‹ La question d'argent; comédie en cinq actesChapitre 8 sur 68 · Acte I, Se. V -i8 La Question d'Argent · texte numérisé non relu

Acte I, Se. V -i8 La Question d'Argent

savez, une mère de faniille n*a pas toujours cinq cents francs à donner pour une dette de son fils, surtout quand le père n'en doit rien savoir, car nous vous prions de n'en rien dire à mon père. C'est là un secret de jeune homme qui ne regarde 5 que la mère et la sœur. {Elle lui remet un petit portefeuille^

Jean. Mais, mademoiselle, vous me rendez cet argent dans un charmant petit portefeuille que je n'ai pas prêté à votre firère. 10

Math. C'est moi qui l'ai brodé, monsieur.

Jean. Est-ce encore un secret?

Math. Non, monsieur, c'est l'intérêt légal. {EUe sUloigne.)

Jean, à lui-même en comptant Cinq cents francs. 15 C'est bien cela. Ces gens du monde ont une façon de vous rendre l'argent qu'ils vous doivent, qui vous ferait croire qu'ils ne vous le devaient pas.

De Ron., à Elisa, Je vais te dire adieu, chère 20 enfant.

ÉusA. Pourquoi ne restes-tu pas ici ce soir, puisque monsieur Durieu t'a offert une chambre? Tu t'en retourneras demain.

De Ron. La comtesse m'a proposé de me recon- 25 duire, j'ai accepté. Elle a, dit-elle, à causer avec moi, je ne sais pas ce qu'elle peut avoir à me dire, et puis il faut que je sois demain matin de bonne heure à Paris. J'ai rendez-vous avec monsieur [30]

La Question d'Argent 8«- Acte i, Sc. v

Petitet, l'avoué ; mes créanciers me font faire

une proposition. En donnant dix mille francs, je

pourrais me libérer de tout; mais où trouver

ces dix mille francs?

Élisa. Monsieur de Cayolle te les prêterait peut- 5

être dans une circonstance comme celle-là.

De Ron. Peut-être ! enfin, je vais toujours voir ce

que me dira demain cet avoué. (// P embrasse,) René, entrant^ à ia comtesse. Votre voiture est là. La Comt. Je vous verrai avant mon départ? 10

René. Cela va sans dire.

La Comt. Et je vous mettrai au courant de ce que

j'aurai lait pour vos protégés !

Mme. Dur., à Durieu. Le dîner était-il convenable,

mon ami ? 15

Dur. Très bien, très bien. A-t-il coûté cher? Mme. Dur. Non.

Jean, à Elisa. Est-ce que vous retournez à Paris

ce soir, mademoiselle ?

ÉusA. Non, monsieur ; je reste ici, je passe quel- 20

ques jours avec Mathilde.

Jean. Alors, j'aurai le plaisir de vous revoir? Élisa. Oui, monsieur.

La Comt., à madame Durieu, Au revoir, ma chère

madame Durieu. 25

Mme. Dur. Vous ne vous êtes pas trop ennuyée. La Comt. Je me suis beaucoup amusée, au contraire. Votre monsieur Giraud est très drôle;

je rinviterai un de ces jours pour moi toute seule. [31]

(A Mathilde.) A bientôt, chère enfant {Eiie

embrasse EUsa,) Au revoir, mademoiselle.

ÉusA. Au revoir, madame.

Dur. a bientôt, comtesse ; à bientôt. {MathUde

vient dire adieu à la comtesse qui V embrasse^ 5 Mme. Dur., à Mathilde, As-tu fait tes comptes de

la semaine?

Math. Ils ne sont pas terminés.

Mme. Dur. Va les chercher et apporte-les-moi.

Tu es en retard. Il faut les mettre au courant 10

ce soir. Je vais accompagner un peu la comtesse,

je te retrouverai là. {Elles sortent^

Page 1