LES ADVERSAIRES SE MESURENT
Et dire cependant que ce sont ces yeux tendres
Qui s'en iront de moi et qui me trahiront !
Chut ! ne proteste pas. Essaye de comprendre
La bonté de mon cœur, tant que mon cœur est bon,
G)ntemplons-nous. Tu trahiras, c'est l'évidence. Tes yeux ont ce pressentiment dans leur azur. Et dans les miens, — horreur ! — tu scrutes à l'avance La chaîne interminable des pardons futurs !
Tu sais jusqu'où tu peux aller, sombre voyage ! Je sais jusqu'où je dois descendre, amer retour ! C'est bien moi qui des deux souffrirai davantage, Car je suis le pardon. Toi, tu n'es que l'amour.
Les yeux, que c'est petit et que c'est peu profond !... Cependant un destin effroyable s'y lit... Et je me prends, d'avance, à passer sur ton front La main rêveuse de l'oubli.