‹ La Psychose de Gilles de RaisChapitre 35 sur 36 · Joffroy et Dupouy, op. cit · texte numérisé non relu

Joffroy et Dupouy, op. cit

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nous ramènent vers le déséquilibré, le dégénéré supérieur nettement défini par Magnan. Notons toutefois que les impulsions relevant du psychisme inférieur, basées sur des sensations, aberrations diverses, le rapprochent des dégénérés moyens et que ses tendances à la nécrophilie pourraient le faire descendre plus bas encore.

Suivant un mot heureusement nuancé par Ré-

gis (1) mieux qu'un dégénéré, c'est un dégénérescent.

1, Régis. Précis de Psychidtrie.

Conclusions

Après les copieuses investigations qui précèdent d’inéluctables réflexions s'imposent.

D'abord j'ai résumé les ambiances contemporaines de Gilles, le cadre de sa vie mouvementée et déconcertante, le cours cahoté de celle-ci.Ensuite j'ai crayonné l'esprit du Maréchal, guerrier pieux, artiste aigu et cruel, assassin voluptueux, mystique exalté ; enfin j'ai tenté la tâche délicate de rechercher dans ces éléments disparates la lare imperceptible d’abord, la félure vraie qui expliquât cette exhorbitante existence. Et de tout cela il me semble résulter ceci :

D'abord ceux-là errent qui veulent expliquer par l'incertaine influence d'un Satan problématique les exactions de Gilles, et il me paraît que mettre son satanisme et sa magie en facteur commun de ses meurtres est tomber dans une erreur aussi enfantine que celle des paysans voyant dans une bête apocalyptique l'être fabuleux qui dévastait leur descendance.

Mieux que ces improbables choses, et à défaut des stigmalcs physiques qui ne nous sont point parvenus,

MARS pos s

mais qu’un examen approprié eût sans doute dévoilés, l’étude minutieuse de son défectueux psychisme doit nous expliquer les actes du Sire de Raïs.

Selon toute probabilité, Gilles est un déséquilibré, un de ces dégénérés supérieurs que classa Magnan et dont l’âme virevoltante, ouverte à tous les vents malsains des tentations saugrenues, s'est ruée en des tendances vers l’Au-delà : mysticisme, salanisme, soif du merveilleux, en même temps que le déformaicnt parallèlement les ruts irrésistibles d’un instinct sexuel hyperesthésié et faussé : perversions . sexuelles, sadisme, cruauté voluptueuse, puis nécrophilie.

En outre, il doit être rangé dans cette classe de dégénérés, bien établie aujourd’hui, des impulsifs conscients qui,loin de repousser l'obsession nuisible, l’accueillent et le perfectionnent et chez qui la volonté, non seulement défaille à sa fonction de suprême contrôle, mais encore atteinte, elle aussi, par | le processus morbide et pervertie courdonne les autres facultés en vue de la complète exécution de l’acte anormal âprement voulu.

Vu : le Président de la thèse

THOINOT Vu : le Doyen

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