditif. « L'excitation de la circonvolution temporo-sphénoïdale supérieure (n" 14) chez le singe est suivie de cerUiins effets définis: c'est-à-dire que l'oreille du côté opposé s'abaisse ou se

{l) Op. cit., chap. ix«

128 PSTCHOLOGIF. PHYSIOLOGIQUE

dresse subilemcnt, que les yeux sont grands ouverts, les pupilles dilatées, que les yeux et la tête se dirigeut du côté opposé.

( Ces phénomènes ressemblent au tressaillement brusque, ù la surprise qui se manifestent quand un bruit considérable se produit à l'oreille op|>osée ù l'hémisphère excité. > L'auteur expérimenta sur l'animul intact, en le plai,^ant sur une table, et en produisant un bruit subit et considérable. Les apparences furent les mêmes. Il passa ensuite à l'expérience du la destruction de la circonvolution susdite, et, d'après les diverses observations qu'il a faites, il croit que l'animal devient réellement sourd.

Et continuant ainsi, il place dans la région de Vhippocatnpe le centre de la sensibilité tactile; dans le Subiculum cornu Ammonis (il)) celui du goât et de l'olfaction.

L'irritation des lobes occipitaux ne produit aucun eflet ; mais l'ablation de ces lobes, bien qu'elle ne trouble aucune fonction motrice, entraine pourtant quelques conséquences. L'auteui' a observé que l'animal perd l:i volonté de manger. Quoiqu'il ne conclue pas avec la même certitude que pour les autres localisations, il tend à localiser dans les lobes occipitaux les sensations viscérales qu'il laisse, du reste, aux futures investigations des physiologistes.

Lus centres susdits sont donc sensilifs, et leur destruction ne donne lieu à aucun phénomène de paralysie motrice.

Les autres centres sont moteurs. Ici l'auteur continue ses expérimentations par la même méthode, et obtient les résultats que nous avons déjà indiqués.

Restent lus lobes antéro-frontaux du cerveau, qui ne répondent pas à l'excitation électrique. Après les avoir enlevés, l'auteur a observé uii cliiingciiU'iit in's iiaHililc <l:iiis !<■ l'arai'lêD' et dans ]:i

FONCTIONS DE l'eNCÉPHALE 129

Femer n'a pas borné ses expériences aux hémispliëres, il les a étendues aux autres éléments de Tencéphale, corps striés, couches optiques, corps quadrijumeaux, cervelet. Ici encore il a employé la méthode complexe, c'est-à-dire l'excitation électrique, et la destruction des régions et des masses qui sont examinées et soumises à Texpérîence.

155. Pour Ferrier, le mhencéphale est constitué par le pont de Taro/e, les quadrijumeaux et le cervelet, L(»urs fonctions peuvent se réduire à trois classes :

l'' Fonctions d'équilibre, ou maintien de l'équilibre physique;

2*^ Coordination de la locomotion ;

3^ Expression des émotions.

Le maintien de l'équilibre implique le travail de trois facteurs différents, agissant conjointement : 1"" un système de nerfs afférents; 2<> im centre coordinateur ; 3** des fibres efféi*entes jointes au système musculaire impliqué dans Taction.

c L'appareil afférent est complexe, mais il consiste principalement en trois grands systèmes qui, réunis, forment cette synesthèse d'où dépendent le maintien de l'équilibre et la coordination. L'équilibre est rompu par la lésion d'un, de deux ou de tous les systèmes. Ces systèmes sont : 1* les organes de réception et d(î ti^ansmission des impressions tactiles ; 2"" les organes de; réception et de ti*ansmission des impressions visuelles ; 3** les canaux semi-circulaires de l'oreilU; interne?, avec leurs nerfs afférents (1). » C'est ce que lauteur montre longuement, en même temps qu(* h*s deux autn^s fonctions du mésencéphale (2).

Le cervelet, qui fait partie du niésencéphale, mais qui, à certains égards, peut être considéré comme formant lui-même un système, a semblerait », comme cela résulte de nombreuses expérienc(»s, « être un ensemble complexe de centrc^s individuellement différenciés, qui, agissant ensemble, règlent les diverses adaptations musculaires nécessaires au maintien de l'équilibre du corps, tout déplacement de Téquilibre autour d'un axe horizontal, vertical ou oblique, agissant comme une excitation pour le centre particulier qui a besoin de Tarlion compensatrice ou antagoniste (3) > .

