‹ La question des banquesChapitre 23 sur 39 · UOü · texte numérisé non relu

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Les chiffres qui précèdent font connaître l'importance des escomptes opérés par la Banque : c’est là l’objet essentiel de son institution et, nous ajouterons, la source principale de ses profits.

Cette nature d’opérations mérite de fixer plus particulièrement votre attention.

Toute personne, saufles faillis non réhabilités, est admise à l’escompte ; lc-s exemples de refus sont très-rares.

Les effets de commerce les moins importants réunis en bordereaux par les intermédiaires qui donnent la troisième signature viennent se faire escompter à la Banque et procurer au plus petit commerce de détail les avantages du crédit. Il y a aes effets escomptés de f 5 francs : il y en a en assez grand nombre de 50 et de 100 francs.

Le taux de l'escompte a nécessairement varié suivant les circonstances. A l’origine, en l'an VIH, il fut fixé à 6 pour 100 ; mais en 1806, il fut réduit à o pour 100, et à 4 pour 100 en 1807. En 1814, il fallut le reporterà 5 pour 100, pour le réduire à 4 pour 1 00 eu 1820. Depuis cette époque jusqu’en 1 847, pendant vingt- sept ans, il est resté stationnaire, et ni les crises de 1823 et de 1836, ni la révolution de 1830, ne déterminèrent la Banque à le faire varier : elle y fut obligée par suite de la cherté des subsistances, en 1 846 et 1 847 : porté à 5, au mois de janvier 1847, le taux de l'escompte, remis à 4 au mois de décembre, fut maintenu à ce dernier chiffre, après la

révolution de février et jusqu'au mois de mars 1 852, où, pour1 la première fois en France, il put être abaissé à 3 pour i 00. Vous connaissez les circonstances qui depuis ont amené son élévation successive.

Voici l’indication des variations qu’il a éprouvées dans ces dernières années :

7 octobre 1853, escompte à 4 pour 100 ;

20 janvier 1854, escompte à 5 pour 100 ;

12 mai 1854, escompte à 4 pour 100 ;

4 octobre 1 855, escompte à 5 pour 1 00 ;

18 octobre 1855, escompte à 6 pour 100;

l"août 1856, escompteà 5 pour 100 ;

26 septembre 1856, escompte à 6 pour 100.

Longtemps l’escompte n’a eu lieu à la Banque que trois fois par semaine, et le montant d’un effet escompté n’était remis au négociant qui le présentait à l’escompte que le lendemain de la présentation. Mais depuis 1 836, la Banque, voyant s’augmenter ses affaires et voulant étendre les facilités données au commerce, a pris le parti d’escompter tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, et, pour tout effet présenté à dix heures et demie du matin, elle paye le montant de l’effet le jour même, au plus tard à trois heures.

La Banque se charge aussi, pour le compte des particuliers et des établissements publics, du recouvrement des effets qui lui sont remis. Quiconque a obtenu de la Banque l’ouverture d’un compte courant, peut la charger de ses recouvrements, et est crédité à son compte de leur montant, qui ne devient toutefois disponible que le lendemain de l’échéance. Ce service est rendu gratuitement au public, qui use largement d’une faculté aussi commode et aussi économique. Le tableau suivant indique la progression du nombre et de la somme des effets dont le recouvrement a été confié par le commerce à la Banque de Paris. Nous n’avons pu nous procurer le même renseignement pour les succursales.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Effets encaissés par la Banque1.

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