‹ La pucelle de BellevilleChapitre 32 sur 104 · MÉPRISE. LA PATROUILLE. — LA PETITE BLANCHISSEUSE · texte numérisé non relu

MÉPRISE. LA PATROUILLE. — LA PETITE BLANCHISSEUSE

— Voilà ce que c'est I... se disait Gustave en descendant le faubourg Saint-Martin; je veux toujours agir sans réfléchir, et je fais sans cesse des sottises ' Avec un p"u de réflexion je ne serais point allé à cette noce,

où j'étais fort déplacé, et alors je n'aurais pas mis eu l'air le Boisseau-Fleuri!... M"" Ratel ne m'aurait pas appris qu'elle pisse au lit quand elle boit de l'eau; la petilo veuve ne serait pas descendue au jardin, elle aurait dansé avec tout le monde ; ce nigaud d'ébéniste ne se serait pas battu avecmoi ; jen'aurais pas l'œil en compote et le nez enflé; le marié ne serait pas allé chercher un chapeau daus le petit cabinet noir où sa chère moitié s'était enfermée avec cet imbécile qui aurait eu le temps de lui

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mettre et de lui ôler trois ou quatre fois ses jairetièrcs; et la pauvre Lolotle ne se serait pas mis le derrière dans l'eau de puits, parce que le feu n'aurait pas consumé le devant... de sa clieuiiso. Que diable allais-je faire dans cette galère!

Que dirait mou oncle s'il me trouvait sous ce costume... avec cette ligure abîmée?... Diable'.' mais j'y songe... il est à peu près une heure du matin. Iiai-je chez Olivier maintenant?... S'il ne fallait que m'exposcr ;i ses sarcasmes, je serais le premier à rire avec lui de ma mésaventure ;

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mais il y a un portier dans sa maison... ce maudit portier dort maintenant?... car ces gens-là font le désespoir des jeunes gens!... il faudra frapper, réveiller tout le monde... et être vu dans cet état... sale... crotté... ce diable d'ébéniste m'a jeté deux fois à terre... ce chapeau que j'ai pris sans voir clair n'a pas forme humaine... et mon nez!... mon œil!... Pour qui meprendra-t-on?... Je ne veux pas me montrer commecela I... Il faut donc coucher dans la ruel... Maudite nocel... au diable la Villetle, les mercières et les ébénistes.

Gustave était arrivé à la porte Saint-Martin : il restait là incertain s'il tournerait à droite ou à gauche, ou s'il n'avancerait pas du tout. Une idée se présente, elle le frappe, elle lui sourit; il se met à courir vers la rue Chariot.

On se rappelle, ou ou ne se rappelle pas, une demoiselle Lise, blanchisseuse de fin, dont le colonel !\Ioran\'il a paile lu rnmmenrement de cet ouvrage, et avec laquelle

notre héros s'est enfui à seize ans de son collège pour aller se cacher dans une petite chambre, rue duFauconnier. Lecolonel avait rattrapé son neveu et reconduit M"° Lise chez sa mère ; mais comme on ne tient pas un jeune homme sans cesse renfermé, et qu'une petite blanchisseuse de fin doit aller porter le linge à ses pratiques, les jeunes gens s'étaient revus, d'abord très fréquemment et très amoureusement, puis moins souvent et avec moins d'ardeiu'. Gustave avait enfin négligé tout à fait la petite Lise, qui de son côté s'était consolée, et avait bien fait.