156. Les couches optiques elles corps striés forment les ganglions de la base du cerveau, c Ce sont des masses ganglionnaires intercalées sur le parcours des fibres qui unissent l'écorce cérébrale axw pédoncules cérébraux, et par ceux-ci à la périph<'»ri(î. Les corps striés sont les ganglions qui sont situés sur le passage du système des fibres partant du pied ou de la base du pédoncule, ce (lui est Tindicatiou anatomique de leur rôle moteur. »

* Les couches optiques sont avec \e tegmentum (fibres sensilivesdu

(1) Op, cil., chap. IV, ni>. 72-75 et suiv. (:?) Papes 72-102.

(3) Ibid., pp. 176-7.

Sergi. 9

PSVCBOLOGIE PHTSIOLOGIQUE

pédoncule), dans le même rapport que les corps striés avec la base (fibres motrices) (1). »

Les corps striés sont des organes moteurs; et ce Ciït, ajoute l'auteur, est un de ceux qui sont le mieux établis par la paUioIogie du cerveau humain. Les couches optiques ont rapport aux sens et aux sensations. Leur destrucUon amène la destruction des sensations. Cette opinion est très conforme à celle de Luys, que d'ailleurs cite ce même Ferrier (2).

157. Enlin, les hémisphères sont les oignes de la sensibilité consciente, du mouvement, etsurtoutdu mouvement volontaire. L'auteur admet que la conscience est l'œuvre des hémisphères, et non des autres parties du cervean qui peuvent très bien avoir la faculté de s'adapter et de; répondre aux excitations centripètes ou sensitives, sans être pour cela douées de conscicnct. ; cette Encultc est en partie héréditaire, et en partie acqnis<. par I animal et par 1 homme dans leur développement de toile sorte que les mouvements correspondants peuvent se produire alors d ime fd^on automatique et inconsciente, sans que les excitations sensitives passent par les centres de conscience ou hémisphères cciebraux Lauleui émet alors une

FONCTIONS BF, L EKCËPHALE

en perdant les hémisphères, ne tombent pas dans le môme éuit, et ne perdent pas la conscience. Les oiseaux principalement, les poissons semblent conserver leur faculté locomotrice, comme la coordination des mouvements. Ferrier dit que les animaux qui font un plus grand usage des mouvements volontaires perdent plus facilement la faculté et la coordination motrices, paree qu'elles dépendent alors des centres conscients, au moyen dcs<|ue!s elles se sont principalement acquises ; mais ceux, au contraire, qui naissent avw une adaptution déjà complète aux excitations cenli'îpctes, perdent moins le pouvoir de coordbiation ou le perdent (oui à fait (I).

Il accepte donc l'opinion de Ffourens qui admet que l'ablation du cerveau entraîne la perte de la sensibilité (consciente).

158. Comme il a expérimenté sur des cerveaux d'animaux et non

«e de '01^ (liKvriSeaH liiiiiiaiit [d'apri's FprriiTi. I. b-iilii- ilPa ninuivicil eldcld jdmbc; S,3.4,i'«ntru8 puur ks ilivereiiiiiuvciiiciils i:i>in|)lcvt!« 1 de« ianibps; 5, pour la projection m a\anl du lira» et île In main; .. supination ds la main cl flexion de l'avant-braa;?, x.reniiVB de» l'Iitcaieiira et des rabaisseun resfwcuru de l'angle de la lK>uclie;V, 10, mouvement» den livres el do la tangue; II, Téliaiilon do l'in^ d« la Iwiurbe; 13, moutemcnU lahimut de la t^lc

** ■■ TorrlrtalioB de» paupicTes et dilalatliin do la piiiiillei 13, t.T cruim

(. renlK de l'audition, wimn»

9, irenire de l'odor,it.

de la vision; 1

!t du lolie tem|ior(Mi|>iii''ni>ïdal,ou suU-

rl'hommes, l'auteur montre l'analogie des parties constituantes du cerveau des hommes et de celui des singi's sur lesquels il avait fait un

(I) "p. eit., y 7( 87. — Cfr; (Slap. iX.

