V. 3 a 4- Pour égayer sa taciturne altesse
On traitait les rois d'altesse alors.
V^. 348. Pour quinze sous un capucin venait.
Il n'y avait point encore de pères capucins; c'est une faute contre le costume '.
' * Ce ne fut que dans le xvi» siècle que Grégoire XIII nous gratiiin de capucins, à la demande de l'auteur de la Saint -Barthcleuii et dans l'année qni suivit ce pieux massacre ordonné et avoué par Cbarles IX. La circonstance était bonne : si la France d'un côté perdait ses citoyens les plus éclairés , elle retrouvait de l'autre , dans la milice séraphiqne des penaillons de saint François , de quoi réparer ses pertes et faire cultiver la vigne du Seigneur. Si Voltaire n'a pas ajouté ces petits détails à sa note , c'est qu'il faut être modeste lorsque l'on parle de ses confrères dont on est le père temporel.
En général ces moines, dont le costume est très ridicule et qui, par une opposition complète avec nos usages, gardent leur barbe tandis qu'ils rasent leurs cheveux , ces mendians nazillards se fesaient une si hante idée de leur profession qu'ils signaient toujours : Frère N., capucin indigne. C'est ce qui attira à l'un d'eux, qui présentait une requête au régent, cette .repartie malicieuse : « Hé, mon père! de quoi donc ètesvous digne , si vous n'êtes pas digne d'être capucin .'' » C'est par suite de la même idée de leur perfection et par une antre espèce de modestie orgueilleuse qu'm» autre peiiaillon s'écriait avec componction eu examinant les astres : <■ Qu'est-ce qu'un capucin devant une planète ! >>
Le capucin qui, pour quinze sous, venait diie la messe à l'antel de poche du château de Cutendre , ne doimait pas , comme on dit , ses coquilles. C'est au reste un prix qui varie beauconp , que celui des messes. Quoique la quantité de ceux qui en demandent soit moins grande qu'autrefois, elles ont dû augmenter de prix, parce que ceux qui les diseut sont moins nomljreux et qu'elles ont suivi le renchérissement des denrées. A propos de messe', Chamfort nous a conservé une anecdote fort curieuse que voici :« L'abbé Raynal, jeune et pauvre, accepta une messe à dire tons les jours pour vingt sous. Quand il fut riche, il la céda à l'abbé de La Porte, en retenant huit sous dessus. (;elui-ci, devenu moins gueux, la sous-lona à l'abbé Dinouart, en retenant quatre sons dessus, outre la portion de l'abbé Kaynal : si bien que cette pauvre messe, grevée de deux pensions, ne valait plus que huit sons à l'abbé Dinouart. » Pour donner plus de poids à nos citations, nous ajouterona, comme madame de Genlis, un mot qui dit tout : Uistoriqiu:. (L. D. B. )
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