‹ La quadrature de l'amourChapitre 52 sur 178 · LA NATATION NATURELLE · texte numérisé non relu

LA NATATION NATURELLE

Comme l'on voit dans un naufrage

L'un sombrer, l'autre surnager,

Il est des cœurs lourds et légers

Dont, de vrai, quelques-uns surnagent.

Quand d'autres s'en vont droit au fond.

D'apparence, on eût pu les croire

Equilibrés. Force illusoire !

C'est couru, rien qu'à la façon

Dont ils prennent l'eau et s'y meuvent.

Tant est vrai qu'on ne peut juger

La résistance qu'à l'épreuve !

De m.ême, tel objet léger

Est tout de suite submergé,

Quand ceux qu'on aurait cru plus lourds.

Tous seuls, sans aide et sans secours.

Flottent com.me arche de Noé...

Mais sur l'océan de la vie

C'est pire ! Tout s'y modifie,

Même les lois de densité.

On fait des pronostics, sans cesse

Démentis par les résultats ;

Et l'on voit, souvent, ici-bas,

Les cœurs lourds, les cœurs en détresse.

Tirer leur coupe, quand ce sont

Les cœurs légers qui vont au fond.

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