132 PKVCHOLOGIB PUySIOLOCIQUE

grandnombred'expérieDces. 11 place les mêmes centres de localisation ca des endroits correspondants de l'un ei de l'autre cerveau, comme dans les deu\ figures ci-jointes (lig. 31 et 32).

159. D'autres observations, outre celles de Ferrier, ont été faites. Munk en Allemagne, Luciani en Italie, Charcot et Peter en France se sont occupés spécialement de la question. Bien qu'ils nesoient pas complètement d'accord «mtre eux dans leurs conclusions, un l'ait très important ressort de leurs observadons, c'est que la localisation des Tonctionsdans l'écorcc du cerveau chez les animaux et chez l'homme est certaine. Les preuves pathologiques fournies par les observations cliniques coatirment de plus en plus le fait. Beaucoup de ces pi-euves ont été données par Hughiins, Jackson, par Ferrier, par Tamburini et Luciani, par Charcot et autres. Il en est pourtant qui, admettant les localisations dans l'homme, limitent le fait à quelques points sans en rien induire pour d'autres régions oîi il n'est pas complètement certain. Ainsi Exner regarde comme entièrement véririéc une localisation dans l'écorcc cérébrale, c'est celle de la circonvolution centrale antérieure et postérieure, et de la continuation dans le lobule central ; celte partie est une région motrice. Il admet aussi la localisaUon pour la parole (I).

160. Résultats et conclusions. De l'exposition sommait^ qu'on a laite des opinions et des inductions physiologiques de quelques expérimentateurs récents, on voit, d'un côté, une grande divergence d'hypothèses relativement aux fonctions du cerveau, et il semble qu'on ne puisse avoir ù ce sujet aucun résultat positif et certain ; d'un autre côté, on peut trouver une certaine concordance dans un résultat général, la seule chose ([ui me semble possible dans les conditions actuelles de la s

FONCTIONS DR L*ENCÉPnALE 133

son opinion ; les divers centres sensitifs et moteurs étant détruits, la sensibilité est abolie, et l'énergie motrice est paralysée. Pour C:h*penter la conscience réside dans les ganglions sensoriels (couches optiques, corps striés), même celle des excitations des couches corticales du cerveau qui sont un centre idéomoleur. Celui-ci est par rapport au centre de conscience, et pour les idées et les mouvements volontaires, ce que sont les organes sensoriels périphcTiques. Il excite les idées (provoque les idées) et le mouvement volontaire dans les ganglions sensoriels ou conscients, après avoir été excité luimême par les fibres irradiées des couches optiques ; et par réflexion au moyen des autres fibres allîint aux corps striés, il excite les mouvements volontaires. En d'autres termes, les phénomènes intellectuels et les mouvements volontaires se produisent par réflexion des couches corticales sur le «eiL^or iiim, tandis que, pour Ferrier etLuys, ils se produisent directement. Cependant pour Carpenter, les hémisphères sont aussi les centres de l'intelligence et de la volonté. C'est ce qu'admet aussi Lussana; toutefois ce dernier retranche aux hémisphères la sensibilité qu'il attribue seulement aux couches optiques, aux corps quadrijumeaux, au cervelet, à la moelle allongée, etc. ; il regarde les hémisphères comme étant exclusivement les oi^;anes de l'intelligence, des instincts et de la volonté.

On peut donc regarder comme établi ce principe, que les hémisphères sont centres d'intelligence et de mouvement volontaire. C'est ce qui résulte des hypothèvSes de Schiff, de Wundt, comme de celles de Flourens, de Magendie, de Vulpian. La différence consiste donc dans lextension plus ou moins grande donnée aux phénomènes, c'est-à-dire dans ce fait qu'on y comprend ou qu'on en ex(!lut les phénomènes de la sensibilité spécifique, ou sensibilité proprement dite. Lussana principalement est pour Texclusion absolue. Mais il semble que désormais on peut regarder comme établi le fait des localisations cérébrales, depuis les premières expériences de Hltzig, jusqu'aux expériences récentes de Ferrier et d'autres, et que par suite on ne peut plus refuser aux hémisphères d'être des centres particuliers de sensations. Ainsi, les hémisphères sont les centres de la sensibilité proprement dite, comme ils le sont de l'intelligence et de la volonté. En considérant d'ailleurs le fait au point de vue psychologique, on ne peut séparer d'une façon aussi absolue que le fait Lussana le phénomène sensitif des phénomènes subséquents qu'on a coutume d'appeler phénomènes d'intelligence, de même qu'on ne peut séparer la sensation de la perception, encore qu'on en veuille faire deux phénomènes distincts. Il ne semble donc pas possible psychologiquement qu'il y ait un centre sensitif séparé entièrement d'un centre exclusivement intelligent et volontaire ; et physiologiquement, la preuve de ce fait existe, comme j(» l'ai dit.

