CHAPITRE IL
Restreignons le champ de nos observations, afin de les rendre plus précises, et voyons comment les métaux précieux se sont comportés en France, dans le pays où il nous importe le plus de connaître leurs diverses évolutions et d'en étudier les effets.
L'or et l'argent payent des droits en France : Tor, à la sortie, fr. 10 cent, les 100 kil. par navire français et fr. 25 cent, par navire étranger ; à l'entrée, 1 fr. par navire étranger; depuis 1853, il est exempt de tout droit à l'entrée par navire français ; auparavant, sous le régime de la loi du 9 juin 1845, il payait fr. 10 cent. L'argent, quel que soit le pavillon qui le couvre, ne paye que fr. 10 cent, à la sortie; il paye 1 franc à l'entrée par navire étranger. Ces droits, si minimes que la fraude ne saurait être considérée comme une économie, permettent à la douane de suivre d'une manière assez exacte le mouvement des métaux. Il est vrai que la déclaration n'a lieu, en général, que pour les envois faits par les banquiers ou les négociants, et qui s'élèvent à des sommes importantes. On ne demande pas à chaque voyageur ce qu'il possède dans sa bourse ; l'argent de poche n'est pas soumis aux déclarations, et ne figure pas dans les relevés de la douane. Mais il ne repré-
sente que des sommes assez faibles. D'ordinaire, quand oii voyage au loin, on emporte des traites sur quelque banquier, et non de l'argent qu'il faudrait changer avec perte dans les autres pays. D'ailleurs, ces sommes, peu importantes par elles-mêmes , se balancent à peu près par l'entrée et par la sortie ; s'il devait exister quelque différence , elle serait en faveur de l'importation, parce qu'il y a plus d'étf^ngers qui voyagent en France que de Français qui voyagent à l'étranger.
Avant 1843, l'or* nous venait principalement de Vienne, l'argent de Londres; aujourd'hui, or et argent passent en grande partie par la b»nque d'Angleterre avant de parvenir jusqu'à noua. Ainsi Boulogne reçoit en moy^ne par an 110,387,000 francsd'or, et le Havre 34,598,000 francs, tandis qu'on n'expédie par Strasbourgque 1,292,000 francs. Le port le plus important pour l'exportation de l'or est, depuis quelques années, Marseille, d'où il est sorti en 1888, en partie pour acquitter les dettes de la guerre, 138,431,100 francs. L'argent entre en grande partie par le Havre, Boulogne et Marseille, et sort par Boulogne et Marseille.
Il ne faut pas croire que tous les métaux arrivent en tigne directe de la Banque de Londresà la Banque de France. Il nous sont transmis en grande partie par l'intermédiaire de l'Allemagne et surtout de la Belgique. Voici, comme exemple, les quantités importées en 1885 et les pays de provenance.