CHAPITRE III
LA QUESTION DES ÉTRANGERS RÉSIDANT ; L'ÉVENTUALITÉ DE LA DÉNATIONALISATION DE LA FRANCE
Espérances que l'on fonde sur les facultés assimilatrices de la France pour franciser les immigrants étrangers. — Les grandes nations futures seraient des conglomérats d'éléments hétérogènes. — Illusions graves qui se rattachent à cette conception. — La loi de 1889 sur la naturalisation; quoique bonne, elle ne peut avoir que des résultats bornés.
— Les étrangers immigrant en France ne sont plus et surtout ne seront pas, à l'avenir, dans des conditions facilitant l'assimilation. — L'immigration temporaire et l'immigration permanente. — Nombre des étrangers résidant et des naturalisés d'après les recensements successifs depuis 1851,
— Les immigrants se concentrent par grandes masses et par nationalités déterminées dans les départements proches de la frontière et dans les grandes villes. — Ils constituent des corps étrangers homogènes, gardant leur langue nationale propre et difficilement perméables à la mentalité française. — Avec le développement futur fatal de ces corps étrangers homogènes et imperméables à la mentalité française, on doit arriver, sauf relèvement prompt de la natalité en France ou cessation de son déclin, à la dénationalisation progressive, sinon de la France entière, du moins d'une notable partie de la France 366