Cependant on conserve de l'amitié pour un joli garçon qui, quoique volage, a toujours des manières aimables. On aime à revoir une jolie femme qui nous a fait connaître toutes les douceurs de l'amour et qui

Qui est la

nous en inspire encore quand nous la rencontrons. Ce n'est plus, à la vérité, que le plaisir du moment que nous goûtons avec elle ; mais un moment de plaisir est quelque chose. Gustave et Lise se retrouvaient toujours avec amitié et se procuraient ensemble ces moments-là. -

Quatre ans étaient écoulés depuis l'enlèvement de la petite, et il s'était passé bien des événements. La mère de la demoiselle était morte ; celleci travaillait pour son compte; elle avait pris sa chambre dans un autre quartier que celui où elle était née, parce que ses aventures avec M. Gustave avaient fait beaucoup de bruit dans la rue Saint- Antoine, et que les commis du Petit-Saiiit-Antoine , se permettaient de ricaner lorsque la petite blanchisseuse passait devant le magasin. M"" Lise était désormais sa maîtresse ; elle voulait faire ce que bon lui semblait ; mais elle ne voulait pas être en butte aux propos des mauvaises langues : elle alla donc louer une chambre dans la rue Chariot ; là elle était proche des petits spectacles, elle pouvait espérer la pratique de quelque acteur de l'Ambigu ou de la Gaîté, et cela pouvait lui procurer des billets (vous voyez que la demoiselle est prévoyante); du reste, elle était fort tranquille, et se conduisait aussi honnêtement que peut le faire une jeune fille qui gagne vingt sous par jour et veut porter des chapeaux. Gustave s'était rappelé Lise : elle lui avait donné son adresse à leur dernière rencontre, et le jeune homme savait bien que les petites ouvrières en chambre ne se logent jamais dans les maisons à portier.

Notre héros arpente les boulevards, il arrive rue Chariot; mais il a oublié le numéro : comment faire? parbleu! frapper à toutes les allées; tant pis pour les personnes que cela dérangera dans leur sommeil et qui s'en trouveront mal; tant pis pour les malades, pour ceux qui rêvent avoir ce qu'ils n'ont point; tant pis pour l'auteur qui rêve un succès; tant pis pour le rentier qui se voit devant une bonne table ; tant pis pour l'amant qui obtient un aveu ; tant pis pour le poète qui se croit reçu h l'Académie; tant pis pour la coquette qui désole vingt amants; tant pis pour la vieille qui se croit rajeunie; tant pis pour le joueur qui rêvait un quatcrne à la loterie ; tant pis pour le malheureux qui ne sait pas comment il donnera le lendemain du pain à ses enfants : tant mieux pour la femme qui est couchée avec celui qu'elle adore, tant mieux pour celui dont le honneur est parfait et à qui la réalité ne présente qu'un avenir couleur de rose !

Mais au total il y a plus de tant pis que dotant mieux.

— Bon! voilà une allée... frappons... et frappons fort...

On ouvre une fenêtre au second : une tête coilïée A'nn bonnet de colon s'avance j)our regarder dans la rue.

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— Qui est là?... que demandez-vous?

— Voudriez-vous bien mindiquer la demeure de M"° Lise, blanchisseuse de fin?

— Que la peste vous étouffe, vous et votre blanchisseuse ! Vit-on jamais une chose pareille ! réveiller toute une maison à une heure du matin pour demander une adresse!...

— C'est une affaire pressée.

— Si la g-arde passait, je vous ferais arrêter...

— Vraiment!... et moi, si vous ne vous taisez pas, je vais jeter des pierres dans vos carreaux.

Le monsieur se retira, ferma sa fenêtre en envoNant de bon cœur Gustave au diable.

Notre héros sans se décourager, avança une quinzaine de pas et frappa à une autre allée.

— Cette fois, dit-il, frappons avec plus de douceur; tâchons de ne réveiller les habitants que par degrés.

Il lâche légèrement le marteau d'une petite porte verte ; on ouvre do suite une fenêtre au premier.

— Pour cette fois, dit Gustave, on ne dormait pas, ou l'on a le sommeil bien léger!...

— Est-ce toi, mon ami? demande une jeune femme d'une petite voix douce.

— Oh ! oh ! encore une aventure. Allons, voyons ce que cela deviendra. Et notre étourdi répond un oui étouffé.

