‹ La quadrature de l'amourChapitre 134 sur 178 · NOS REPÈRES SENTIMENTAUX · texte numérisé non relu

NOS REPÈRES SENTIMENTAUX

J'ai tendrement aimé Manon.

C est un livre sans parallèle.

Rose et malicieux démon.

Ah ! que tu m'es chère et cruelle !

J ai poufFé de Grazieîla,

De son rocher et de son golfe.

Et Virginie aux bandeaux plats

M'a délabré. Mais j'aime Adolphe,

Et la victime et le bourreau.

La Bovary m'est nostalgique.

Et j'ai bâillé chez Salammbô.

Que pensez-vous de Dominique?

Comment ! vous ne connaissez pas?

C'est curieux combien de femmes

Lisent peu ou ne lisent pas !

La Merteuil, la marquise infâme,

A-t-elle conquis vos suffrages?

Oh ! ce petit ton péremptoire

Pour me répondre qu'à votre âge

On ne lit pas de ces histoires !

Je vous en prie, n'agitez pas

Cette ombrelle désabusée.

Tous les livres sont du fatras

S ils ne vous ont pas amusée.

Je vous adore quand vous dites

« J'ai tout à fait horreur de ça ! »

Quoi? Vous n'aimez pas" Le Sopha?

Me choquer? Grand dieu ! ma petite !

Ne faites clone pas cette moue Qui vous pince les commissures Et qui fait plisser votre joue !

Si vous saviez ! Littérature !.., Vous me haïssez tout à coup, Moi qui supporte sans souffrance Vos auteurs et vos préférences, A cause que vous êtes blonde Et que le soleil vous va bien...

Non, je ne me sens pas atteint.

Ah ! mais là, pas le moins du monde ! Ohnet est un grand écrivain.

Et nous serions d'accord indissolublement Sur toutes les choses de la littérature. Si, pour me plaire, amie très chère, un seul instant. Et quel que soit le coup de pied et sa cambrure. Vous cessiez... oh ! cela par grâce !... vous cessiez De poursuivre, un sourire cruel à la bouche, La petite rainette d'or qui s'effarouche E qui saute parmi les touffes des fraisiers !

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