SCÈNE IV
GABRIEL, seul.
On ne m'avait pas trompé... elle est veuve.... elle est libre..,, dix ans d'exil ont du expier ma faute; et je pense qu elle sera assez généreuse pour me recevoir... Je n'ai pas osé demander sa demeure, ni me présenter chez
elle.. . Mais il y a ici , une noce, une grande réunion; îa
meilleure société du Havre y est invitée Madame de
Crécy s'y trouvera sans doute... voilà pourquoi j'ai accepté les offres de mon ancien camarade... et quand je pense qu'aujourd'hui même, je vais la revoir... j'éprouve un tremblement dont je ne me croyais pas capable. Moi, un
marin... un corsaire
Air : de Téniers.
Mais d'où vient donc l'émotion profonde Que, malgré moi, dans ces lieux je ressens Moi voyageur et citoyen du monde, Tous les pays m'étaient indifférens 1 Depuis dix ans, fatigué de moi-même, C'est le seul jour où mon cœur fut ému ; Ah ! la patrie est aux lieux où l'en aime, Et je sens là, que j'y suis revenu.
Ali mon dieu \\ quelle est cette femme qui s'avance dans cette galerie?... comme mon cœur bat!... c'est elle... c'est Mathilde !.... quel bonheur !.... elle vient ; et elle e*t seule.