DÉPLACEMENTS ET VILLÉGIATURE DE LA PUDEUR
Contrairement aux femmes du pays breton
Qui se croiraient déshonorées S'il leur tombait un peu de cheveux sur le front, Il y a des prostituées Dont la frange, en flots épaissis.
Descend presque au ras des sourcils.
Ces femmes-là souffrent fort bien Qu'on leur dévête jambe ou sein Mais pas le front — fût-il de neige ! Ça, c'est l'autel privé, ça, c'est le sacrilège. 0 trouble, effarement, chastetés revenues ! Les cheveux relevés elles se sentent nues, Et les voici soudain, troublées, les joues rougies... Que voulez-vous ? On a la pudeur que l'on peut. Il est déjà très beau qu'elle se réfugie Vers les sommets ! Allons ! abaissez vos cheveux. Et ne faites pas ces figures d'Absalon, Parce qu'on a levé un coin de votre frange, (Même dans le démon il subsiste de l'ange !) Braves filles, chez qui nos mains respecteront La suprême pudeur qu'est la pudeur du front !