V. 121. Jamais les champs de Zama , de Pliarsale
Remarquez qu'à la bataille de Zama, entre Publius Sci- •pion et Annibal, il y avait des Français qui servaient dans l'armée carthaginoise, selon Polybe. Ce Polybe, contemporain et ami de Scipion, dit que le nombre était égal de part et d'autre; le chevalier de Folard n'en convient pas : il prétend que Scipion attaqua en colonnes ; cependant il paraît que la chose n'est pas possible, puisque Polybe dit que les troupes combattaient toutes de main à main : c'est sur quoi nous nous en rapportons aux doctes.
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Nota bene qu'à Pharsulc Pompée avait cinquanto-tinq mille hommes, et César vingl-deux mille. Le carnage fut grand : les viogt-deux mille césariens, après un combat opiniâtre, vainquirent les cinquante -cinq mille pompéiens. Cette bataille décida du sort delà république, et mit sous la puissance du mignon de Nicomède la Grèce, l'Asie-Mineure , l'Italie, les Gaules, l'Espagne, etc.
Cette bataille eut plus de suites que le petit combat de Jeanne; mais enfin c'est Jeanne, c'est notre Pucelle : sachons gré à notre cher coniDatriote d'avoir comparé les exploits de cette chère fille à ceux de César, qui n'avait pas son pucelage. Les révérends pères jésuites n'ont -ils pas comparé saint Ignace à César, et saint François-Xavier à Alexandre? Ils leur ressemblaient comme les vingt-quatre vieillards de Pascal ressemblent aux vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse. On compare tous les jours le premier roi venu à César; pardonnons donc au grave chantre de notre héroïne d'avoir comparé un petit choc de bibus aux batailles de Zama et de Pharsale.