‹ La querelle du CidChapitre 55 sur 87 · SCENE SIXIESME · texte numérisé non relu

SCENE SIXIESME

Je Yay de vostre part long temps entretenu .

On dit bien je luy ay parlé de vostre part, ou bien je Vay entretenu de ce que vous m'avez commandé de luy dire de vostre part, mais on ne peut dire, je Vay entretenu de vostre part.

On l'a pris tout bouillant encor de sa querelle.

On ne peu^dire, bouillant d'une querelle, comme on dit, bouillant de colère.

f obéis et nu taist mais de grâce encor y Sire, Deux mots en sa deffence.

Apres avoir dit f obéis et me lais, il ne dévoie point continuer de parler. Car ce n'est pas se vouloir taire, que de demander à dire deux mots en sa deffense.

Et c'est contre ce mot qu'a résisté le Comte,

Résister contre un mot n'est pas bien parler François. Il eust peu dire, s'obstiner sur un mot.

Il trouve en son devoir un peu trop de rigueur , Et vous obeïfoit s'il avoit nwins de cœur.

D. Sanche pecbe fort contre le jugement en cet endroit, d'oser dire au Roy que le Comte trouve trop de rigueur, à luy rendre le respect qu'il luy doit, et encore plus quand il adjouste qu'il y auroit de la lascheté à luy obeïr.

Commande^ que son bras nourry dans les allarmes.

On ne peut dire, un bras nourry dans les allarmes, et il a mal pris en ce lieu la partie pour le tout.

Fous perdez le respect , mais je pardonne à Vaage. Et j'estime V ardeur en un jeune courage .

Le Roy estime sans raison cette ardeur, qui fait perdre le respect à D. Sanche ; c'estoit beaucoup de luy pardonner.

A quelques sentimens que son orgueil m'oblige, . Sa perte m'affoiblit, et son trespas m'afflige.

Toutes les parties de ce raisonnement sont mal rangées, car il falloit dire à quelques ressentiment (sic) que son orgueil m'ait obligé, son trespas m'afflige, à cause que sa perle m'affoiblit.

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