‹ La pupille roman anglaisChapitre 9 sur 48 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

En quittant la salle à manger, M. Thorpe accompagna ces messieurs dans la salle de billard, et sir Charles conduisit les dames dans le salon de l’est, charmante petite pièce qui avait été garnie de gravures et de livres à l’usage des dames.

« Quelle charmante chambre! s’écria miss Wilkyns en y entrant; ce papier chinois fond blanc fait ressortir les oiseaux et les Heurs et rend cette pièce vraiment délicieuse.

— Oh ! regardez par la fenêtre, et vous verrez quelque chose d’autrement beau que le salon, s’écria Florence, sans se rappeler le peu de succès qu’avaient obtenu ses admirations auprès de ses élégantes cousines ; et encore cette charmante vue est loin de celle des bois que j’ai parcourus ce matin. Ab! c’est l^n le cas de vous dire avec le poète : « Ah ! comment pouvez- « vous refuser et espérer d’être pardonnée? »

— Il y a des choses, je crois, miss Heathcote, répondit miss Elfreda en étouffant d’orgueil et de dépit, que des demoiselles comme mes sœurs et moi devons laisser à d’autres afin de ne pas perdre l’estime du monde, et courir de rochers en buissons est une de ces choses ; je vous prierai donc de nous excuser, si mes sœurs et moi nous ne faisons pas votre partie. >

Florence rougit et alla se blottir derrière sa bellemère. Son sourire disparut, et une pâleur mate s’étant répandue sur son visage , sir Charles devina bien

LA POPUXE.

qu’elle souffrait de l’humiliation qu’elle venait d’essuyer.

Sir Charles s’assit alors près de la table et fit regarder des gravures à mistress Heatbcote, tout en causant avec les troîs-Hemoiselles galloises. En entendant sa cousine reparler de la chute d’eau , miss Martin craignant qu’on ne se décidât à y aller, s’était retirée dans sa chambre.

Nancy était occupée à faire le lit. Sophie lui demanda pardon devenir ainsi la déranger; mais elle lui dit que ces dames allaient sortir, et que, comme elle n’aimait pas â salir toutes ses affaires pour que les domestiques fussent obligés de les nettoyer ensuite , elle préférait rester à la maison toute seule.

«Puisque vous êtes là, Nancy, seriez-vous assez gentille pour me mener voir un peu les appartements? et puis, il doit y avoir des portraits de famille dans la maison, et j’aime tant à regarder des peintures.

— Oh! oui, miss, il y en a beaucoup, moins pourtant qu’à Temple ; mais dans la chambre de monsieur il y en a de très-beaux.

— Oh ! si vous aviez le temps de me mener chez mon oncle p^ftant qu’il est au billard, cela me ferait bien plaisir, Nancy.

— Je le veux bien, miss, mais c’est à l’autre bout de la maison. >

Sophie suivit son guide, et après avoir traversé château, qui était très-vaste et très-élégamment meublé ils arrivèrent enfin à destination.

L’appartement de M. Thorpe était très-spacieux; le lit était comme perdu au milieu de cette grande chambre, et, quoiqu’il y eût une quantité d’armoires et de meubles, la pièce paraissait presque nue et vide.

Des tableaux pendaient le long des murs. Sophie

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