‹ La Question Des Bureaux De Placement: Loi De 1904, Ses RésultatsChapitre 33 sur 49 · FONCTIONNEMENT · texte numérisé non relu

FONCTIONNEMENT

Les opérations effectuées par les bureaux portent sur deux catégories distinctes de placement : 1° le placement dit à demeure, concernant les employés, domestiques, gens de maison, et toutes autres personnes sans métier défini ; 2° le placement dit professionnel, c'est-à-dire d'ouvriers ou d'ouvrières qualifiés ou exerçant une profession bien déterminée.

Conformément à une délibération du conseil municipal de Paris, du 18 décembre 1903, on opère d'une façon différente pour chacune de ces deux caté-

gories.

a) Placement à demeure.

Lorsqu'une personne se présente pour offrir un emploi, cette offre est consignée sur un registre portant les indications suivantes : numéro d'ordre et date de l'inscription, nom et domicile de l'offrant, nature de l'emploi et ses conditions, suite donnée à l'offre. Ce n’est que lorsque le placement a été réellement effectué que cette dernière indication est portée.

Toute personne qui demande un emploi, doit communiquer, en même temps que des papiers qui font connaître son identité et son domicile, des références de maisons dans lesquelles elle a travaillé. A l’aide de ces renseignements. on établit une fiche portant un numéro d'ordre, la date de l'inscription, les nom, prénoms, âge, lieu de naissance, profession et domicile du demandeur. Une fois le demandeur placé, on ajoute à la fiche la date du placement et le numéro de l'offre correspondante portée au registre des offres, sur lequel on indique à la colonne « suite donnée » le placement effectué en y inscrivant le numéro d’ordre de la fiche. Les fiches sont placées par ordre alphabétique, ce qui permet facilement, quand un demandeur se présente, de connaître quelle est sa situation à l'égard du bureau.

Lorsque les inscriptions ci-dessus indiquées ont été

faites sur la fiche, le préposé consulte le registre d'offres et voit s'il s'y trouve un emploi non encore occupé et que le demandeur serait apte à remplir. S'il ny en a pas, le demandeur se représente jusqu'à ce que l'emploi qu'il sollicite soit offert. On lui délivre alors pour se présenter chez l'offrant une lettre dite « lettre d'envoi », sur laquelle figurent ses nom, prénoms et demeure, le numéro d'ordre du registre des offres et celui de la fiche, ainsi que les mentions : j'accepte, la place est occupée, je refuse, sous l'une desquelles l'offrant devra, suivant le cas, apposer sa signature. Il faut donc, toujours, que cette lettre soit rapportée au bureau.

b) Placement professionnel.

Pour ce placement, on procède d'une façon différente, le bureau se bornant, en général, à enregistrer l'offre d'emploi. Cette offre est transmise directement par l'employeur ou adressée par la poste ou déposée dans une boîte ad hoc placée à la mairie. .

Dès qu'il est informé de l'offre, le préposé au bureau la consigne sur un registre spécial qui contient les indications suivantes : 1° date d'inscription ; 2° numéro d'ordre ; 3° emploi offert; 4° nom et adresse de la personne offrant l'emploi. Puis, 1l reporte ces indications sur une pancarte que l'on affiche dans un ou plusieurs cadres placés à l'extérieur, et que con-

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sultent les ouvriers et ouvrières en quête de travail. La pancarte est enlevée lorsque l'employeur avise le bureau que l'emploi qu'il offrait est accepté. Dans le cas contraire, elle reste dans le cadre un laps de temps indéterminé.

Comme on le voit, il n'y a pas ici, contrairement à ce qui se passe dans l'hypothèse précédente, de mise en rapport du bureau avec le demandeur de travail, et le bureau ne sait pas le plus souvent quelle suite a été donnée à l'offre. Il faut, toutefois, remarquer que dans le détail presque chaque bureau à sa méthode particulière. 11 y a notamment une très grande diversité dans la façon de procéder des différents bureaux en ce qui concerne les cadres et la Couleur des pancartes, les heures d'ouverture des bureaux, le nombre et la durée des séances quotidiennes. Ce sont là des questions de pure réglementation locale sur lesquelles nous ne croyons pas utile d’insister.

Parmi les conditions d'inscription exigées par les bureaux se trouve généralement celle de justifier de sa qualité de français. Mais cette condition est rarement appliquée, surtout en ce qui concerne les bonnes à tout faire pour lesquelles l'offre dépasse toujours la demande. Sur un autre point, certains bureaux sont plus exigeants puisqu'ils ne placent que les personnes

domiciliées dans les arrondissements sur lesquels ils fonctionnent.

Assez fréquemment pendant les heures d'ouverture, les bureaux sont surveillés par des gardiens de la paix. Cette surveillance n'est pas inutile à cause du racolage auquel se livrent, autour de certains bureaux municipaux, les placeurs autorisés qui manquent de bonnes pour leur clientèle.

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