MOUVEMENT RÉFLEXE ET INSTIKCT
des intestins, la déglutition, la colique et la diarrhée, le vomissement.
2^ La seconde classe renferme les actions qui affectent la vie orgsmique par Tintermédiaire des muscles volontaires. Les plus importantes sont la respirationy la succion^ la toxiXy Véternûment,
3^ Actions réflexes affectant les fonctions organiques, par Tintermédiaire des centres cérébro-spinaux et des muscles involontaires. Ce sont, la salivation^ les larmes^ le mouvement de Viris.
i° Dans la quatrième classe se trouvent celles oii les muscles plus ou moins volontaires sont affectés par Tintermédiaire des centres cérébro-spinaux. Nous approchons ici des actes volontaires : le stimulus est, dans tous les cas, accompagné d une sensation, et le mouvement, (le Tordre de ceux que peut produire la volonté. Mouvement du muscle ciliaire, dans l'oreille, mouvements réflexes des sens en général : c On entend par ces derniers les mouvements spéciaux de l'organe du sens même, qu'on distingue de ceux qui, sous l'influence d*unc sensation vive, aflcctent une région plus étendue. Ainsi, un objet placé dans la main stimule d'une façon spéciale les muscles tenseurs des doigts, et produit en outre des effets plus éloignés qui s'associent à la sensation pour constituer un fait de conscience (ij.>
425. PaiTni les actions réflexes, quelques-unes sont conscientes, d'autres inconscientes ; les unes sont précédées d'une sensation, les autres de simples excitations inconscientes. Sont inconscients : les mouveioflBiits intestinaux, beaucoup de mouvements de l'estomac (le vomissement toutefois est conscient) ; sont inconscients aussi les mouvements des vaisseaux en général ; mais ils sont conscients pour les vaisseaux dont la dilatation produit la rougeur du visage, nous sentons alors ordinairement une augmentation de chaleur sur la peau du visage. La respiration, le rythme du cœur sont conscients, comme aussi la déglutition et la toux. En général, on peut dire que les mouvements excréteurs des glandes sont inconscients; mais les émissions de sécrétions peuvent devenir conscientes, comme celle des larmes; celles des glandes sébacées sont entièrement inconscientes. L érection des poils se fait sentir comme une sensation de froid qui l'accompagne naturellement. L'accommodation des yeux et la contraction de l'iris sont en certains cas conscientes, c'est-à-dire quand il y a un effort plus grand ; dans les cas ordinaires de mouvements très petits on n'en a pas conscience.
D'après ces considérations, il me semble que la théorie de certains auteurs qui posent l'inconscience comme caractère de l'action réflexe est inexacte.
426. Une classe de mouvements qui a beaucoup d'analogie avec les mouvements réflexes, est celle qui comprend les instincts.
La ihéorie qui a prévalu pendant longtemps sur les instincts est facile à concevoir, mais elle n'explique rien. Selon elle, l'instinct est
(1) Bain, les Sen$ et Vlnteltigence, part. 1, ch. iv.
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une tendance [nnée, primitive, naturelle, par laquelle les êtres vivants sont amenés ù acromplir certains actes dont ils ignorent le but. Mais il ya des Taits qui combattent cette tbéorie; le principal, c'est que les instincts se perdent et s'acquièrent, et même se modifient. En outre, elle se trouve en contradùaion directe avec l'hypothèse de l'évolution, que nous avons vue dominer dans tous les phénomènes psychiques.
Si nous acceptons comme vrai que la structure et les Tonctions, dans les êtres vivants deviennent plus complexes et plus composées avec révolution, et qu'elles se conservent par l'hérédilé, nous pouvons trouver une théorie de l'instinct qui soit en harmonie avec le principe même de l'évolution. La théorie nouvelle a été établie par Darwin et Spencer qui ont examiné l'évolution dans toutes ses applications i la vie animale.
427. L'instinct ù accomplir certains mouvements est comme la tendance dans les sentiments et dans l'intelligence. Une adaptation organique aux conditions extérieures, conservée dans l'organisme, et se manifestant dans des circonstances analogues à celles qui l'ont produite pour les premières fais, non pas seulement dans l'individu, mais encore dans l'espèce, telle est ia conception plus générale de l'instinct suivant l'hypothèse de l'évolution. Par suite, bien qu'on veuille placer l'instinct parmi les phénomènes du mouvement, peutêtre parce qu'il se manifeste au moyen des mouvements, c'est pourtant un Tait qui comprend, dans son ensemble, la sensibilîlc et k mouvement à tous les degrés de leur développement, même les plus élevés.
