PREFACE V
Cette méthode présente deux avantages : elle m'a paru devoir faciliter l'assimilation d'un sujet qui généralement rebute les Occidentaux par sa complexité même, et surtout elle me permet d'attribuer la place qui lui convient à un élément nouveau de la question d'Orient beaucoup moins connu que la question macédonienne, et cependant infiniment plus important.
Ce qui modifie l'évolution de la question d'Orient, ce qui bouleverse compWement les données du problème et par conséquent sa solution possible, c'est la position nouvelle prise par F A lie magne dans l'Empire ottoman.
Dans son discours au Reichstag du 19 mars 1903, M. de Bulow a déclaré : « L'Allemagne ne pratique pas en Orient une politique active. » Ce sont là paroles de diplomate. Elles ne correspondent que de fort loin à la réalité. Aucune diplomatie n'est plus active dans le Levant, que la diplomatie allemande . Le résultat de ses efforts est très net.
Hier, l'influence de l'empereur allemand à Constantinople n'était rien, aujourd'hui elle est tout; silencieusement ou avec éclat, elle joue un rôle prépondérant dans tout ce qui se fait en Turquie.
Une entreprise naissante, celle du chemin de