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SA NÉFASTE INFLUENCE

Sir MacKenzie Bowell a été le Grand Maître des Orangistes. Il est encore l’un des piliers de la secte. Il lui doit son avancement

politique. C'est elle qui l’a fait entrer dans le gouvernment comme son représentant.

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M. Clarke Wallace, Contrôleur des Douanes, est en ce moment même le Chef Suprême des Orangistes dans le pays.

M. Haggart, M. Patterson sont aussi des membres distingués de ”

l’ordre, auquel, dureste, appartiennent la plupart des députés Torys d'Ontario.

Depuis son incorporation en 1890, et surtout depuis l'entrée de M. Wallace dans le cabinet, l’Orangisme a deployé une formidable activité. Il contrôle la position politique dans Ontario, et par Ontario dans le Parlement du Canada. C'est lui, l’Orangisme, qui a empêché par sa néfaste influence le gouvernement fédéral de rendre justice à la minorité catholique dans l'affaire des Ecoles du Manitoba et du Nord-Ouest, L’Orange Sentinel, l'organe officiel des orangistes du pays, se vantait dans le mois d'août 1893 du rôie que les Orangistes ont joué sur la question des Ecoles. Il s’exprimait ainsi :

‘Si quelque doute existait encore sur ce que le gouvernement entend faire au sujet des écoles du Manitoba, ce doute a dû être détruit par l’action de la grande loge des orangistes.

‘“ Le gouvernement ne fera absolument rien.

La cause est maintenant devant la cour Suprème. Si cette cour décide que le gouvernement fédéral n’a pas le pouvoir de rejeter la loi Greenway, le protêt contre cette loi tombera à plat. Mais si cette cour décide que ce pouvoir existe, le gouvernement refusera de l'exercer, C’est, en effet, ce que M. W. Bro. Wallace a dit au Sault —ce qu'il a dit comme Grand Sovereign de notre ordre, il l’a aussi dit comme membre du gouvernement,

“Tel est aussi notre façon d'envisager la question, à tout événement, et notre opinion se trouve fortifiée par le fait que la Grande Loge a pratiquement déclaré qu’elle combattrait tout parti qui oserait intervenir dans les affaires du Manitoba.

‘ Dans une affaire comme celle-ci, l'Orangisme est tout puissant, et pas un gouvernement n’osera braver son courroux. Le système des écoles du Manitoba peut donc être considéré comme hors de danger.”

Le 12 juillet 1893, Mr. Wallace lui-même s'écriait à Stratford, dans un discours :

“ Les protestants n’ont pas à se plaindre de la position dans laquelle est la question. Les écoles séparées au Manitoba ont été abolies, et c'en est fini.”

Le 20 mars 1894, le même M. Wallace, en répondant à une santé à un banquet orangiste à Ottawa, tenait ce langage :

c an du Canada ont le devoir de rester fidèles à leur cause - les dignes fils de ceux qui ont tant fait pour l’orangisme dans ; travaillent pour les mêmes principes que ceux de leurs ancê-

srincipes ils sont sûrs de triompher.

; ative a été faite pour faire reconnaître par l'état l'église romaine (Komish Ciurch) dans le Nord-Ouest, mais cette tentative a été infructueuse, comme on peut aisément le voir en lisant les dernières lettres de l'Archevé-

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que Taché, dans lesquelles il déplore la perte de l’ascendant de l'église dans l'ouest.”

Le 21 mars, M. Delemare, Grand Maître des loges orangistes d'Ontario Est, s'exprimait ainsi :

‘“ La question des écoles séparées au Manitoba a été à ce point réglée dans le sens de l'autorité Britannique et des prétentions protestantes, que notre grand Nord-Ouest a désormais son avenir dans ses mains sur cette matière, et nos frères qui se sont établis dans ces vastes prairies prendront bon soin qu'aucune restriction ne soit placée à leurs droits inaliénables, et qu'aucune partie de l'argent public ne soit dépensé pour le maintien d'écoles dénominationnelles. Nous pouvons en conséquence féliciter nos amis du Manitoba et du Nord-Ouest de l’heureuse conquête qu'ils ont faite du privilège d’abolir les écoles séparées.”

Le 12 juillet 1894, M. Birmingham, l'organisateur en chef du parti Tory dans la province d'Ontario, prononçait à Windsor, dans le comté d’Essex, ces paroles ;

“ Qu'il était heureux d'assister à cette première fête orangiste à Windsor, où il était venu pour remplacer dans une certaine mesure le Suprême Grand Maître, l'honorable M. Clarke Wallace, M.P. L’orangisme dans Essex a eu ses hauts et ses bas. Mais maintenant il y a dans le comté 50 loges, dont quelques-unes comptent iu nombre des plus prospères dans la province, Les protestants doivent comprendre qu’il est de leur devoir d'envoyer en parlemeut des hommes qui défendront le principe d'un seui drapeau, une seule langue, un seul système d'écoles au Canada. Sous ce rapport, Essex l’a désappointé récemment. Mais il espère de meilleurs résultats pour l'avenir, En Australie, il n’y a qu’un seul système d'écoles, et c’est assez pour le peuple du Canada. L’adhésion à l’orangisme fait de meilleurs citoyens et de meilleurs hommes.”

Quelques jours après, les orangistes de la partie Ouest d’'Ontario se réunirent.

Entr'autres remarques que fit ie Grand Maître James L. Hughes, frère du député du même nom, les suivantes sont dignes d'attention :

‘ La récente décision de la cour Suprême, relativement au pouvoir du

parlement du Canada de faire une législation corrective en faveur de la mino-

rité du Manitoba, est en parfaite harmonie uvec le but et les principes de notre ordre, et, par conséquent, doit être satisfaisante pour les orangistes. La ligne de conduite adoptée par le gouvernement fédéral au sujet de cette délicate question a été pleinement justifiée.”

“ J'ai beaucoup de plaisir à constater le rapide développement d’autres organisations, notamment des Fils de l'Angleterre et de l’Association Canadienne de Protection, dont le dévouement à la cause du protestantisme est évidemment sincère... Nous devons assurément sympathiser et, autant que possible, coopérer avec toute société dont le grand but est d'empêcher une

hiérarchie organisée de dominer la libre Amérique conformément aux dictées du Pape.”

Les orangistes de ce pays sont les dignes frères des orangistes d'Irlande, qui menacent de prendre les armes contre la Reine si le Parlement d'Angleterre donne aux Irlandais catholiques le droit de se gouverner eux-mêmes. Leur affinité est telle que, le 2 d'août, à une grande réunion ‘’orangistes au Sault Ste Marie, à laquelle M. Bowell assistait, il a été voté $500.00 pour venir en aide aux fanatiques de l’Ulster, qui achetaient des armes et des munitions pour se mettre en rébellion contre l'autorité de la Reine dans le cas où le bill du Home Rule serait adopté.

! M. Clarke Wallace est allé plus loin encore, et, dans un discours

prononcé à Kingston en mars 1894, il déclara que les orangistes du Canada étaient prêts à se joindre aux orangistes d'Irlande dans leur rébellion contre Notre Gracieuse Souveraine. Il répéta ce discours dans la Chambre des Communes le 21 mars 1894.

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