‹ La question d'Orient depuis ses origines jusqu'à nos joursChapitre 33 sur 173 · III. — LA DÉFAITE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

III. — LA DÉFAITE DE NAPOLÉON

Baylen. — L’entrevue d’Erfurt (septembre 1808). — Le traité de Vienne (1809). — Le gouvernement français des provinces illyriennes.

La guerre turco-russe (1806-1812) et le traité de Bucharest (28 mai 1812). — Le grand plan de Napoléon en 1812. La défaite de Napoléon.

L’Orient au moment du congrès de Vienne.

LE GRAND DESSEIN DE NAPOLÉON

Le personnage de Napoléon, en Orient comme ailleurs, domine les premières années du xix® siècle. Le Levant, l’Égypte, l’Inde entrèrent dans ses desseins comme l’Itaiie et l’Allemagne. Inquiet de tous les problèmes, il pensa résoudre celui-ci: il en agita tous les éléments, il en indiqua les solutions, il en montra toute la complexité.

Certes il serait excessif d’affirmer que la question d’Orient fût le nœud de sa politique : il fut plus souvent préoccupé de l’Allemagne, de l’Italie, ou de la lutte contre l’Angleterre. Mais c’est précisément par l’Orient qu’il pensa atteindre son inabordable ennemie, et par suite, il ne le quitta jamais des yeux ; il y édifia ses combinaisons politiques les plus aventureuses sans doute, mais aussi les plus géniales. Il y porta ses vues dès ses premières victoires en Italie; il y poursuivit les Anglais à travers l’ancien continent; il y brisa sa fortune. C’est en ce sens qu’il put concevoir un moment l’idée de la domination universelle ; c’est bien à Constantinople qu’il plaça le centre du monde.

On dirait qu’il s’est cru comme exilé dans l’Occident, que, se reconnaissant de la race des conquérants de l’Asie, il y voulut sans cesse retourner. Par deux fois, il pénétra dans cet Orient mystérieux pour y saisir la gloire ; par deux fois, de l’Égypte et de la ilussie, il fut rejeté â l’ouest. Qui sait si l’impossibilité de suivre les traces d’Alexandre le Grand ne fut pas parmi ses grandes douieurs ? N’expliquerait-elle pas en partie son ambition toujours insatiable?

Peut-être, si la réalité de ses~ projets ne se trouvait par là comme embrum'ée dans les rêves d’une imagination sans cesse en travail, faudrait-il Chercher dans cette histoire les plus beaux traits de son intelligence politique. Du moins, à le suivre à Venise et Ancône, au Caire et à Saint- Jean-d’Acre, à Vienne et Moscou, tout autour, mais toujours à distance de Constantinople et de l’Asie antérieure, fasciné et impuissant, on rencontre les scènes les plus dramatiques de sa carrière.

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