— C'est bien mal de te faire attendre si longtemps!... tu sais bien que mon mari est de gaj-de au Château-d'Eau... et qu'il ne quitterait pas son poste pour venir coucher avec sa femme... Attends... je vais te jeter le passe-partout, car je ne puis descendre, je suis en. chemise.

La petite femme se retire de la fenêtre, et Gustave se gratte l'oreille très indécis sur ce qu'il doit faire.

— ■ Une petite femme dont la voix est très douce, et qui vous attend chez elle au milieu de la nuit pendant que son mari fait sentinelle près du Château-d'Eau, cela est bien séduisant... ; mais enfin ce n'est pas Gustave que cette dame attend, et lorsqu'elle s'apercevra de sa méprise, elle sera confuse, désolée; puis si l'ami vient après, comme c est présumable, ce sera bien une autre affaire! il faudra encore se quereller, se battre, mettre une maison sans dessus dessous!... Non!... ce serait une folie, et décidément il ne faut pas accepter le passe-partout.

Tel est le résultat des réflexions de Gustave. Voilà, je pense, une conduite bien sage pour un jeune homme accusé d'être mauvais sujet;

mais, enLre nous, je crois que le petit amour-propre de notre héros fui en partie cause de celte belle résolution. Un jeune élégant ne se sent pas le courage de se montrer pour la première fois à une femme sous un costume qui ne lui va pas. et avec un œil poché et un nez meurtri ; la première impression pourrait ne pas lui être agréable, et quand on est habitué à faire des conquêtes, on ne s'expose pas volontairement à se faire rire au nez.

La petite dame reparaît à la fenêtre: elle noue un mouchoir après une clef, et va jeter le tout à Gustave ; celui-ci fait entendre distinctement sa voix.

— Veuillez recevoir mes excuses, madame : mais je crois que nous nous trompons tous deux.

• — Grand Dieu! ... Ce n'est pas lui !...

— De grâce, madame, ne vous éloignez pas sans m'enteudre...

— Monsieur... vous allez croire des choses... c'est mon fi"ère que j'attendais... et comme il est brouillé avec mon mari... voilà pom-quoi j'avais choisi ce moment pour lui parler...

— Madame, je ne doute pas de ce que vous venez de direl... vous pouvez d'ailleurs compter sur ma discrétion... Vous voyez que je mérite quelque confiance, puisque je n'ai pas accepté le passe-partout que vous alliez me jeter si je ne m'étais fait connaître.

• — Cola est vrai, monsieur...

— Veuillez donc me dire si vous connaissez dans cette rue une jeune fille blanchisseuse de fin...

— Une petite brune?...

— Oui, madame.

Un peu marquée de la petite vérole?...

— Justement.

— C'est la petite Lise?

— C'est cela même, madame... Vous la connaissez?

— Oui, monsieur ; je suis une de ses pratiques... Ah! c'est-à-dire.. non, monsieur, elle ne mo connaît pas... mais elle blanchit une de mes amies.

— Bon, dit Gustave, la dame craint que je ne sache par Lise son nom et celui de son mari... Madame, pourriez-vous me dire le numéro de sa maison? c'est elle que je cherche; j'ai quelque chose de 1res pressé à lui apprendre.

— Le luiméro, j(! ne le sais pas, mais je puis vous indiquer la niaison... Jcncz, monsieur, à droite après la rue Sainte-Foi... .\h! ciel! une patrouille! c'est mon mari!...

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Elle poussa uu cri d t-llroi.... (P. 434.

Ici la dame, qui s'était penchée pour désigner à Gustave la demeure de Lise, rentre précipitamment dans sa chambre, dont elle referme bien vite la fenêtre.

Gustave se retourne, il aperçoit en elTet une patrouille de la gai-de nationale qui venait de tourner la rue Boucherai et marchait droit à lui. Un des soldats de la patrouille était le mari de la petite dame, et i!

LIV. 55. — PAUL DE KOCÏ. — GUSTAVE LE MAUVAIS SUJET. — ÉD. J. ROUPF ET C'=. LIV. 53

avait prié son caporal de faire passer la ronde rue Chariot, parce qu'on est bien aise de pouvoir dire le lendemain à ses voisins : J'ai veillé cette nuit sur vous.