Il ne faut pas entendre les localisations cérébrales dans le sens de }a phrénologie, laquelle, comme le dit très bien WuQdt, correspond u

134 PSYCHOLOGIE PRYSIOLOT.IQVE

la théorie de l'énergie spécifique des nerfs ; ces localisations dérivent des diverses fibres sensidves et motrices irradiées du mésencéphale dans les diverses directions des liémisphëres. Le mésencéphale est en communication directe avec les organes des sens, et avec le système musculaire. En lui se concentrent et s'unissent toutes les voies de communication sensitives et motrices, et de lui partent de nouvelles voies à travers les hémisphères, lesquelles voies mettent en relation les diverses parties de ces centres avec les premières voies, c'est-à- ' dire avec les organes sensoriels et moteurs. Les relations du mésencéphale avec les couches corticales sont diverses et de directions différentes, c'est pourquoi les divers points des hémisphères diffèrent par leurs relations diverses. Cela ne veut pas dire qu'il y ait une séparation absolue, mais que, au contraire, il doit y avoir un lien entre les diverses voies de communication, par l'harmonie entre les actions el les réactions. Et ce lien se trouve à la vérité, tant il est vrai que dans l'expérience il n'est pas possible de limiter les phénomènes d'une foçon absolue. La locahsalion cérébrale semble être, à mon avis, d'une conception facile et je dirai même naturelle, parce qu'on ne peut supposer que le cerveau remplisse eu une seule fois toutes ces fonctions ensemble, et une partie de ces fonctions, ou qu'il doive être excité tout entier pour une seule fonction.

Le mésencéphale apparaît donc comme une première station, où convei^nt les communications extérieures, pour arriver de là au cerveau. Toutefois, il est lui aussi difl'érencié ; il a des parties distinctes qui ne sont pas séparées, mais unies et connexes, comme le sentiment l'est au mouvement, l'action à la réaction. Et, bien qu'un ganglion paraisse présider au mouvement, et un autre à la sensibilité, OD trouve pourtant dans le premier des éléments sensitifs, et dans

FONCTIONS DE I/ENCÉPHALË 135

Ferrier lui-même en donne Texplication en ce sens que, là où les ganglions encéphaliques dominent par rapport aux hémisphères, la vie de relation est plus sous leur dépendance ; tandis que dans les animaux, où les hémisphères ont un très grand développement (comme chez Thomme), une grande partie des fonctions est passée à ces hémisphères ou bien ces mêmes fonctions ont pris un développement plus grand en s'étendant aux organes supérieui*s, et par suite la destruction des hémisphères ne peut se faire sans produire des conséquences plus fatales que dans les animaux inférieurs. $el(m Fenier, les animaux privés de cerveau seraient de pures machines, non des êtres sentants. La conséquence ne serait-elle pas la même pour ceux qui sont nalurellement dépourvus d'hémisphères ?

J'admets avec tous les autres physiologistes que la conscience se trouve dans les ganglions encéphaliques, non pas la conscience claire, distincte, telle qu'elle existe dans les couches corticales, mais une conscience rudimentaire, conscience des phénomènes au moment où ils se produisent. Cela est vrai des animaux qui ont les oi^anes supérieurs très développés ; quant aux autres, cette conscience rudimentaire est la seule dont ils sont capables dans toute leur vie psychlqnc.