C'est donc tm instinct que cette tendance que l'on a remarquer dans les sentiments ; c'est un instinct que celte aptitude intellectuelle
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mouvement, comme dans l'action réflexe, avec cette différence toutefois que, dans cette dernière, la connexion est manifeste, tandis qu'elle ne Test pas dans l'action instinctive ; et comme l'excitation n'est pas consciente ou n'apparaît pas, le mouvement instinctif semble n'avoir pas d'antécédent.
429. J'ai dit que l'instinct semble être une action réflexe, et, de fait, Spencer le nomme une action réflexe composée. Le caractère de l'action réflexe est la parfaite correspondance entre l'excitation et le mouvement, c'est-à-dire qu'il ne peut y avoir de mouvement qui ne soit pas en rapport avec l'excitation stinmlante, et c'est ce qui arrive aussi dans Tinstinct. L'action volontaire prend aussi ce caractère après que les mouvements se sont accommodés par suite de l'habitude.
L'action réflexe peut être simple et composée. Elle est simple quand, après une excitation particulière, vient un mouvement particulier ; elle est composée quand, d'une série ou d'un nombre quelconque d'excitations, il résulte une série ou un certain nombre de* mouvements combinés et connexes. Or, quand les forces naturelles agissent sur les êtres vivants, les excitations doivent être ou simples ou composées, et des mouvements correspondants doivent suivi'c ces excitations. Toutefois, les excitations peuvent dériver non seulement de sensations périphériques et se rapportant à la vie de relation, mais encore de sensations générales et relatives à la vie de nutrition et de reproduction. Les mouvements correspondants, produits directement, peuvent convenir à la nature des excitations, et la satisfaire, et alors ils sont préférés ; par la répétition ils deviennent connexes avec la satisfaction produite, et ils acquièrent une forme qui est relative au but, ou au motif pour lequel ils ont été suscités. En d'autres termes, roninie l'établit Darwin, ces mouvements, par sélection natur(;Ile, s'adaptent à certaines lins de la vie de nutrition ou de relation ou de reproduction, lesquelles fins sont manifestées par les excitations ù la satisfaction des besoins, comme la conservation individuelle, ou celle de l'espèce, les relations avec les autres individus de Tespèce ou ceux des espèces différentes.
Mais les instincts plus simples peuvent s'expliquer par des actions réflexes primitives, suscitées par certaines excitations ; les plus complexes supposent quelques perceptions av(*c un certain degré de clarté, le discernement, et Tassociation entre les sensations, perceptions et mouvements, en même temps qu(î la satisfaction et le plaisir éprouvés ù leur occasion. C'est-à-dire (ju'elles supposent une expérience qui commence par les individus de l'espèce, et qui reste dans l'espèce pur une adaptation aux conditions naturelles» Dans l'espèce, elles deviennent des formes orgamcjucs, comme les fonctions primitives des organes, de sorte qu'il suflit d'une seule <!Xcitation (^ui soit connexe avec umî série d'autres excitations et
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avec les mouvements rclulirs pour reproduire loul le complexns des aclioDS aduplécs au but dëjù établi par la nature.
L'évolution explique mieux les faits, parce que les mouvements mstinclirg sont en rapport avec le développement organique des animaux, prind|>alement avec les systèmes nerveux et musculaire. C'est ainsi qu'on trouve que les instincts des animaux plus complexes et plus élevés dans l'échelle xoologiquc soiu plus complexes que ceux des autres animaux inférieurs qui sont privés d'organes nerveux et musculuii-cs. Si l'homme, qui n'a pas les instincts merveilleux des autn» animaux, semble faire (exception, la i-aison en est que chez lui l'activité psychique consciente est plus développée du cAté volontaire et rationnel ; par suite, une série d'actions dépend plus de ces condillons que de l'expérience de l'espèce.
< Cuvier avait soutenu que l'instinct et l'intelligence sont en raison invei'se; et d'auires ont soutenu encore que les facultés intellectuelles des animaux supérieurs se sont développées gi-aduellcment h partir de leurs instincts. Mais Pouchct montre que cette relation inverse n'existe pas entre l'instinct et l'intelligence. Les insectes qui possèdent les plus merveilleux instincts sont certninement les plus intelligents. Chez les vertébitrs, les animaux les moins intelligents, par exemple les pois-sons et les amphibies, n'ont pas d'instinct complexe ; et parmi les manunifères, l'animal chez qui l'instinct est le plus développé, le castor, est très intelligent (I). .
Toutefois Darwin, tout en admettant, avec .Spencer, que la première apparition de l'inlelligencc dérive de la multiplicité et de la coordination d'actions réflexes, et que quelques instincts simples sont placés parmi tes actions de cette espèce dont ils se distinguent à