Mais le mari avait aperçu de loin sa femme à sa fenêtre causant avec un homme dont la tournure était suspecte ; il quitte son rang et court à Gustave en s'écriant :

— A moi, caporal, alerte!

Gustave regardait venir la patrouille, incertain s'il l'attendrait : le mari le joint, le saisit au collet et lui ordonne de le suivre au corps de garde.

Notre héros répond par un coup de poing qui renverse le pauvre homme sur une borne, puis il court vers l'autre bout de la rue. Le caporal ordonne à ses soldats de poursuivre le fuyard ; mais Gustave va plus vite que des gens qui ont fusil, sabre et giberne, et qui ne sont pas habitués à porter tout cela ; il ne se soucie point d'ailleurs de finir sa nuit au corps de garde.

Il aperçoit sur son chemin une allée dont la porte n'est pas fermée; il entre, rejette la porte sur lui, et grimpe quatre à quatre un escalier tortueux qu'en plein jour il n'eût pas monté sans regarder vingt fois à ses pieds. Pour échapper à la patrouille, il escaladerait les toits et marcherait sur les gouttières. Lorsque la tête est montée, on fait des choses que de sang-froid on n'oserait pas entreprendre.

Gustave s'arrête enfin... il était arrivé aux mansardes, et il fallait bien qu'il s'arrêtât : il n'y avait plus de marches à monter. Où ira-t-il?... il n'en sait rien lui-même... il pousse au hasard une porte devant lui : elle s'ouvre... et Gustave se recule et s'éloigne, parce que sans voir clair, il y a des endroits qu'on devine parfaitement.

La patrouille qui poursuivait Gustave avait remarqué la maison dans laquelle il s'était caché. Elle frappait à son tour à la porte de l'allée et sommait les habitants d'ouvrir et de leur livrer le coupable. Mais les habitants ne se pressaient pas de répondre à l'invitation du caporal. Gustave entendait du sixième étage le bruit qu'on faisait dans la rue ; il descend au cinquième, il va descendre encore pour parlcineutcr à la porte de l'allée... une voix bien connue frappe son oreille.

— Ah! mon Dieu! quel bruit ou fait cette nuit dans lai'uc!... il n'y a Das moyen de dormir!...

— C'est elle! dit notre héros, je suis sauVc'!... Il frappe à une porte du côté d'où partait la voix.

— Qui frappe?...

— C'est moi, Lise... c'est Gustave... ouvre-moi vite...

— Gustave!...

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La petite blanchisseuse saute à bas de son lit et court ouvrir sa porto... Elle pousse un cri d'ciïroi en voyant le jeune homme, qu'elle ne reconnaît pas sous le costume qui le déguise. Celui-ci entre précipitamment, referme la porte et se jette sur le lit de Lise en s'écriant :

— Enfin me voilà sauvé!... je brave ici le corps de garde, les maris et les patrouilles I...

Lise a pris sa lampe de nuit, qu elle approche de la figure de Gustave.

— Mais c'est vraiment lui!...

— Oui, parbleu! c'est moi... Au fait, je dois être bien méconnaissable au premier coup d'œil!...

— Ah! mon Dieu!... dans quel état !... un œil tout noir... le visage en sang!... et ces habits!... Ah! quelle horreur! pour un jeune homme comme il faut!...

— Quand tu sauras tout ce qui m'est arrivé!... Mais tiens... les entends-tu frapper comme des sourds à la porte de l'allée?...

— C'est donc pour vous qu'on fait tout ce tapage-là?

— ■ Oui, ma chère amie; j'ai mis le désordre à la Villetle, la jalousie dans le cœur d'un nouveau marié et le feu à la chemise de sa femme!

— Ah! mon Dieu! le mauvais sujet!... vous vous êtes donc battu?