Dans les corps striés, la fonction motrice semble dominer, au moins pour les physiologistes anglais, pour Luys et pour quelques autres, comme pour Wundt ; dans les couches optiques, c'est la fonction sensitive que Ton trouve, entièrement pour Ferrier, Luys et Carpenter, partiellement pour les autres, Wundl, Lussana, SchltT ; dans les corps quadrijumeaux est localisée la sensation visuelle et motrice ; dans les pédoncules, le mouvement. Dans le cervelet, qui donne lieu a des théories si diverses, domine la fonction de motricité, comme cela résulte de ces opinions si diverses elles-mêmes ; pour Ferrier, c'est un complexus de centres qui se rapportent aux mouvements. Je le répèle, je pense que ce ne sont pas des centres exclusifs, et de là viennent les divergences dans les inductions physiologiques tirées des expériences. Les connexions encore inconnues expliquent la diflérence des phénomènes qui suivent l'expérimentation. La physiologie future éclaircira les difficultés actuelles, et fera disparaître les erreurs.

161. Parmi les diverses fonctions très importantes, capitales, des circonvolutions cérébrales de l'homme, il faut placer celle du langage. C'est Broca qui le premier a attribué la cause de la perte du langage, ou aphasie, à la destruction de la circonvolution frontale antérieure. Après lui on a étudié beaucoup d'autres cas qui ont confirmé ce qull avait soutenu. A la destruction ou paralysie de cette partie du cerveau, ne succède pas la paralysie des muscles du langage; les organes moteurs sont intacts, mais l'homme qui en est aflecté perd la faculté de parler en tant que fonction psychique, comme si cette cir-

136 PSYCnOLOGIE PlIVSIOLOfilQUE

convolution était l'oi^ane de celle foaction (1). Néanmoins, il se prësenie des faits qui semblent contredire rettt^ localisation. Les observations sont seulement patholot;iques, cl, |>ar suite, il s'a^t de la situation de la lésion qui produit l'aphasie. Je fcmi mieux de rapporter les paroles mêmes de Kichel, sur les conclusions aa\ objections. lUeliet d'ailleurs se sert de Broca lui-même :

1° La l(>sion d'une circonvolution et même d'une rtigion très limitée de l'écorce peut à elle seule déterminer l'aphasie ;

2° Celle circonvolution est la partie postérieure (on dît généralement les pieds) de la troisième circonvolution frontale du côté gauche (circonvolution de Broca) ;

3" Toutes les fois que la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale gauche est lésée, il y a aphasie.

Toutefois, celte dernière loi n'est pas absolue. Il y a des cas oii on a noté une lésion dans Vile. Dans d'autres cas, l'aphasie coïncide avec les lésions de l'hémisphère droit : dans d'autres, il y a lésion de Ja troisième circonvolution frontale gauche, sans qu'il y ait aphasie.

1 Voici comment on peut classer les exceptions :

1 A. Aphasie sans lésion de la 3' frontale gauche ;

t a. Avec lésion de la 3' frontale droite ;

• b. Sans lésion de la 3' frontale droite.

t B. Lésion de la 3* frontale gauche, sans aphasie,

• a. Aveclésion de la 3' frontale droite; t 6. Sans lésion de la 3* frontale droite. < Que prouvent ces exceptions t

t Si sur 100 malades affectés d'une même maladie, on trouve 99 fois la même lésion, et une exception, faut-il dire qu'entre la lésion et la maladie il n'y a pas rapport de cause à elTet? Si sur 100 muets

FONCTIONS I)E L*ENGÉP]IALE

rhémisphère droit. Ce sera un gaucher de la parole, selon Texpression spirituelle de M. Broea (1).

162. Il est utile de noter ici le rapport qui existe entre le poids et le volume du cerveau et rintelligence. Comme tout autre organe, le cerveau, dans les conditions normales de l'individu, est en continuel développement depuis la période fétale jusqu'à TAge adulte. Il semble qu'en moyenne, et généralement, il croit vers son maximum de poids et de volume jusqu'à 1 âge de 30 à 40 ans ; à partir de .^)0, il va en diminuant : il y a cependant des cas individuels où l'accroissement continue jusqu'à cinquante ans et plus. Tandis que le poids du cerveau est de 1372 grammes entre 20 et 40 ans, il se réduit à 1324 entre 50 et 60 ans chez les hommes. Chez les femmes, qui ont généralement un cerveau plus petit, le même rapport existe. Le poids du cerveau est chez elles de 1230 gr. de 20 à 30 ; entre 50 et 60, il descend à 1210. De 60 à 90 ans, il y a une réduction de poids encore plus considérable.

Le tableau suivant extrait de Boyd montre clairement le processus de développement du cerveau à partir de la naissance :

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