‹ La quadrature de l'amourChapitre 137 sur 178 · HÉLOISE ET ABELARD · texte numérisé non relu

HÉLOISE ET ABELARD

Casuistique et scholastique Autour d'un hyménée absent, Théologie psychologique Du déiste et du pur amant, Ce que l'intelligence et l'art Peuvent accumuler de gloses Autour, tout autour de la chose.

C'est Héloïse et Abélard Qui l'ont dit pour l'éternité !

Aimons ce couple de bavards.

Mais bavards par nécessité, Qui, défiant la malechance, Auront, les premiers, inventé Cette ressource à l'impuissance Que nous nommons : V amour parlé.

(Depuis lors, soit dit entre nous.

Nous en abusâmes beaucoup !) Prince d'amour métaphysique.

Qui sut draper des flots de roses Sur sa calamité publique.

Ce châtré qui vous prend des poses De vrai chaste, cet Abélard, N'est au fond qu'un amant roublard.

II a fait comme fit Lysandre Qui, lorsque fut brûlée Athènes, Obligea les comédiennes A venir jouer sur les cendres D'harmonieuses mélopées.

Drapé dans sa triste équipée, Celui qui fut hier l'amant.

Aujourd'hui, doctoralement.

Donne ce lustre à ses épreuves De forcer l'amante, sa veuve, Gjmme la comédienne attique, A rossignoler les accords D'une flûte tendre et mystique, Sur les cendres des baisers morts.

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