— Oui; et lu vois que, quoique vainqueur, on peut être blessé...

— Mais ces gens qui frappent à la porte...

— Laissons-les frapper.

— Que veulent-ils donc?

— M'arrêter .. c'est une ronde nocturne que j'ai mise aux abois, parce que... Ah! à propos, dis-moi, connais-tu dans celte rue, à deux cents pas d'ici, une dame mariée qui demeure au premier, au-dessus d'une petite poi'le verte?

— Oui, sans doute, c'est M"" Dubourg.

— Est-elle jolie, M"" Dubourg?

— Fort jolie! une figure espiègle... un nez retrousse...

— Ah! diable! si j'avais su tout cela plus tôt... et son mari?

— C'est un monsieur de quarante ans, un joli cœur!... il porte des jabots...

— Il porte encore autre chose, à ce que je crois.

— Comment donc? est-ce que vous connaissez M"" Dubourg?

— Nullement : je la verrais dans la rue, que je ne la reconnaîtrais point. Mais laissons cela... Ecoute... entends-tu encore frapper?...

— Non...

— Voyant qu'on ne leur répondait pas, ils ont pris le parti de s'en aller... j'en étais sûr.

— Mais pourquoi couraient-ils après vous?

— Je te conterai tout cela.

— Voyons... il faut que je bassine votre œil et votre nez... car vous 'Hes dans un état

— Tu ne m'attendais pas, n'est-il pas vrai. Lise?

— Oh! certainement...

— C'est bien heureux pour moi que tu sois seule?

— Comment, seule?...

est-ce que je ne demeure pas seule?

— Oui ! ouil... mais cela n'empêche pas... on reçoit quelquefois des visites qui se prolongent un peu tard dans la nuit.

— Oh 1 monsieur, je ne reçois point de ces \isites-liL...

— Bah: vraiment?

— Voyez donc!... cet air surpris !...

— • Tu es donc bien sage ;i présent?

— Est-ce que je ne l'ai pas toujours été?

— Oh ! si fait; mais on peut être fort sage et avoir une petite connaissance...

— IVon, non, je ne veux plus de petites connaissances... les hommes sont trop faux! ... trop perfides... pour qu'on les aime.

— Tu as bien raison, ma chère amie... prends gardo .. tu me mouilles tout le visage avec ton eau-de-vie et ton eau...

— Le grand malheur!... n'ètes-vous pas bien heureu.v (juo l'on vous soigne, que l'on panse vos blessures... quand c'est p ur d'autres!... Ah! le mauvais sujet!... votre oncle a bien raison de vous gronder!...

— Tu trouves!... pauvre Lise!... est-ce que tu ne m'aimes plus?...

— Je le voudrais bien!... mais je vous aime toujours malgré moi... car vous ne mérili-z pas qu'on*s'intércsse h vous! Allons, fini.^sez, monsieur, laissez-moi... je vais vous jeter tout cela au visage!...

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— Parbleu! mon visage n'a plus rien à craindre... Tu es charmante, comme cela... en bonnet de nuit...

— C'est bon, c'est bon... ah! quel démon!... Monsieur Gustave, je me fâcherai...

— Tu as les yeux plus brillants qu'à l'ordinaire...

— C'est de colère qu'ils brillent... Et bien! que faites-vous donc!..

— Tu le vois, je me déshabille...

— • Et pourquoi faire?

— Mais pour me coucher apparemment.

— Ah! vous allez vous coucher? eh bien ! ce serait sans gêne..

— Est-ce que tu voudrais que je passasse la nuit levé? fatigué comme je le suis," je serais mort demain...

— Mais c'est qu'il le fait comme il le dit... et moi... où me mettrai- je...

— Mais à côté de moi, je pense.

— Ah! par exemple! ça serait joli! au moins si vous me promettiez d'être sage! Ah!... au fait... puisque monsieur est si fatigué... je ne dois rien craindre... Eh mais! je crois qu'il s'endort... couchons-nous vite!...

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