‹ La quadrature de l'amourChapitre 81 sur 178 · ÉQUIVALENCE · texte numérisé non relu

ÉQUIVALENCE

Les femmes qu'on dit déshonnêtes

Passent le plus clair de leur temps

A se donner n'enfalement,

A se préparer des défaites,

Des retours et des abandons,

Avec des amants supposés

Dont elles ignorent les noms

Mais imaginent les baisers.

L'amant rêvé, pour qu'il leur plaise,

Doit être un sonnet sans défaut.

Elles font des essais loyaux

Et combinent des hypothèses

Avec du réel et du faux,

Et quand tel rustre leur convient.

Qui fuit ou qu'elles n'auront pas.

Elles se contentent fort bien

De le passer au canevas

De leur feuilleton quotidien !

Leurs vies sont des successions

De bons romans imaginaires.

Amours en supposition

Que, bienséantes ménagères.

Elles consignent sur un livre

Où s'articule, en bas de page.

La vieille formule d'usage

« A suivre... à suivre... à suivre... à suivre.

Les femmes que l'on dit honnêtes

Se refusent mentalement,

Durant les trois quarts de leur temps.

Et ce n'est pas beaucoup plus bête !

Elles entassent, nobles filles.

Des refus, refus sur refus.

Mille combats de pacotille

Avec des mâles entrevus...

Au fond, identité du thème !

Ce qui diffère uniquement.

C'est (blanc bonnet et bonnet blanc)

La conclusion du roman...

Mais il est écrit tout de même !

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