ÉQUIVALENCE
Les femmes qu'on dit déshonnêtes
Passent le plus clair de leur temps
A se donner n'enfalement,
A se préparer des défaites,
Des retours et des abandons,
Avec des amants supposés
Dont elles ignorent les noms
Mais imaginent les baisers.
L'amant rêvé, pour qu'il leur plaise,
Doit être un sonnet sans défaut.
Elles font des essais loyaux
Et combinent des hypothèses
Avec du réel et du faux,
Et quand tel rustre leur convient.
Qui fuit ou qu'elles n'auront pas.
Elles se contentent fort bien
De le passer au canevas
De leur feuilleton quotidien !
Leurs vies sont des successions
De bons romans imaginaires.
Amours en supposition
Que, bienséantes ménagères.
Elles consignent sur un livre
Où s'articule, en bas de page.
La vieille formule d'usage
« A suivre... à suivre... à suivre... à suivre.
Les femmes que l'on dit honnêtes
Se refusent mentalement,
Durant les trois quarts de leur temps.
Et ce n'est pas beaucoup plus bête !
Elles entassent, nobles filles.
Des refus, refus sur refus.
Mille combats de pacotille
Avec des mâles entrevus...
Au fond, identité du thème !
Ce qui diffère uniquement.
C'est (blanc bonnet et bonnet blanc)
La conclusion du roman...
Mais il est écrit tout de même !